Des groupes juifs US appellent au gel de l’exécution d’un condamné à mort juif
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Des groupes juifs US appellent au gel de l’exécution d’un condamné à mort juif

Randy Halprin, reconnu coupable d'avoir tué un policier, a dit que le juge qui l'a condamné, au Texas, avait utilisé à son égard des injures racistes. Il veut un nouveau procès

Dans cette photo du 3 décembre 2003, le condamné à mort Randy Halprin, alors âgé de 26 ans, est assis dans une cellule de visite à l'unité Polunsky à Livingston, Texas. Halprin, un détenu juif dans le couloir de la mort qui faisait partie de la bande des prisonniers évadés "Texas 7", a déposé un recours en appel au motif que l'ancien juge du comté Vickers Cunningham, qui l'a condamné, était antisémite et avait fréquemment utilisé des insultes racistes. Halprin soutient que Cunningham aurait dû se récuser. (AP Photo/Brett Coomer, File)
Dans cette photo du 3 décembre 2003, le condamné à mort Randy Halprin, alors âgé de 26 ans, est assis dans une cellule de visite à l'unité Polunsky à Livingston, Texas. Halprin, un détenu juif dans le couloir de la mort qui faisait partie de la bande des prisonniers évadés "Texas 7", a déposé un recours en appel au motif que l'ancien juge du comté Vickers Cunningham, qui l'a condamné, était antisémite et avait fréquemment utilisé des insultes racistes. Halprin soutient que Cunningham aurait dû se récuser. (AP Photo/Brett Coomer, File)

JTA — Un certain nombre de groupes et de juristes juifs ont vivement recommandé à la cour criminelle d’appel du Texas de geler l’exécution d’un détenu juif qui avait clamé que le magistrat qui l’avait condamné était antisémite.

Au mois de juillet, la juge du comté de Dallas, Lela Mays, avait approuvé la date d’exécution de Randy Halprin – le 10 octobre – qui faisait partie du groupe de prisonniers surnommé « les sept du Texas », qui s’était échappé d’un centre de détention de l’Etat en l’an 2000 lors d’une cavale très médiatisée.

Les fuyards avaient été reconnus coupables du meurtre d’un agent de police qui était intervenu lors d’un vol et ils avaient été condamnés à mort. Quatre d’entre eux ont d’ores et déjà été exécutés.

Randy Halprin, de confession juive, a demandé à la justice de reporter son exécution pour se donner le temps d’examiner de nouveaux témoignages qui pourraient selon lui invalider sa condamnation.

Le condamné, âgé de 41 ans, a déclaré lors d’un appel lancé au mois de mai que le juge qui l’avait condamné en 2003, Vickers Cunningham, lui avait parlé en utilisant un langage antisémite. Il réclame un nouveau procès.

« Le juge chargé du procès de M. Halprin, qui présidait ce procès qui s’est soldé par une condamnation à la peine de mort, a pris des décisions critiques sur les preuves qui devaient être présentées au jury et il a condamné M. Halprin à la mort. Il avait également des préjugés contre M. Halprin, se référant à lui comme à un ‘p….. de Juif’ et à un ‘c…..d de youpin’, » a indiqué dans une déclaration Tivon Schardl, l’avocat du condamné à la peine capitale.

Le juge texan Vickers Cunningham. (Capture d’écran : YouTube)

L’année dernière, le Dallas Morning News avait rapporté que Cunningham avait reconnu avoir mis de côté un pécule à distribuer à ses enfants si ces derniers devaient épouser un chrétien blanc du sexe opposé.

Jeudi, l’AJC (American Jewish Committee), la Conférence centrale des rabbins américains, les organisations Men of Reform Judaism et Union for Reform Judaism ont déposé un mémoire en soutien à son appel. Il a été signé par plus de 100 avocats juifs du Texas.

« Au 21e siècle, il est incontestable qu’un procès mené par un juge raciste, qui se vante de ses préjugés, n’est en réalité pas un vrai procès », est-il écrit dans ce document judiciaire qui a été transmis jeudi à la justice.

Ce mémoire a souligné que l’enjeu n’était pas la culpabilité ou l’innocence de Halprin.

« Ces questions ne sont pas pertinentes parce que la culpabilité et l’innocence suivent un procès équitable, elles ne le précèdent pas », dit ce mémoire. « Et si le juge Cunningham est le fanatique décrit, alors il n’y a pas eu de procès équitable. »

Les groupes ont demandé au tribunal de « geler l’exécution prévue du condamné et de renvoyer ce dossier devant un tribunal pour y établir les faits et en tirer les conclusions sous les termes de la loi ».

Au mois de juin, l’ADL (Anti-Defamation League) avait également rédigé un mémoire suite à la plainte de Halprin.

Le 28 mars, la Cour suprême avait accordé un répit à la dernière minute à l’autre membre du gang encore en vie, Patrick Murphy, au nom de l’égalité entre les religions.

Converti au bouddhisme, il demandait à être accompagné par son conseiller spirituel, ce que les autorités texanes avaient refusé. La haute Cour avait jugé cette décision discriminante puisque le Texas autorisait la présence d’aumôniers chrétiens dans la chambre de la mort.

En décembre 2000, les « sept du Texas » s’étaient enfuis d’un établissement de haute sécurité et avaient commencé à braquer des commerces pour financer leur cavale. La veille de Noël, ils avaient tué un jeune policier en s’enfuyant d’un magasin.

Six semaines après leur évasion, et à l’issue d’une véritable chasse à l’homme, ils avaient été appréhendés dans le Colorado. Un des membres du gang s’était suicidé lors de leur arrestation.

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