Des groupes juifs progressistes se mobilisent contre Trump et l’extrême-droite
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Des groupes juifs progressistes se mobilisent contre Trump et l’extrême-droite

Dans cette coalition se trouvent des organisations ouvertement antisionistes et pro-BDS, et notamment Jewish Voice for Peace et MPower Change de Linda Sarsour

Le président américain Donald Trump lors d'un rassemblement de campagne, à North Charleston, Caroline du Sud, le 28 février 2020. (AP Photo/Patrick Semansky)
Le président américain Donald Trump lors d'un rassemblement de campagne, à North Charleston, Caroline du Sud, le 28 février 2020. (AP Photo/Patrick Semansky)

Réclamant « un front uni contre le président Donald Trump et l’extrémisme de droite », huit organisations éminentes se consacrant à la justice raciale et cinq groupes juifs progressistes se sont associés dans le cadre d’une nouvelle initiative contre le racisme et l’antisémitisme.

« Les extrémistes de droite dans le gouvernement, dans les médias, dans le système judiciaire, dans le milieu des affaires et dans les milices ont passé les quatre dernières années à créer une escalade des violences et des nuisances qu’ils exercent sur nos communautés », selon une déclaration figurant sur la page d’accueil du site internet United Against Hate. « Ils ont assassiné des Juifs, des musulmans, des Afro-américains, des Latinos. Ils ont tenté de nous faire interdire, de nous expulser, de nous mettre en cage, de nous attribuer la responsabilité des inégalités et des injustices dont ils profitent en faisant de nous leurs boucs-émissaires. »

United Against Hate, dont le lancement public a eu lieu vendredi, travaille en coordination avec la nouvelle campagne du mouvement IfNotNow, « Jews Fighting for Our Future », une campagne menée par des jeunes Juifs pour « vaincre la droite au mois de novembre », toujours selon la page d’accueil.

Parmi les organisations impliquées dans cette nouvelle initiative, Dream Defenders, le Movement for Black Lives, Mijente, MPower Change, United We Dream, Emgage, l’Arab American Institute, et le People’s Collective for Justice and Liberation, en partenariat avec IfNotNow, The Jewish Vote, Bend the Arc: Jewish Action, Never Again Action et JVP Action.

Photo d’illustration : Des activistes du groupe Jewish Voice for Peace manifestent aux abords du bureau de Birthright à New York, le 5 décembre 2017. (Crédit : Twitter / #ReturnTheBirthright)

Cette initiative survient environ une semaine après le lancement d’une campagne par plusieurs groupes de la coalition pressant les progressistes de boycotter l’ADL (Anti-Defamation League), qui a longtemps été considérée comme la principale opposante à l’extrémisme au sein de la communauté juive.

« Nous constatons tous que les mêmes extrémistes et nationalistes blancs qui s’en prennent aux communautés de couleur peuvent également s’en prendre aux Juifs – et nous savons que nos communautés ne s’excluent pas mutuellement », a commenté Rachel Gilmer, co-directrice de Dream Defenders. « Nous devons tous nous positionner et Dream Defenders est fier d’établir clairement son positionnement : auprès des Afro-américains, des immigrants, des Palestiniens, des musulmans, des Juifs, auprès de tous ceux qui combattent la suprématie blanche. »

Linda Sarsour, qui a suscité dans le passé de multiples controverses en raison de son activisme en lien avec Israël, avec notamment des propos qui auraient franchi la limite de l’antisémitisme, est directrice de l’un des groupes de la coalition, MPower Change. Joe Biden a désavoué Sarsour, un soutien du mouvement BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) anti-israélien, comme certains des groupes figurant dans l’initiative United Against Hate.

Linda Sarsour s’exprime lors d’un événement de campagne du candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders au Washington Square Park de New York City, le 13 avril 2016? (Crédit : D Dipasupil/WireImage/Getty Images via JTA)

JVP Action est la branche politique de Jewish Voices for Peace, qui prône le boycott d’Israël et s’identifie comme antisioniste. IfNotNow, selon ses principes fondateurs, « ne prend pas position de manière unifiée sur BDS, le sionisme et la question d’une entité étatique ».

Les deux groupes avaient pris la défense par le passé de la représentante américaine Ilhan Omar qui avait été accusée d’avoir employé des tropes antisémites, estimant que de nombreuses critiques à son encontre avaient été motivées par le racisme et l’islamophobie.

Mardi, la nouvelle coalition va organiser une discussion par visioconférence sur l’antisémitisme et le racisme.

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