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Dépréciation à long-terme du shekel: avertissements de JPMorgan et de la Deutsche Bank

L'institution financière américaine maintient "une tendance baissière" à l'égard de la devise, avertissant que le risque politique reste élevé avec le plan de refonte judiciaire

le logo de JPMorgan Chase & Co apparaît au-dessus d'un poste de négociation sur le parquet de la Bourse de New York, à New York, le 16 août 2019. (Crédit : Richard Drew/AP)
le logo de JPMorgan Chase & Co apparaît au-dessus d'un poste de négociation sur le parquet de la Bourse de New York, à New York, le 16 août 2019. (Crédit : Richard Drew/AP)

L’institution financière américaine de premier plan JPMorgan Chase & Co. a averti que l’affaiblissement du shekel israélien pourrait être le signal d’une tendance à long-terme pour la devise, qui a atteint cette semaine son niveau le plus bas depuis trois ans dans un contexte d’incertitude accrue dans le contexte du plan de refonte du système judiciaire du gouvernement.

Citant les turbulences politiques continues en Israël, des turbulences liées aux efforts livrés par la coalition pour mieux contrôler le système judiciaire, la banque a indiqué dans une note à l’attention de ses clients que si le mouvement du shekel avait largement suivi celui des actions américaines sur le marché au fil de la dernière décennie, cela pourrait bien ne plus être le cas aujourd’hui alors que les investisseurs israéliens se tournent de plus en plus vers l’étranger pour placer leurs fonds.

« Les risques politiques qui persistent dans le pays ont entraîné un changement structurel chez les investisseurs institutionnels locaux, qui allouent davantage de fonds à l’étranger », a écrit Anezka Christovova, stratégiste de JPMorgan, selon Bloomberg. « Ce changement pourrait aller plus loin – ce qui signifie que l’écart entre le shekel et les titres américains pourrait devenir permanent dans sa nature. »

La banque a indiqué que « le risque politique va probablement rester élevé » en amont d’une audience prévue mardi à la Haute-cour de justice, qui portera sur la première loi qui a été adoptée dans le cadre du projet de refonte radicale du système judiciaire et que les craintes se renforcent concernant une potentielle confrontation entre ce dernier et la coalition.

Mais elle a aussi indiqué que le pays « présente les antécédents de désinflation les plus forts de toute la région » et elle a prédit que la Banque d’Israël a probablement fini d’élever ses taux d’intérêt, après des hausses répétées qui ont eu lieu toute l’année dans le but de combattre l’inflation. Pour la deuxième fois d’affilée, la Banque centrale a maintenu son taux de 4,75 % lorsqu’elle s’est réunie dans la semaine mais elle a précisé qu’il y avait « une possibilité réelle » qu’il augmente encore si l’inflation ne continuait pas à se modérer et si le shekel continuait sa tendance à la baisse.

« Nous maintenons une tendance baissière sur le shekel », a ajouté Christovova. « Un niveau d’entrée médiocre et une volatilité politique élevée au quotidien nous conservent à la marge ».

La Deutsche Bank allemande a également fait part d’une recommandation négative concernant l’acquisition de devises israéliennes, émettant un rapport intitulé : ‘le shekel – économique mais pas encourageant’, » a noté la Douzième chaîne, vendredi.

Billets de 100 shekels, vus le 31 décembre 2017. Illustration (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Les avertissements lancés par JPMOrgan et la Deutsche Bank surviennent alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu tente d’apaiser les fluctuations financières internationales provoquées par le plan de refonte judiciaire du système de la justice israélien – avec un shekel qui a chuté de plus de 9% face au dollars américain, depuis le début de l’année. Netanyahu a rencontré mercredi des responsables de l’agence Moody’s alors que cette dernière devrait faire part de sa réactualisation de la notation du pays le mois prochain.

Au mois de juillet, Moody’s avait mis en garde contre des « conséquences négatives » et « un risque significatif » pour la situation économique et sécuritaire de l’État juif après l’adoption de la première loi entrant dans le cadre du plan de refonte du système judiciaire. Au début de l’année, l’agence avait abaissé la perspective de crédit du pays en la faisant passer de « positive » à « stable », citant « une détérioration de la gouvernance en Israël » et les troubles entraînées par le projet gouvernemental d’affaiblissement spectaculaire des pouvoirs du système de la justice.

Le projet de refonte radicale du système de la justice israélien entraîne depuis janvier d’importants mouvements de protestation ainsi que des mises en garde concernant des dégâts économiques à venir. La principale inquiétude du secteur de la high-tech et du milieu des affaires est que le plan de refonte du système judiciaire, tel qu’il est proposé, portera atteinte à la démocratie et affaiblira les contre-pouvoirs face à une majorité quasi-toute puissante, ce qui découragera, en conséquence, les investisseurs de capital-risque et autres financiers de placer de l’argent dans le pays, ce qui serait susceptible de provoquer une sortie massive des fonds. Les investissements étrangers, au sein de l’État juif, ont déjà plongé de 60 % au cours du premier trimestre de l’année 2023, selon un rapport qui a été émis par le ministère des Finances, mercredi.

Le shekel a aussi perdu du terrain en amont d’une audience déterminante, à la Haute cour, qui examinera les requêtes dénonçant la loi sur la notion juridique de « raisonnabilité » – une législation qui entre dans le cadre de la refonte du système judiciaire controversée – qui interdira aux juges d’intervenir dans les décisions gouvernementales et ministérielles sur la base de leur « caractère raisonnable ». Si la Cour devait accepter les requêtes et invalider la législation – qui se présente sous la forme d’un amendement à une Loi fondamentale, quasi-constitutionnelle en Israël – et que le gouvernement devait rejeter le verdict, il pourrait alors y avoir une crise constitutionnelle sans précédent.

Enfin, le 28 septembre, une autre audience sera consacrée aux recours déposés contre une loi qui protège un Premier ministre en exercice d’une récusation forcée.

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