Des membres du Congrès pro-israéliens proposent une loi pour les Palestiniens
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Des membres du Congrès pro-israéliens proposent une loi pour les Palestiniens

La mesure permettrait d'injecter 50 M $ dans les entreprises locales, un moyen de contrer les coupes massives dans les aides de l'administration Trump

La sénatrice démocrate de New York Nita Lowey durant une commission de la chambre sur le budget au Capitole, à Washington, le 6 mars 2018 (Crédit : Carolyn Kaster/AP)
La sénatrice démocrate de New York Nita Lowey durant une commission de la chambre sur le budget au Capitole, à Washington, le 6 mars 2018 (Crédit : Carolyn Kaster/AP)

WASHINGTON — Un groupe bipartisan de législateurs au Congrès, a présenté un projet de loi qui permettrait d’investir dans les entreprises situées dans les Territoires palestiniens. Une initiative qui vise à remplacer certaines coupes massives dans les aides qui ont été imposées par l’administration Trump.

Cette mesure prévoit que les États-Unis distribuent 50 millions de dollars par an en investissements dans les zones palestiniennes. Des partenaires dans le secteur privé verseraient aussi des fonds supplémentaires.

« Ce projet de loi bipartisan est une initiative sincère de la part des États-Unis qui vise à nous faire retrouver notre rôle historique en mettant en place des moyens créatifs et imaginatifs qui permettront d’assurer une paix durable », a commenté le républicain Jeff Fortenberry du Nebraska dans un communiqué conjoint, émis mardi, avec la démocrate Nita Lowey de New-York, sa partenaire dans la présentation du projet de texte.

« Ce qui commence en recréant des liens nouveaux et meilleurs aux niveaux économique et interpersonnels, des liens qui soient favorables à la prospérité et à l’interconnexion entre les populations de la région ».

Quatre sénateurs — Chris Coons (démocrate du Delaware); Lindsey Graham (républicaine de Caroline du Sud) ; Tim Kaine (démocrate de Virginie); et Cory Gardner (républicain du Colorado) — ont simultanément présenté cette loi complémentaire au sein de leurs commissions.

Les législateurs qui parrainent ce projet sont des leaders pro-israéliens au Congrès et disposent de l’influence nécessaire pour le faire adopter – c’est le cas en particulier de Lowey, juive et démocrate, femme la mieux placée dans la hiérarchie de la Commission des ressources de la Chambre, et de Graham, président du sous-comité aux opérations étrangères et à la commission des ressources du Sénat.

Le sénateur républicain pour le Nebraska Jeff Fortenberry s’exprime lors d’un sommet sur la défense des chrétiens à Washington, le 25 octobre 2017 October 25, 2017. (Cliff Owen/AP)

« J’ai toujours pensé qu’une solution à deux États est le seul cadre susceptible de mener à deux états pour deux peuples », dit Lowey dans le communiqué. « Mais ce rêve ne se réalisera qu’à travers les efforts sur le terrain pour stimuler le développement économique et les liens communautaires entre Israéliens et Palestiniens ».

Le communiqué explique que le projet de loi bénéficie du soutien des groupes centristes juifs, notamment de l’AJC (American Jewish Committee) et du Jewish Council for Public Affairs.

Cette mesure survient après les coupes dans les aides aux Palestiniens décidées par l’administration Trump. Des aides qui s’élevaient l’année dernière à environ 300 millions de dollars. Tout ce qui reste de cette aide sont les 50 millions de dollars approximativement versés aux services de sécurité palestiniens, une ligne de financement que les services de sécurité israéliens estiment comme insuffisante pour maintenir le calme en Cisjordanie. Des dizaines de millions de dollars d’aide humanitaire, et notamment pour les hôpitaux palestiniens, ne seront dorénavant plus alloués.

L’administration Trump a également arrêté de verser 300 millions de dollars de financement à l’UNRWA, l’agence des Nations unies chargée d’administrer les aides aux réfugiés palestiniens et à leurs descendants. Les Palestiniens ont agacé le président Donald Trump au mois de décembre en s’écartant des initiatives lancées par son gendre, Jared Kushner, en vue de la reprise des négociations de paix, après la reconnaissance par Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Trump et le Congrès ont également décidé de couper des financements pour pénaliser l’Autorité palestinienne qui continue à rémunérer les familles des Palestiniens qui ont été tués ou capturés après avoir attaqué des Israéliens.

Ce projet de loi semble donc revenir au financement pour le dialogue israélo-palestinien, que l’administration Trump a cessé de soutenir à hauteur de 10 millions de dollars. L’Alliance pour la paix au Moyen-Orient, qui aide à faciliter le versement des fonds pour les groupes de dialogues, est également favorable au texte.

L’envoyé au Moyen-Orient du président américain Donald Trump Jason Greenblatt lors d’une conférence de presse sur un accord de partage de l’eau entre la Jordanie, Israël et l’Autorité palestinienne à Jérusalem, le 13 juillet 2017 (Crédit :AFP/POOL/RONEN ZVULUN)

Par ailleurs, Jason Greenblatt, haut négociateur américain au Moyen-Orient, a déclaré à un site d’information israélien que l’administration se consacre à une solution qui unirait sous une seule autorité les Palestiniens de Cisjordanie et ceux de Gaza.

« Notre plan de paix a l’intention de les rassembler », a déclaré Greenblatt à Ynet. « Mais ne vous méprenez pas : nous voulons aider tous les Palestiniens, en Cisjordanie comme dans la bande de Gaza ».

Kushner, Greenblatt, et leur équipe doivent encore rendre public le plan, mais un certain nombre d’interlocuteurs ont suggéré qu’il semble couper les Palestiniens en entités autonomes plus petites. Trump a fait savoir que le plan sera dévoilé au début de l’année prochaine.

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