Cinquième rassemblement anti-corruption à Tel Aviv
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Cinquième rassemblement anti-corruption à Tel Aviv

Des manifestants ont scandé 'Netanyahu à Ma'asiyahu [prison]' ; le président de la coalition accuse les manifestants de "franchir les lignes rouges"

Une pancarte, qui joue sur le mot 'Premier ministre' en anglais, qui se dit 'Prime minister' avec le mot crime, vue lors d'un rassemblement contre la corruption à Tel Aviv le 23 décembre 2017. (Crédit : AFP / JACK GUEZ)
Une pancarte, qui joue sur le mot 'Premier ministre' en anglais, qui se dit 'Prime minister' avec le mot crime, vue lors d'un rassemblement contre la corruption à Tel Aviv le 23 décembre 2017. (Crédit : AFP / JACK GUEZ)

Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés lors d’une manifestation anti-corruption à Tel Aviv, pour la cinquième fois consécutive tous les samedis soirs, appelant à l’emprisonnement du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Netanyahu à Ma’asiyahu [prison où de nombreux politiciens séjournent tel que l’ex-Premier ministre Ehud Olmert] », ont scandé des manifestants sur le boulevard Rothschild dans la ville côtière.

Un manifestant a brandi un panneau qui disait « Traitor-Yahu » d’un côté, et « Parasite-Yahu », de l’autre, un jeu de mot sur le nom du Premier ministre.

Le nouveau président de la coalition, David Amsalem (Likud), a accusé les manifestants de franchir les « lignes rouges ».

« Les manifestants de gauche ont commencé avec une pression inacceptable contre les forces de l’ordre, et ont continué avec des photos de moi et Bitan représentés en singes … La semaine dernière c’était la guillotine et l’incitation au meurtre, et cette semaine [en vedette] une pancarte ‘Traitor-Yahu’ contre le Premier ministre », a déclaré Amsalem.

« Les manifestants de Rothschild veulent remplacer le gouvernement sans élections, et dans la foulée ils franchissent les lignes rouges encore et encore », a ajouté le député du Likud.

Lors de la manifestation précédente de Tel Aviv, qui s’est tenue samedi soir dernier, un manifestant avait suscité l’indignation en défilant avec une guillotine en carton.

Cet acte a été condamné unanimement par les députés de tous bords et par le président Reuven Rivlin comme une « incitation » au meurtre.

Les manifestations hebdomadaires, qui ont débuté il y a un an à Petah Tikva et se sont étendues à Tel Aviv, ont également dénoncé le blocage des forces de l’ordre dans les enquêtes de corruption de Netanyahu.

La dernière série de manifestations a eu lieu quelques jours après que la Knesset a adopté une loi empêchant les enquêteurs de la police d’informer les procureurs de l’existence présumée de motifs justifiant l’inculpation de responsables publics.

Des Israéliens brandissent des pancartes et scandent des slogans lors d’une manifestation contre la corruption, à Tel Aviv le 23 décembre 2017. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

La police envisage de recommander que Netanyahu soit jugé dans deux affaires pénales ouvertes contre lui, dans lesquelles il est suspecté d’avoir reçu des cadeaux et des faveurs illicites de la part d’hommes d’affaires en échange d’avantages personnels, ont déclaré des responsables de la police au Times of Israel.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu et son épouse, Sara, sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de bienfaiteurs milliardaires, notamment des centaines de milliers de shekels en cigares et en champagne de la part du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan.

L’affaire 2000 implique un accord présumé d’échange de bons procédés entre Netanyahu et l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth Arnon « Noni » Mozes selon lequel le Premier ministre aurait défavorisé le quotidien concurrent, Israel Hayom détenu par Sheldon Adelson, en échange d’une couverture favorable dans le Yedioth.

Le Premier ministre a nié les faits qui lui sont reprochés.

Les manifestants cherchent à se positionner au-dessus des partis politiques, insistant sur le fait que le ton anti-Netanyahu lors de leurs rassemblements est dû au fait que le Premier ministre fait l’objet d’une enquête pour corruption présumée.

Yoaz Hendel, ancien conseiller du Premier ministre Netanyahu, s’exprime lors d’un rassemblement contre la corruption qui sévit au sein du gouvernement, à Jérusalem, le 23 décembre 2017. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Cette motivation était revendiquée également par la droite lors de la manifestation de samedi soir à Jérusalem, qualifiée de lutte contre la corruption. Mais le rassemblement dans la capitale, organisé par le journaliste de droite Yoaz Hendel, l’ancien directeur de la communication de Netanyahu et actuel président du think tank de l’Institut centriste pour les stratégies sionistes, n’a attiré que quelque centaines de personnes.

Rivlin a également alimenté la controverse la semaine dernière après qu’il a semblé faire l’éloge des manifestations anti-corruption hebdomadaires. Plus tard, il a dit que ses commentaires étaient sortis de leur contexte.

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