Des activistes demandent à la Haute-cour de faire vacciner les détenus
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Des activistes demandent à la Haute-cour de faire vacciner les détenus

Le ministre Amir Ohana a dit que les prisonniers seraient vaccinés quand la campagne sera plus avancée ; pour une association israélienne, c'est une "obligation éthique"

La prison Hadarim dans la région du Sharon, au centre d'Israël, le 23 juillet 2018. (Hadas Parush/Flash90)
La prison Hadarim dans la région du Sharon, au centre d'Israël, le 23 juillet 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Cinq groupes de défense des droits de l’Homme ont déposé une requête devant la Haute-cour, dimanche, contre la décision prise par le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana de ne pas vacciner les détenus dans les prisons israéliennes avant qu’un plus grand nombre de citoyens n’aient reçu l’injection.

La plainte, déposée au nom de l’ACRI, des groupes Physicians for Human Rights – Israel, Adalah, HaMoked et Rabbis for Human Rights, demande au Service israélien pénitencier de faire « vacciner toute la population carcérale conformément aux priorités établies par le ministère de la Santé – et tout particulièrement les détenus âgés de 60 ans et plus et les personnes appartenant à un groupe à risque », ont noté les organisations dans un communiqué conjoint.

« Selon des sources professionnelles, les prisonniers sont une population vulnérable face au virus et il faut pouvoir les vacciner parallèlement aux autres populations à risque en général », dit la plainte.

Elle demande également que le services des prisons « n’accorde pas la priorité à la vaccination du personnel carcéral au détriment des prisonniers ».

Le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana tient une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juillet 2020. (FLASH90)

Le mois dernier, Ohana avait donné pour instruction de ne pas commencer à vacciner les détenus des prisons israéliennes contre la COVID-19 jusqu’à nouvel ordre, après la déclaration d’un responsable palestinien qui avait indiqué que les prisonniers sécuritaires palestiniens allaient bientôt recevoir la première dose des deux injections nécessaires pour l’immunisation face à la maladie.

Un communiqué émis le 26 décembre par le bureau d’Ohana avait noté qu’il avait ordonné au service pénitencier israélien de ne faire vacciner, à ce stade, que le personnel, ajoutant que les prisonniers sécuritaires ne seraient pas vaccinés sans permission.

Ohana, membre du parti au pouvoir du Likud, avait émis ce communiqué après les propos tenus par Qadri Abu Bakr, président de la Commission des affaires des prisonniers de l’OLP, qui avait fait savoir que le service pénitencier israélien avait annoncé aux détenus palestiniens qu’ils commenceraient à être immunisés au cours des jours suivants.

La semaine dernière, Ohana a dit au bureau du procureur-général qu’il ne voulait pas revenir sur cette directive, malgré les paroles prononcées par le procureur-général adjoint, Amit Marari, qui avait déclaré que « l’ordre a été donné sans autorité et il ne peut donc être appliqué ».

La plainte a été accompagnée par un avis médical émis par l’Association des médecins de santé publique au sein de l’Association médicale israélienne – un avis qui déclare que « les prisonniers doivent être traités comme une population captive. Dans le contexte de l’épidémie de COVID-19, ils doivent donc être considérés comme une population à risque, en raison de comorbidités et des conditions de vie de surpopulation qui augmentent le danger d’être infecté et le risque de mortalité ».

Selon l’association médicale, « l’Etat d’Israël a l’obligation éthique d’offrir les vaccins à la population des détenus ».

Yuli Edelstein applaudit alors qu’un homme est vacciné dans un centre de soins pour personnes âgées à Shaarei Tikva, le 22 décembre 2020. (Ministère de la Santé)

Répondant à la plainte, le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a semblé contredire Ohana, disant dimanche matin à la chaîne publique Kan que « la seule instance déterminant les arrangements concernant la vaccination est la commission de priorité du ministère de la Santé ».

Israël avance actuellement dans sa campagne de vaccination massive. L’Etat juif a commencé à administrer les secondes doses du vaccin Pfizer contre le coronavirus au public dimanche, trois semaines très précisément après le début de la campagne.

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