Dans son premier podcast, Yair Netanyahu parle au fils de Jair Bolsonaro
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Dans son premier podcast, Yair Netanyahu parle au fils de Jair Bolsonaro

Le premier épisode du Yair Netanyahu Show raille ce qu'il qualifie de médias "contrôlés par les libéraux" ; les deux hommes se félicitent pour leurs gouvernements réciproques

Yair Netanyahu lors du premier épisode de son nouveau podcast, le Yair Netanyahu Show. (Capture d'écran : YouTube)
Yair Netanyahu lors du premier épisode de son nouveau podcast, le Yair Netanyahu Show. (Capture d'écran : YouTube)

RIO DE JANEIRO (JTA) — Surfant sur les liens politiques étroits qui unissent leurs pères respectifs, Yair Netanyahu a choisi, pour le premier épisode de son podcast appelé le « Yair Netanyahu Show », d’inviter Eduardo Bolsonaro, fils du président brésilien Jair Bolsonaro.

Postée dimanche sur internet, l’émission – qui implique des « provocations à l’égard des libéraux » et « des interviews des plus grands noms », selon sa description – est à découvrir sur Spotify, YouTube et d’autres plateformes.

« Les médias en Israël et aux Etats-Unis sont très progressistes, pro-socialistes, anti-nationalistes », dit Netanyahu junior dans le premier épisode.

« J’ai été qualifié de ‘nazi’ à de trop nombreuses occasions par la gauche alors que toute la famille de mon grand-père, originaire de Pologne, a été assassinée par les nazis. C’est l’étiquette qu’ils placent sur tous ceux qui sont conservateurs et qui sont en désaccord avec eux », ajoute-t-il dans un anglais pratiquement sans accent.

Eduardo Bolsonaro, fils du président brésilien Jair Bolsonaro, dans le Yair Netanyahu Show. (Capture d’écran :YouTube)

Netanyahu, 29 ans, a servi au sein de l’unité du porte-parole de l’armée israélienne et il est devenu un féroce défenseur de son père, à la droite de l’échiquier, et particulièrement sur les réseaux sociaux. En 2018, Facebook l’avait brièvement suspendu de la plateforme pour des discours de haine, suite à une série de publications sur les musulmans.

Bolsonaro, 36 ans, lui ressemble beaucoup, suivi par deux millions d’abonnés sur Twitter et plus de trois millions d’abonnés sur Instagram – des plateformes qu’il utilise pour attaquer sans merci les critiques de son père. Le jeune Bolsonaro est aussi un responsable élu populaire au Brésil, après avoir été réélu, en 2018, à son siège de député fédéral avec plus de 1,8 million de votes – le chiffre le plus élevé de toute l’histoire du pays. Il a travaillé avec « The Movement » de l’extrémiste Steve Bannon, un groupe qui travaille à promouvoir le populisme de droite en Europe et au-delà.

L’interview a été marquée par de nombreux compliments réciproques sur les gouvernements respectifs de leurs pères, le dégoût des médias partagé par les deux intervenants et le mépris qu’ils nourrissent pour la gauche.

« Certains gauchistes au Brésil avaient commencé un mouvement discret et à long-terme visant à prendre le contrôle des universités et aujourd’hui, après plusieurs décennies, ils ont pratiquement tout le contrôle de la presse, des syndicats et des autres segments de la société », a déploré Bolsonaro pendant cet entretien d’une heure.

Netanyahu a exprimé un sentiment similaire en évoquant la gauche au sein de l’Etat juif.

« En Israël, la gauche la plus radicale, qui représente peut-être cinq à dix pour cent du pays, est très socialiste, très anti-nationale, très anti-religion, anti-judaïsme », a dit Netanyahu. « Ils ont pris le contrôle de presque 100 % des médias mainstream et des universités. Ils font un lavage de cerveau, ils endoctrinent ».

Le père de Bolsonaro avait failli nommer son fils au poste d’ambassadeur du Brésil aux Etats-Unis, l’année dernière. Parmi ses compétences, avait expliqué son père aux journalistes, sa maîtrise de l’anglais et son « amitié avec les enfants de Donald Trump ». Mais cette désignation était tombée à l’eau après que les procureurs ont estimé que le trentenaire n’était pas suffisamment qualifié pour occuper le poste diplomatique le plus prestigieux du pays.

Avant son élection au Congrès brésilien, Bolsonaro junior avait travaillé comme agent de la police fédérale – un poste de bas niveau – et la seule expérience internationale apparaissant sur son CV était un programme d’échange d’un an aux Etats-Unis, qui avait inclus un bref passage derrière le comptoir d’un restaurant de la chaîne Popeyes dans le Maine.

A la fin de l’année 2018, Yair Netanyahu avait accompagné son père pour la toute première visite d’un Premier ministre en exercice au Brésil. Pendant le séjour, Netanyahu s’était déplacé en hélicoptère et en yacht pour se rendre sur une île totalement vierge, au large de la côte de Rio, en compagnie de Bolsonaro et de ses frères, qui avaient été photographiés à plusieurs reprises portant des tee-shirts arborant des messages en hébreu.

Bolsonaro avait promis à Jared Kushner – gendre de Trump et son haut-conseiller – que le Brésil localiserait son ambassade à Jérusalem. Toutefois, le pays n’a finalement ouvert qu’un bureau commercial dans la ville sainte. Le visage extrêmement tendu de Bolsonaro lors de sa visite au mur Occidental est peut-être un indice.

Le président brésilien Jair Bolsonaro (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu touchent le mur Occidental, le lieu le plus saint où les Juifs peuvent prier, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 1er avril 2019. (Crédit : Menahem KAHANA / POOL / AFP)

Jair Bolsonaro, qui est surnommé le « Trump du Brésil », est l’un des leaders internationaux les plus proches de Netanyahu et de sa famille. Le Premier ministre israélien avait été accueilli comme une pop star par les Brésiliens pendant une visite de cinq jours organisée pour l’investiture de Bolsonaro, le 1er janvier 2019.

« Yedid gadol shel Yisrael » — « Un grand ami d’Israël » en hébreu – avait dit Netanyahu d’Eduardo Bolsonaro dans une synagogue, pendant son séjour.

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