Des étudiants de San Francisco poursuivent l’université d’état pour une présumée ‘atmosphère antisémite’
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Des étudiants de San Francisco poursuivent l’université d’état pour une présumée ‘atmosphère antisémite’

La plainte désigne le président de l'université et d'autres responsables comme prévenus et demande des dommages et intérêts monétaires ainsi qu'une ordonnance pour mettre fin aux comportements antisémites

Le Centre Cesar Chavez à l'université d'état de San Francisco (Crédit : Wikimedia Commons)
Le Centre Cesar Chavez à l'université d'état de San Francisco (Crédit : Wikimedia Commons)

Un groupe d’étudiants juifs, actuels et anciens, de l’Université d’état de San Francisco (SFSU) accompagnés de membres de la communauté juive locale ont déposé une plainte fédérale indiquant que l’université tolère et encourage des activités antisémites.

Selon cette plainte déposée lundi par six personnes devant la Cour de district de San Francisco, « la SFSU et ses administrateurs ont en toute connaissance de cause favorisé cette discrimination et cet environnement hostile qui a été marqué par de violentes menaces à l’encontre de la sécurité des étudiants juifs sur le campus ».

Elle désigne comme accusés la présidente de l’université, Leslie Wong, et d’autres responsables de l’établissement d’enseignement supérieur.

L’université a indiqué dans une déclaration faite lundi qu’elle n’avait pas eu connaissance – et qu’elle n’avait pas examiné – la plainte, a fait savoir sur son site internet le ‘J. The Jewish News of Northern California’.

Cette plainte réclame des dommages et intérêts ainsi qu’une ordonnance judiciaire pour contraindre les accusés à mettre un terme à leurs comportements tels qu’ils sont soulignés par les plaignants, selon ‘J’.

Les incidents antisémites remontent au moins à l’année 1968, selon ‘J.’ La plainte décrit certains des incidents, notamment un discours prononcé en 2016 par le maire de Jérusalem Nir Barkat qui avait été perturbé par des manifestants pro-palestiniens, créant un sentiment d’insécurité chez les Juifs.

Le maire de Jérusalem Nir Barkat s'adresse à des étudiants de l'université de San Francisco le 6 avril 2016, alors que des manifestants pro-palestiniens protestent dans le fond de la salle (Crédit : Municipalité de Jérusalem)
Le maire de Jérusalem Nir Barkat s’adresse à des étudiants de l’université de San Francisco le 6 avril 2016, alors que des manifestants pro-palestiniens protestent dans le fond de la salle (Crédit : Municipalité de Jérusalem)

Parmi d’autres incidents :

* En 1994, une peinture murale de trois mètres est érigée sur le bâtiment du syndicat étudiant montrant des étoiles de David jaunes entremêlées à des symboles du dollar, des crânes et des têtes de mort, et les mots « sang africain ».

* En 1997, une bannière dépeignant un drapeau israélien et une croix gammée aux côtés du drapeau américain portant le symbole du dollar est accrochée au même mur du syndicat étudiant,

* Suite à un rassemblement sur la paix en 2002, des étudiants juifs sont pris pour cible par un groupe important d’étudiants qui ont crié des propos antisémites, dont « Hitler n’a pas fini le travail » ou « partez ou on va vous tuer » et « Retournez en Russie »,

* Des événements organisés sur le campus et accueillis par l’université en 2009 prônaient l’élimination d’Israël.

Une enquête indépendante menée sur l’incident de Barkat et initiée par l’université avait déterminé que l’école n’avait pas de protocole sécuritaire approprié pour gérer une manifestation et que les Juifs ne se sentaient pas en sécurité.

Dans un courrier accompagnant le rapport établi par l’université au sujet de l’incident, Wong avait affirmé qu’un travail significatif restait à faire pour améliorer l’atmosphère sur le campus et la sécurité des élèves.

« Garantir que le campus est un environnement sûr pour tous les étudiants est ma plus grande priorité pour l’année prochaine », avait-elle écrit. « Nous avons déçu nos étudiants – les personnes présentes comme les manifestants – à travers de multiples inactions ».

Les étudiants sont représentés pro bono par le cabinet d’avocats Winston & Strawn LLP et le Lawfare Project.

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