David Friedman : l’ambassade américaine, un « nouveau sanctuaire » à Jérusalem
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David Friedman : l’ambassade américaine, un « nouveau sanctuaire » à Jérusalem

L'arme secrète d'Israël est que le pays se trouve du côté de Dieu, a dit l'ambassadeur américain lors d'un événement marquant le 1er anniversaire du transfert de la mission

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ambassadeur américain en Israël David Friedman lors d'un événement marquant le premier anniversaire du transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, le 14 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
L'ambassadeur américain en Israël David Friedman lors d'un événement marquant le premier anniversaire du transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, le 14 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël est du côté de Dieu, a clamé l’ambassadeur américain David Friedman mardi lors d’un événement célébrant le tout premier anniversaire de l’ouverture de la mission américaine à Jérusalem, qu’il a qualifiée de « nouveau sanctuaire » créant suffisamment d’émotion chez les touristes pour leur donner l’envie de la découvrir.

« Israël a une arme secrète dont peu de pays disposent : Israël est du côté de Dieu. Et nous ne sous-estimons pas cela », a déclaré David Friedman lors d’un gala organisé dans la capitale en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Nous avons réalisé quelque chose qui n’avait pas été accompli depuis longtemps : nous avons créé un nouveau sanctuaire dans la ville antique de Jérusalem et nous en sommes extrêmement fiers », a-t-il ajouté à l’assistance très nombreuse venue assister à l’événement dans la salle de réception de l’hôtel David Citadel.

« Ce dont je tire peut-être la plus grande satisfaction, ce n’est pas de voir les gens venir pour changer leurs passeports, obtenir leurs visas ou traiter de questions diplomatiques ou commerciales. Mais je suis vraiment heureux quand j’aperçois des touristes qui viennent visiter l’ambassade », a continué David Friedman.

Des bus touristiques s’arrêtent régulièrement devant le nouveau complexe américain situé à Anona, un quartier tranquille de Jérusalem, a-t-il dit.

« Les gens sortent du bus, et se contentent de regarder, d’observer la belle plaque et le sceau – ce sceau magnifique réalisé en marbre, qui pèse environ un à deux kilos – et parfois, je quitte mon bureau pour aller à leur rencontre », a raconté le diplomate.

« Et je ne plaisante pas. Ces gens se mettent à genoux et prient Dieu d’avoir assisté à ce jour, que ce jour soit arrivé. Ils prennent des photos. Certains pleurent, il y a eu des moments de prière extraordinaires. Les réactions sont véritablement stupéfiantes et très émouvantes. Et je ne m’en lasse pas. C’est extraordinaire ».

Le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, à gauche, et l’ambassadeur américain en Israël Israel David Friedman, près de la plaque posée à l’ambassade américaine de Jérusalem, le 21 mars 2019 (Crédit : (Jim Young/Pool/AFP)

L’ambassadeur américain a également noté que les prédictions de mauvais augure qui avaient entouré la date de l’ouverture de la représentation américaine à Jérusalem – qui avait ouvert ses portes le 14 mai 2018 – ne s’étaient pas réalisées.

« Toutes les prédictions, même certaines que nous avions pu faire nous-mêmes sur ce qui allait se passer, sur les risques, sur les violences, ces prédictions pessimistes, ces prédictions de mort – la réalité est que dans la ville de Jérusalem toute entière et à ce jour, je ne crois pas que plus de 20 personnes aient manifesté », a-t-il dit. « Je pense que plus de gens ont été insatisfaits de ce qui leur a été servi dans divers restaurants qu’ils ne l’ont été lors du transfert de l’ambassade à Jérusalem ».

Des émeutiers palestiniens pendant les affrontements avec les soldats israéliens à proximité de la frontière entre Gaza et Israël à Rafah, à Gaza, le 14 lmai 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’ambassadeur n’a pas mentionné les violences à la frontière avec Gaza qui avaient éclaté le jour de l’ouverture, disant qu’elles étaient sans lien avec l’ambassade mais qu’elles avaient été plutôt motivées par des désaccords intra-palestiniens. « Les violences à Gaza n’ont rien eu à voir avec l’ouverture de l’ambassade, elles relèvent plutôt des relations entre l’Autorité palestinienne et le Hamas », a-t-il clamé.

« Mais l’ambassade a ouvert ses portes, le soleil s’est levé le lendemain et depuis, nous vivons cette nouvelle réalité, très belle, d’une ambassade américaine implantée à Jérusalem ».

La cérémonie d’ouverture du 14 mai avait marqué la journée la plus meurtrière d’un mouvement de protestation qui avait été intitulé « la grande marche du retour ». Des émeutiers palestiniens avaient manifesté avec violence et, dans au moins un incident, avaient ouvert le feu en direction de la frontière pour le compte du groupe terroriste du Hamas qui contrôle Gaza. Les soldats israéliens avaient répondu par des tirs à balle réelle, tuant 62 Palestiniens ce jour-là et le jour suivant.

Selon un responsable du Hamas, 50 d’entre eux appartenaient à ses rangs et trois à l’organisation terroriste du Jihad islamique. Les militaires avaient pour leur part fait savoir que huit membres d’une cellule armée du Hamas avaient été tués lors d’un échange de tirs alors qu’ils cherchaient à ouvrir une brèche dans la clôture frontalière, dans le nord de la bande de Gaza.

Selon une enquête réalisée par le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies et publiée au début de l’année, sept enfants figuraient dans le bilan meurtrier. Israël avait rejeté le document, disant qu’il était « pro-Hamas et pro-terroriste ».

Le Premier ministre Netanyahu, à gauche, et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman regardent une réplique de la plaque placée au sein de l’unité des affaires palestiniennes de l’ambassade américaine à Jérusalem lors d’un événement célébrant le premier anniversaire du transfert de la mission des Etats-Unis à Jérusalem, le 14 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lors de l’événement de mardi, accueilli par le musée des amis de Sion à Jérusalem, Friedman n’a fait aucune mention du plan de paix israélo-palestinien de l’administration américaine très attendu, laissant toutefois entendre que la Maison Blanche voulait continuer à renforcer ses relations avec Jérusalem.

« Nous sommes plus que jamais aujourd’hui en capacité de nous projeter avec clarté, volonté et force. Maintenant, est-ce suffisant ? Devons-nous nous reposer sur nos lauriers ? », a-t-il interrogé. « Je pense que la réponse est non. Avec cette administration… nous devons continuer d’avancer. Nous devons garder le pied sur l’accélérateur. Il y a encore beaucoup à faire pour renforcer nos relations avec Israël. »

Prenant la parole après Friedman, Netanyahu a indiqué qu’Israël, en 71 années d’existence depuis sa fondation, n’avait jamais eu de « meilleur ami à la Maison Blanche que le président Donald J. Trump ».

Il a remercié le président américain pour sa « décision politiquement incorrecte » de transférer l’ambassade à Jérusalem.

« Pendant de nombreuses années, les nations du monde ont refusé de reconnaître la capitale d’Israël jusqu’à ce qu’un jour, sorti de nulle part, Trump ne décide que Jérusalem était bien, en effet, la capitale de l’Etat juif, la reconnaissant officiellement en tant que telle, a continué Netanyahu.

« C’est politiquement incorrect avec une certaine sophistication, » a-t-il dit, chaleureusement applaudi par les invités réunis pour l’occasion.

Le Premier ministre a également remercié l’administration américaine pour la fusion de son consulat rue Argon, à Jérusalem – par le passé au service des Palestiniens – avec l’ambassade, au début de l’année.

« C’est tellement clair, tellement évident… Mais cela nécessite du leadership », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un événement marquant le premier anniversaire du transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, le 14 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président Donald Trump a salué cette décision comme étant le signe d’une relation israélo-américaine forte. Trump a fait référence à cet anniversaire mardi sur Twitter, disant qu’il était un « fier rappel de notre relation forte avec Israël, de l’importance d’une promesse tenue et de la défense de la vérité ».

La décision de transférer l’ambassade, et ce que le président américain avait qualifié de prix défiant toute concurrence qu’il avait obtenu pour le bâtiment, sont évoqués lors de chacun des rassemblements de campagne du président américain – cette initiative ayant été très populaire parmi sa base électorale chrétienne évangélique.

Pour sa part, la municipalité de Jérusalem a célébré l’anniversaire en projetant des drapeaux américain et israélien sur les murs de la Vieille Ville.

L’événement avait été placé sous la direction de l’évangéliste chrétien américain Mike Evans, fondateur du musée des amis de Sion, qui met en lumière les partisans non-juifs du sionisme. Des députés de droite, anciens et actuels – parmi lesquels le ministre de l’Immigration Yoav Gallant – y ont assisté, ainsi que des organisations juives et évangéliques proches du Parti républicain.

Intitulée « La nuit annuelle des héros », la cérémonie s’est ouverte par la remise des mains de Sara Netanyahu, épouse du Premier ministre, d’un prix à la première dame du Guatemala Patricia Marroquín de Morales, en reconnaissance de la relocalisation de l’ambassade de ce pays d’Amérique centrale de Tel Aviv à Jérusalem au mois de mai 2018.

Les Etats-Unis et le Guatemala sont les seuls pays à avoir ouvert et maintenu une mission dans la capitale.

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