Crime sexuel : Le rabbin de Safed condamné va sortir de prison plus tôt
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Crime sexuel : Le rabbin de Safed condamné va sortir de prison plus tôt

Les groupes de victimes dénoncent la décision ; Ezra Sheinberg a été arrêté le 1er juillet 2015 alors qu'il tentait de fuir le pays

Le rabbin Ezra Sheinberg, soupçonné d'abus sexuel contre plusieurs femmes, est entré dans la salle d'audience du tribunal de Kiryat Shmona le 8 juillet 2015. (Crédit : Bâle Awidat/Flash90)
Le rabbin Ezra Sheinberg, soupçonné d'abus sexuel contre plusieurs femmes, est entré dans la salle d'audience du tribunal de Kiryat Shmona le 8 juillet 2015. (Crédit : Bâle Awidat/Flash90)

Une commission chargée des libérations anticipées a décidé mardi de permettre à un rabbin et dirigeant d’une yeshiva bien connu de Safed, dans le nord du pays, de retrouver la liberté. L’homme avait été reconnu coupable de crimes sexuels commis à l’encontre de huit femmes et notamment pour de multiples agressions sexuelles.

Le rabbin Ezra Sheinberg avait été condamné dans le cadre d’un arrangement judiciaire pour avoir abusé sexuellement de femmes venues solliciter des conseils de sa part. Il avait écopé d’une peine de 7 ans et demi de prison.

Suite à une longue discussion qui a eu lieu dans la journée de mardi, et alors qu’il a purgé les deux tiers de sa condamnation, une commission chargée des libérations anticipées a pris la décision de réduire sa détention.

Les détails de la décision de mardi ont été placés sous embargo.

Le procureur-général Avichai Mandelblit réexaminera lui-même le dossier la semaine prochaine. Sheinberg sera ensuite libéré si Mandelblit ne s’y oppose pas.

Le député Bezalel Smotrich, leader du parti Sioniste religieux, a fustigé la décision « scandaleuse » de la commission.

Le chef du parti sioniste religieux Bezalel Smotrich dirige une réunion de faction à la Knesset, le 3 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« La décision de la commission chargée des libérations anticipées de réduire la peine d’Ezra Sheinberg est scandaleuse, c’est un coup de poignard donné dans le dos des victimes », a dit Smotrich qui a ajouté que Sheinberg n’avait pas assumé ses actes.

« La sanction a été initialement trop légère et cette libération anticipée ajoute l’insulte à l’injure. J’appelle le bureau du procureur-général à faire appel de cette décision », a-t-il continué.

Au total, 14 femmes avaient porté des accusations contre Sheinberg devant une équipe d’enquêteurs spécialement formée et la police estime que de nombreuses autres victimes avaient eu peur de se manifester. Les victimes étaient toutes des femmes pratiquantes qui étaient venues chez le rabbin pour obtenir des conseils ou de l’aide sur diverses questions, y compris sur des questions de santé.

Sheinberg était un Kabbaliste populaire et une figure respectée dans la communauté nationaliste-religieuse d’Israël. Il a également écrit plusieurs livres sur les principes de la Torah.

Il avait été arrêté le 1er juillet 2015, alors qu’il tentait de fuir le pays suite aux accusations qui étaient portées contre lui. Il est depuis derrière les barreaux.

Selon les procureurs de l’époque, Sheinberg s’était servi de sa position de prestige et de sa réputation en tant que mystique reconnu pour attirer et profiter des femmes qui s’adressaient à lui pour obtenir des conseils religieux et des bénédictions en matière de fécondité lorsqu’elles rencontraient des difficultés pour avoir un enfant.

Le rabbin Ezra Sheinberg est traduit en justice devant le tribunal de première instance de Kiryat Shmona le 2 juillet 2015. (Bâle Awidat/Flash90)

Ils avaient déclaré que les victimes partageaient un certain nombre de points communs : il s’agissait de jeunes femmes religieuses dont les maris, dans la plupart des cas, étaient des étudiants de Sheinberg à la yeshiva.

Une partie de son mode opératoire consistait à convaincre les victimes que lui seul pouvait apporter une solution à leurs problèmes, par un traitement qui relevait, selon lui, d’une thérapie de « relaxation ».

Au cours de ces séances, Sheinberg obtenait de manière abusive le consentement de ses victimes à se livrer à des actes sexuels, avaient déclaré les procureurs. Ils avaient noté que l’accusé utilisait des jeunes femmes de bonne foi, qui lui faisaient confiance, pour satisfaire ses désirs sexuels.

Certaines victimes avaient d’abord contacté un conseil rabbinique pour faire part des accusations. Une équipe de rabbins locaux, dirigée par le grand rabbin de Safed, Shmuel Eliyahu, avait commencé à enquêter sur les accusations à la mi-juin 2015 avant de les signaler à la police.

La femme de Sheinberg avait dit à Eliyahu qu’elle savait que son mari avait des rapports sexuels avec des femmes, mais que le sexe faisait partie de leur thérapie.

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