Corbyn chahuté pour ne pas avoir dit « Israël » dans un événement pro-israélien
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Corbyn chahuté pour ne pas avoir dit « Israël » dans un événement pro-israélien

A l'issue d'un discours sur la reprise du processus de paix, le leader de l'opposition a été interrompu par un homme criant "Dites le mot Israël"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn pendant la conférence annuelle de son parti à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015. (Crédit : Leon Neal / AFP)
Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn pendant la conférence annuelle de son parti à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015. (Crédit : Leon Neal / AFP)

Le chef de file nouvellement élu du Parti travailliste de Grande-Bretagne a été chahuté pour avoir évité d’employer le mot « Israël », lors d’un discours mardi devant un groupe pro-israélien au sein de son parti politique.
 
Jeremy Corbyn est considéré par certains comme hostile à Israël. Le leader de l’opposition a répugné à mentionner l’Etat juif lors d’un discours de 10 minutes dans un événement des Labour Friends of Israel [Travaillistes amis d’Israël], s’attirant les critiques.

A la fin du discours, qui a porté sur la reprise du dialogue entre les deux parties et prônant un retour au processus de paix, un homme à l’arrière de la salle est intervenu lors du rassemblement en criant, « Dites le mot Israël. Dites le mot Israël ».

Le perturbateur a été brutalement évacué de la salle en laissant sur scène un Corbyn qui semblait embarrassé aux côtés de son adjoint Tom Watson et du secrétaire d’état des affaires étrangères du cabinet fantôme Hilary Benn.

Corbyn est resté sur l’estrade pour les discours qui ont suivi, mais a quitté après quelques minutes quand un assistant a annoncé, « Jeremy doit partir maintenant parce qu’il doit se rendre à une réunion. »

Tout au long de son discours, Corbyn n’a pas mentionné le mot Israël, préférant faire référence de façon plus générale à « la région » et au « Moyen-Orient ».

Il a également omis de souligner la présence du député israélien Erel Margalit et d’Eitan Naeh, le chargé d’affaires de l’ambassade d’Israël à Londres.

https://youtu.be/9ac0RxEaVoI

Partisan de longue date de la cause palestinienne, Corbyn a été critiqué pour ses liens avec des personnalités et des organisations anti-israéliennes. Il a dit à la réunion, « j’ai, comme vous le savez, un énorme intérêt dans les affaires du Moyen-Orient depuis longtemps. »

« J’ai effectué neuf visites, je suis allé dans de nombreux endroits dans la région et j’ai rencontré beaucoup de gens – certains avec lesquels je suis d’accord, certains avec lesquels je ne suis pas d’accord et certains, avec lesquels j’ai des opinions neutres sur beaucoup de choses, » a-t-il dit.

Corbyn a vaincu il y a quelques semaines ses trois adversaires centristes plus jeunes pour devenir le nouveau chef du Parti travailliste, le principal parti d’opposition de Grande-Bretagne.

Corbyn, qui a été accusé d’avoir de la sympathie pour le Hamas et le Hezbollah – des groupes terroristes devoués à la destruction d’Israël – est largement considéré comme l’un des députés britanniques les plus hostiles à Israël.

Il a publiquement approuvé un embargo total sur les armes envers Israël et le boycott des universités israéliennes impliquées dans la recherche militaire. Il s’est également attiré des ennuis pour avoir pris la défense d’un ecclésiatique anglican qui avait publié des théories de conspiration antisémite en ligne.

Corbyn a riposté à certaines des critiques pour ses relations.

Qualifiant de « vile et erronée » la négation de la Shoah, Corbyn a démenti les informations selon lesquelles un activiste pro-palestinien à qui il avait donné de l’argent avait publiquement nié la Shoah au moment de leur rencontre il y a 15 ans.

Ses détracteurs juifs ont dit que pour être digne de confiance, il doit d’abord clarifier ou se démarquer de tels propos ou positions.

La présidente des Labour Friends of Israel la députée Joan Ryan a déclaré que le discours était « le début d’un processus. »

« Il est bon que nous ouvrions ce dialogue. Il serait erroné de s’en détourner « , a-t-elle déclaré au Jewish Chronicle, basé à Londres.

« Il n’y a aucune raison de croire que le dialogue n’est pas le bienvenu. Nous avons une porte ouverte et nous allons y passer avec tous nos bons et forts arguments ».

JTA a contribué à cet article

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