Des projets de construction approuvés en Cisjordanie par le nouveau gouvernement
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Des projets de construction approuvés en Cisjordanie par le nouveau gouvernement

Un panel du ministère de la Défense donne son feu vert à 31 plans ; "la droite continue à saboter" les possibilités de paix et "renforce l'occupation", selon la Liste arabe unie

Des travaux de construction pour de nouveaux logements à Modiin Illit, en Cisjordanie, le 11 janvier 2021. (Crédit : Flash90)
Des travaux de construction pour de nouveaux logements à Modiin Illit, en Cisjordanie, le 11 janvier 2021. (Crédit : Flash90)

Un panel du ministère de la Défense a approuvé, mercredi, de nouvelles constructions dans plusieurs implantations de Cisjordanie – la première initiative de ce type depuis l’établissement du nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett.

Le sous-comité de haute planification, au sein de l’administration civile, a donné son feu vert à 31 projets, et notamment à la construction d’un centre commercial à Mishor Adumim, d’une école qui accueillera les enfants à besoins particuliers dans l’implantation d’Elkana et d’une synagogue et d’une yeshiva à Karnei Shomron et à Kfar Adumim.

Répondant à cette information, l’organisation-cadre du mouvement pro-implantation, le Conseil de Yesha, a demandé que le sous-comité se réunisse une fois encore pour approuver la construction d’habitations dans les implantations de Cisjordanie et qu’il ne se contente pas de projets portant sur des bâtiments publics.

« Cela fait six mois que nous attendons l’autorisation de construire des habitations et elle n’est toujours pas d’actualité », a noté le groupe dans un communiqué. « La commission doit se réunir sans délai pour approuver la construction d’unités de logement dans toute la région. Nous avons suffisamment attendu. »

Ayman Odeh, dirigeant de la Liste arabe unie, a pour sa part condamné le gouvernement pour le feu vert donné à la construction de bâtiments – quelle que soit leur nature – dans les implantations.

« Cela fait moins de deux semaines que le gouvernement est à la barre du pays et 31 plans de construction sont déjà approuvés dans les implantations », a-t-il écrit sur Twitter.

« La gauche s’incline face à la droite et elle détourne les yeux du problème diplomatique. Mais la droite continue bien à saboter les perspectives de paix et à approfondir l’occupation, l’oppression et la dépossession de millions de Palestiniens », a ajouté Odeh, qui est à la tête de la faction d’opposition majoritairement arabe israélienne.

Le nouveau gouvernement comprend deux partis pacifistes – le Parti travailliste et le Meretz – ainsi que la formation arabe israélienne Raam, qui est opposée aux constructions dans les implantations.

Cette approbation a eu lieu après que le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a déclaré lundi qu’un avant-poste illégal de Cisjordanie serait bien démoli conformément aux ordres donnés par l’armée – et que le sujet ne serait pas une source de division au sein du gouvernement fragile de coalition.

Dans son premier discours public concernant l’avant-poste d’Evyatar depuis qu’il a pris ses fonctions, Lapid, qui est aussi Premier ministre d’alternance, a déclaré à Zman Israel, le site en hébreu du Times of Israël, que le sort réservé à cette petite communauté ne faisait aucun doute.

« L’avant-poste sera évacué », a-t-il dit lundi. « Il est illégal. Ce n’est pas une question de droite ou de gauche. Il y a une ordonnance émise par l’armée et par l’administration civile. »

Les propos de Lapid ont été tenus au lendemain du rejet par l’armée d’un appel émanant de membres du mouvement pro-implantations contre la démolition de l’avant-poste.

Les Palestiniens du secteur affirment avoir toujours travaillé les terres qui accueillent dorénavant l’avant-poste mais que l’armée israélienne les empêche dorénavant d’entrer dans la zone. L’administration civile, une instance militaire qui gère les affaires civiles palestiniennes – notamment l’enregistrement des terres en Cisjordanie – déclare ne pas être encore parvenue à déterminer les propriétaires des parcelles. Selon les lois en cours en Cisjordanie, les terres non-cultivées peuvent revenir à l’État.

Une vue de l’avant-poste illégal d’Evyatar, le 21 juin 2021. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

L’avant-poste s’est développé rapidement au cours des deux derniers mois, consistant finalement en une cinquantaine d’habitations occupées par des dizaines de familles. La page Facebook de l’avant-poste se vante du fait qu’Evyatar empêche dorénavant toute contiguïté entre les villages palestiniens environnants tout en permettant de relier l’implantation israélienne de Tapuah au carrefour de Zaatara et à l’implantation de Migdalim.

L’administration Biden devrait rapidement faire part de son opposition aux constructions israéliennes dans les implantations de Cisjordanie – reprenant ainsi le positionnement historique de Washington. Au cours d’une visite officielle en 2010 de Joe Biden, qui était alors vice-président américain, le ministère de l’Intérieur avait annoncé la construction de 1 600 unités de logement dans le quartier de Ramat Shlomo, à Jérusalem. Cette déclaration avait entraîné la colère de Biden, Washington étant défavorable aux constructions israéliennes à Jérusalem-Est – que les Palestiniens revendiquent pour en faire la capitale de leur futur État.

La plus grande partie de la communauté internationale considère les constructions d’implantations comme une violation du droit international. Au mois de novembre 2019, en contraste avec ce positionnement, le département d’État américain avait indiqué avoir conclu que « l’établissement d’implantations civiles israéliennes n’est pas, en soi, en contradiction avec la loi internationale. Et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo était devenu, au mois de novembre dernier, le premier chef de la diplomatie américaine à se rendre dans une implantation de Cisjordanie.

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