Des centaines de manifestants à Haïfa contre les actions israéliennes à Gaza
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Des centaines de manifestants à Haïfa contre les actions israéliennes à Gaza

Parmi les personnes présentes, des députés arabes et un militant qui avait affirmé que la police lui avait brisé la jambe lors d'un rassemblement le mois dernier

Les militants protestent contre l'arrestation de 21 personnes qui avaient manifesté à Haïfa, aux abords de la cour des magistrats de Haïfa, le 20 mai 2018 (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)
Les militants protestent contre l'arrestation de 21 personnes qui avaient manifesté à Haïfa, aux abords de la cour des magistrats de Haïfa, le 20 mai 2018 (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)

Des centaines de personnes ont participé à deux manifestations à Haïfa, vendredi, contre les actions israéliennes dans la bande de Gaza, a fait savoir Haaretz.

Une manifestation nocturne a attiré plusieurs centaines de jeunes et, quelques heures plus tôt, ce sont environ 300 personnes qui ont participé à un rassemblement auquel ont pris part le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh, le député Yousef Jabarin et le militant Jafar Farah.

Farah avait déclaré qu’un policier lui avait fracturé le genou au cours d’un rassemblement similaire le mois dernier. Aucune violence n’a été signalée lors des manifestations de vendredi.

Farah avait été arrêté avec vingt autres personnes durant un rassemblement de solidarité avec Gaza organisé à Haïfa à la mi-mai, entraînant des accusations de violences policières contre les manifestants. Il avait clamé qu’un agent lui avait cassé la jambe, lui brisant le genou, alors qu’il se trouvait dans un centre de détention dans la nuit du vendredi.

Le département chargé des enquêtes internes au ministère de la Justice enquête actuellement sur les affirmations de Farah.

Les manifestations violentes sur la frontière avec Gaza ont lieu tous les vendredis depuis le 30 mars, date à laquelle les Palestiniens avaient organisé leur tout premier mouvement de protestation dans le cadre de la « marche du retour ». Israël affirme que les émeutes sont orchestrées par le groupe terroriste du Hamas, qui gouverne Gaza, et qu’il les utilise pour couvrir des tentatives d’attentats terroristes, s’efforçant également d’ouvrir des brèches dans la frontière.

Vendredi, une jeune palestinienne, une infirmière bénévole auprès du ministère de la Santé de Gaza dirigé par le Hamas, est morte sous les balles de l’armée israélienne pendant au cours des émeutes qui ont eu lieu le long de la frontière, a fait savoir le ministère. Cent personnes environ auraient également été blessées.

L’armée a déclaré enquêter sur l’incident, notant que « des milliers d’émeutiers » s’étaient réunis à cinq endroits le long de la frontière, « brûlant des pneus à proximité de la clôture de sécurité et tentant d’endommager les infrastructures de sécurité ».

Les manifestations violentes devaient initialement s’arrêter le 15 mai, lors de la commémoration par les Palestiniens de la journée de la Nakba – qui marque le déplacement de population qui a suivi la guerre d’indépendance israélienne en 1948. Mais les leaders du Hamas ont fait savoir qu’ils voulaient continuer le mouvement de protestation, même si la participation aux affrontements, ces trois dernières semaines, a été bien moindre qu’au début des manifestations.

Lors des manifestations des 14 et 15 mai, plus de 60 Palestiniens – presque tous membres des groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique – ont été tués lors d’affrontements avec l’armée israélienne.

L’Etat juif affirme que ses forces ont ouvert le feu pour empêcher des soldats d’être blessés, pour prévenir des dégâts dans la clôture de sécurité et empêcher les infiltrations de Palestiniens en Israël où ils auraient pu commettre des attentats terroristes. Israël accuse le Hamas, avec lequel il a combattu trois guerres depuis 2008, de chercher à utiliser le mouvement de protestation pour mener des violences.

Les responsables israéliens ont expliqué que le Hamas, qui cherche à détruire Israël, tente de faire entrer des groupes de Gazaouis sur le territoire israélien en leur faisant franchir la clôture, et notamment ses propres tireurs, dans le but de commettre des attentats, ajoutant que la toute première obligation de l’armée israélienne est de s’assurer que cela n’arrivera pas.

Les tensions sur la frontière viennent suivre une semaine qui a été marquée par la pire escalade de violences entre l’Etat juif et le Hamas depuis la guerre de Gaza, en 2014. Au début de la semaine, les groupes terroristes palestiniens ont tiré plus de 100 roquettes et obus de mortiers vers les villes et les municipalités du sud d’Israël.

L’armée israélienne a riposté par des douzaines de frappes aériennes contre des cibles militaires du Hamas. Après presque 24 heures d’échange de tirs, un cessez-le-feu informel a commencé – même si les deux parties l’ont qualifié de fragile.

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