De jeunes habitants d’implantations suspectés d’avoir vandalisé un bus rempli
Rechercher

De jeunes habitants d’implantations suspectés d’avoir vandalisé un bus rempli

Le véhicule en direction de Kumi Ori a eu les pneus crevés et la phrase "allez [rejoindre] l'ennemi" taguée en hébreu

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un bus utilisé pour transporter des agents de la Police aux frontières vers l'avant-poste de Kumi Ori à proximité d'Yitzhar a été tagué avec la phrase "aller [rejoindre] l'ennemi" le 8 décembre 2019. (Police aux frontières)
Un bus utilisé pour transporter des agents de la Police aux frontières vers l'avant-poste de Kumi Ori à proximité d'Yitzhar a été tagué avec la phrase "aller [rejoindre] l'ennemi" le 8 décembre 2019. (Police aux frontières)

Un bus utilisé pour transporter des officiers de la police aux frontières vers un avant-poste agité dans le nord de la Cisjordanie a eu ses pneus crevés. La phrase « allez [rejoindre] l’ennemi » a aussi été taguée en hébreu sur le véhicule dans la nuit de samedi, ont déclaré les forces de l’ordre.

Le véhicule transportait un groupe d’officiers parti faire respecter un ordre imposant une zone militaire fermée à Kumi Ori, un avant-poste en marge. Quand le bus est arrivé à l’entrée de l’implantation radicale d’Yitzhar juste au nord de l’avant-poste, des officiers ont identifié un groupe de jeunes hommes lançant des pierres avec leurs mains, a déclaré la police aux frontières dans un communiqué. Certains policiers sont descendus du bus pour fouiller la zone, mais les suspects avaient pris la fuite.

Le conducteur du bus a alors remarqué que son véhicule avait été endommagé. La police des frontières a affirmé qu’elle pensait que les dégâts avaient eu lieu alors que les officiers étaient sortis du véhicule pour poursuivre les jeunes habitants des implantations.

« A nouveau, un petit groupe de délinquants essaie de nuire aux efforts des forces de sécurité pour faire appliquer un ordre de zone militaire fermée, a déclaré la police des frontières. La violence directement dirigée contre les policiers n’entravera pas leurs efforts pour remplir leurs missions et pour maintenir l’ordre dans la zone ».

Un incendie allumé dans une tente de la police des frontières dans l’avant-poste de Kumi Ori, près de Yitzhar, le 24 octobre 2019 (Autorisation)

En octobre, Tsahal a déclaré Kumi Ori comme une zone militaire fermée au milieu d’une série d’attaques violentes perpétrées par les jeunes membres de la communauté contre les forces de sécurité.

Depuis lors, des officiers de la police des frontières ont été déployés dans la zone afin de faire appliquer l’ordre. Les relations entre les habitants locaux et les soldats se sont ensuite dégradées, les policiers ont été attaqués à de nombreuses reprises par de jeunes habitants d’implantations qui ont lancé de pierres sur les véhicules et ont incendié leurs tentes, à une occasion.

Ces derniers mois, presque toutes les « attaques de Prix à payer » qui ont été menées par des jeunes habitants d’implantations contre des biens palestiniens ont inclus des graffiti qui mentionnaient cet ordre de zone militaire fermée. Aucune arrestation n’a été faite en lien avec ces incidents.

Des résidents d’Yitzhar ont déclaré que les tensions entre eux et les forces de sécurité ont commencé à se renforcer en octobre quand le chef du Commandement central de l’armée a signé un ordre administratif interdisant à un résident de Kumi Ori de se rendre en Cisjordanie. Un officiel de la Défense a déclaré que Neria Zarog, âgé de 21 ans, avait été impliqué dans des violences contre des soldats et des Palestiniens.

Neria Zarog, résident de l’implantation juive d’Yitzhar, est déféré devant le tribunal de Petah Tikva après avoir été arrêté pour avoir enfreint un ordre administratif et après s’être barricadé dans une maison illégale à proximité de l’implantation en Cisjordanie, le 11 novembre 2019. (Hillel Maeir/Flash90)

Zarog, qui a été arrêté le mois dernier et qui est contraint par l’ordre administratif de ne pas se rendre en Cisjordanie, a nié les accusations qui pèsent contre lui. Le militant d’extrême droite a été libéré après avoir passé deux semaines en prison, refusant d’accepter une libération conditionnelle qui lui interdisait de rentrer chez lui à Kumi Ori. Dimanche, toutes les restrictions contre lui ont été levées.

On désigne souvent le vandalisme contre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes comme des « attaques du Prix à payer ». Les responsables affirment qu’ils réagissent à la violence palestinienne ou aux politiques du gouvernement perçues comme hostiles au mouvement d’implantation.

Les arrestations de responsables sont extrêmement rares et des groupes de défense de droits de l’Homme regrettent que les condamnations soient encore plus rares, alors que la majorité des procédures dans de telles affaires n’aboutissent pas.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...