D’anciens otages exigent la démission de Gal Hirsch après ses « propos méprisables »
Le responsable gouvernemental chargé des otages est, entre autres, accusé de "nous avoir fait chanter pour que nous ne nous exprimions pas contre" Benjamin Netanyahu

Dimanche, un groupe d’anciens otages et de leurs proches a exigé la démission de Gal Hirsch, responsable gouvernemental chargé des otages, après ses déclarations dans une série d’interviews publiées au cours du week-end, dans lesquelles il affirmait que les manifestations de masse en faveur des otages, organisées en Israël, avaient aidé le groupe terroriste palestinien du Hamas.
« Pendant deux ans, Hirsch a présenté aux familles un ensemble de mensonges et de menaces, nous intimidant et nous faisant chanter pour que nous ne nous exprimions pas contre le Premier ministre, tout en occupant un poste officiel et une position de pouvoir sur nous et nos proches qui étaient retenus captifs par le Hamas », peut-on lire dans la lettre, selon la presse israélienne.
La lettre, qui a été envoyée à Hirsch dimanche soir, est signée par d’anciens otages, Shani Goren, Arbel Yehoud, Ada Sagi, Nili Margalit et Karina Ariev, ainsi que par plus de 70 proches d’anciens captifs, notamment des familles Bibas, Calderon, Avigdori et Or.
Voici le texte intégral de la lettre.
« Compte tenu de tout ce que nous savons et de tout ce que nous avons personnellement enduré face au dur traitement réservé aux familles – traitement qui a réellement nui aux efforts visant à ramener les otages à la maison – il serait préférable que Hirsch garde le silence.
Pendant deux ans, Hirsch a présenté aux familles des otages de fausses déclarations, des mensonges et de vaines illusions. Il nous a menacés et contraints à ne pas nous exprimer contre le Premier ministre, tout en occupant un poste officiel et en exerçant son pouvoir sur nous et sur nos proches retenus captifs par le Hamas.
Ses remarques déplacées de ce soir à l’égard de la lutte des familles, et de certaines en particulier, s’inscrivent dans la continuité directe de ces abus, mais par des moyens différents.
Heureusement, des professionnels ont exigé qu’il soit écarté de toute implication dans l’accord. Hirsch a même affirmé dans une interview qu’il n’y avait pas lieu de se précipiter. Nous lui rappelons qu’il était responsable du sort des captifs, des disparus et des otages, mais qu’il n’a jamais exigé leur retour comme une priorité absolue.
Parce que la vie humaine n’était pas assez urgente pour lui, les otages qui ont survécu ont subi des tortures prolongées, ceux qui ont été assassinés ont été enterrés en terre étrangère, tandis que leurs corps étaient retenus, et 46 personnes qui auraient pu revenir vivantes ont été tuées ou assassinées en captivité ou sont mortes faute de soins médicaux.
Nous exigeons que Hirsch, qui n’est désormais clairement rien d’autre qu’un agent politique cherchant à obtenir la protection d’un parti avant les élections, démissionne immédiatement de son poste, afin qu’aucune famille ne soit à nouveau soumise à des abus psychologiques, des menaces et des intimidations de la part d’une personne qui était censée protéger leurs proches et qui est indéniablement entachée d’un grave conflit d’intérêts. »
Dans une interview accordée au Times of Israel et publiée dimanche, Hirsch a déclaré que les manifestations hebdomadaires des otages « amplifiaient » la propagande du Hamas d’une manière qui le « choquait ». Il a tenu des propos similaires dans plusieurs autres interviews accordées à des médias israéliens.
Dans une interview publiée vendredi par le journal Haaretz, Hirsch a déclaré : « Les manifestations en faveur des otages ont aidé le Hamas. Il n’était pas nécessaire de créer un sentiment d’urgence pour nous [afin de les libérer]. »
À la suite des propos de Hirsch, plusieurs anciens otages et membres de leur famille se sont exprimés publiquement contre lui au cours du week-end.







