Israël en guerre - Jour 144

Rechercher

COVID : Pour Robert Kennedy Jr, « On sait qui est responsable, ils ne sont pas juifs »

Complotiste et anti-vaccin, le candidat Démocrate à la présidence précisait ses propos selon lesquels le virus était « fait » pour épargner les Juifs et les Chinois

Le candidat à la présidence Robert F. Kennedy Jr. lors d'un événement avec le rabbin Shmuley Boteach à New York le 25 juillet 2023. (Crédit : Jackie Hajdenberg/ JTA)
Le candidat à la présidence Robert F. Kennedy Jr. lors d'un événement avec le rabbin Shmuley Boteach à New York le 25 juillet 2023. (Crédit : Jackie Hajdenberg/ JTA)

JTA – S’exprimant lors d’un événement destiné aux électeurs juifs mardi soir, Robert F. Kennedy, Jr. a déclaré : « Les accusations d’antisémitisme sont injustifiées. »

Complotiste et anti-vaccin, le candidat Démocrate à la présidence a ainsi réagi aux critiques nées de son affirmation selon laquelle le COVID-19 était « ethniquement ciblé » pour épargner les Juifs et les Chinois. Faite sans preuves à l’appui lors d’un événement de campagne ce mois-ci dans l’Upper East Side, cette assertion lui avait valu des critiques de la part de plusieurs personnalités, parmi lesquelles des dirigeants juifs et Démocrates du Congrès. Il a assuré ne pas être antisémite.

Lors de l’événement de mardi, Kennedy a eu l’occasion de parler de sa relation avec la communauté juive, grâce au rabbin Shmuley Boteach, auteur et ex-candidat Républicain au Congrès.

Son apparition à Hell’s Kitchen a attiré des centaines de participants, parmi lesquels des partisans de Kennedy, des curieux et quelques provocateurs.

Boteach l’a présenté comme un « allié et un ami de confiance » et lui a offert la possibilité de s’exprimer sur Israël et l’antisémitisme.

« Je ne crois pas qu’ils me voient comme un antisémite », a dit Kennedy à propos de ses détracteurs.

« Je n’ai jamais rien dit d’antisémite de toute ma vie. Ils pensent quelque part que ce qu’ils font est juste. Je pense que c’est ce que nous faisons tous, entretenir cette auto-illusion, le fait de nous juger sur nos intentions et non sur nos actions.

Il est revenu sur le qualificatif d’« ethniquement ciblé » : « Les Juifs n’auraient jamais fait une chose pareille », a-t-il dit. Évoquant celles et ceux qu’il pense coupables de la propagation du COVID, il a ajouté: « Nous savons qui ils sont et ils ne sont pas juifs. »

(Il n’existe aucune preuve d’une plus ou moins grande vulnérabilité au COVID de certains groupes ethniques, qui a coûté la vie à près de 7 millions de personnes dans le monde.)

Ce n’est pas la première fois que Kennedy est accusé de propos antisémites pour étayer des affirmations sans fondement dans le domaine médical.

Il a déjà présenté des excuses pour parlé d’« holocauste » pour qualifier la loi rendant obligatoire les vaccins pour enfants et, l’an dernier, pour avoir invoqué la vie d’Anne Frank lors d’un rassemblement anti-vaccin. Par ailleurs, il ne tarit pas d’éloges à propos de Roger Waters, ex-leader des Pink Floyd et notoirement connue pour sa propagande anti-Israël. Waters est régulièrement critiqué pour l’utilisation d’images de la Shoah lors de ses concerts.

Kennedy, 69 ans, a déclaré mardi avoir des ami survivants de la Shoah ou proches de survivants.

« Je comprends ce que l’antisémitisme peut avoir de douloureux pour ces personnes, et je m’en voudrais d’y contribuer », a-t-il assuré.

Plus tard, il a ajouté : « Je sais qu’il y a des accusations de crimes rituels et je vois bien de quelle manière ceci est utilisé par des personnes malveillantes pour attiser la haine des Juifs. »

Il s’en est fallu de peu pour que les déclarations de Kennedy n’empêchent la tenue de l’événement.

Lundi, Boteach annonçait via les réseaux sociaux que le lieu prévu pour l’événement, à savoir la New York Society for Ethical Culture, avait finalement renoncé. Dans une déclaration à la Jewish Telegraphic Agency, cette dernière a fait savoir que la présence de Kennedy aurait été « incompatible avec ses principes et valeurs », sans plus de détails.

Boteach est en tout état de cause parvenu à trouver un autre lieu pour cet événement, et il a pris la défense de Kennedy contre ses accusateurs.

Il a présenté cette conversation comme la première d’une série d’événements avec des candidats à la présidence organisés par son organisation, le World Values Network. L’événement était initialement présenté comme « The Case for Israel », slogan par la suite remplacé par « Combattre l’antisémitisme. Défendre Israël ».

Boteach a déclaré que deux éminents Démocrates juifs, les Représentants Debbie Wasserman Schultz, de Floride, et Josh Gottheimer, du New Jersey, « devaient des excuses à Bobby Kennedy pour l’avoir traité d’antisémite et dit qu’il était une honte pour les Kennedy ».

Gottheimer avait en effet qualifié Kennedy de « honte pour les siens et le Parti Démocrate ».

Wasserman Schultz fait elle partie des législateurs signataires de la lettre de 102 Démocrates ayant demandé, la semaine passée, que Kennedy ne soit pas invité à témoigner devant le Congrès, demande appuyée par Gottheimer.

« Si vous êtes antisémite, alors moi, je suis plus drôle que Larry David », a dit Boteach à Kennedy, suscitant quelques rires polis dans la salle.

Boteach et Kennedy ont également beaucoup parlé d’Israël.

Boteach a fait allusion au père de Kennedy, l’ex-sénateur Robert F. Kennedy, assassiné pendant la campagne présidentielle de 1968 par le Palestinien Sirhan Sirhan, mécontent du soutien du soutien apporté à Israël pendant la guerre des Six Jours, en 1967.

Mais le jeune Kennedy doute de la culpabilité de Sirhan, auquel il rend visite en prison en 2018 avant de dire au Washington Post qu’« il pouvait y avoir eu méprise sur le coupable de la mort de mon père ».

(Une femme dans l’assistance a confirmé cette théorie, déclarant que Sirhan n’était pas l’assassin. Elle a été raccompagnée par le service de sécurité, comme deux autres personnes qui ont interrompu l’événement, dont un partisan de Kennedy.)

Un perturbateur est raccompagné à la sortie, en marge d’un événement avec le candidat à la présidence Robert F. Kennedy Jr. le 25 juillet 2023. (Crédit : Jackie Hajdenberg/ JTA)

Boteach a rendu hommage à l’opposition de Kennedy aux tentatives du président américain Joe Biden de conclure un nouvel accord concernant le programme nucléaire iranien. Ils ont par ailleurs évoqué la possession d’armes nucléaires par Israël, sujet sur lequel le gouvernement israélien laisse planer l’ambiguïté. Kennedy a d’ailleurs parlé de ces armes nucléaires israéliennes comme d’un fait avéré, ce qui est très inhabituel de la part d’un candidat à la présidence.

« Israël ne fera pas usage de son arme nucléaire à moins qu’elle ne soit attaquée », a-t-il déclaré.

Sur l’Iran, le COVID et une quantité d’autres questions, les positions de Kennedy sont en décalage avec le courant dominant du Parti Démocrate.

Sa longue campagne a recueilli les éloges d’un certain nombre de personnalités de droite. Morton Klein, président de l’Organisation sioniste d’Amérique, l’aurait conseillé sur les questions israéliennes, et l’Organisation sioniste d’Amérique a récemment salué ce qu’elle a appelé le « fidèle soutien de Kennedy à Israël ».

Il est toutefois un sujet, au moins, sur lequel les positions de Kennedy et Biden concordent : l’opposition à la réforme judiciaire du gouvernement israélien de droite, qui entend saper la Cour suprême de son pouvoir et de son indépendance. La première pièce de la révision a été promulguée cette semaine malgré les manifestations.

« Je suis très fier de la Cour suprême israélienne », a déclaré Kennedy. « Je ne veux pas qu’elle soit démantelée. Elle est une source de réelle fierté. »

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.