Des retraités de la police entrent de force dans le Bureau du Premier ministre
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Des retraités de la police entrent de force dans le Bureau du Premier ministre

Des ministres n'ont pas pu assisté à une réunion qui devait décider de la hausse des salaires pour les soldats de métier, mais pas pour les policiers ou les gardiens de prison

Des agents de sécurité bloquent des retraités de la police et des services de sécurité qui ont fait irruption dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 5 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des agents de sécurité bloquent des retraités de la police et des services de sécurité qui ont fait irruption dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 5 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Mercredi, plusieurs dizaines de retraités de la police israélienne et de l’administration pénitentiaire ont forcé le passage dans le Bureau du Premier ministre à Jérusalem pour manifester contre l’échec du gouvernement à aligner leurs salaires et leurs pensions avec ceux du personnel militaire.

La manifestation s’est déroulée juste avant une réunion du cabinet qui devait se prononcer sur une proposition d’augmentation des salaires des soldats de carrière de Tsahal. Des vétérants de la police, des services pénitentiaires, du service de sécurité du Shin Bet et de l’agence de renseignement du Mossad cherchent également à obtenir les mêmes avantages.

Des gardes de sécurité ont fermé le périmètre à la circulation, alors que quelques échauffourées ont eu lieu entre des manifestants et du personnel de sécurité, selon des informations de médias en hébreu.

Les employés du gouvernement à l’intérieur du bâtiment ont reçu l’ordre de verrouiller les placards contenant des documents classifiés quand il est clairement apparu qu’il y avait une faille dans la sécurité. On a demandé aux ministres de ne pas s’approcher de l’entrée du bâtiment, et la rencontre programmée du cabinet a été décalée.

Plus tard, les ministres ont utilisé une entrée secondaire à côté du Ministère de l’Intérieur pour parvenir au Bureau du Premier ministre où la réunion s’est finalement tenue.

Lors de la rencontre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné l’instruction au ministre de l’Intérieur Gilad Erdan et au ministre des Finances Moshe Kahlon de mener des négociations avec les retraités et de faire un rapport au gouvernement d’ici 54 jours, a déclaré le Bureau du Premier ministre dans un communiqué.

Des agents de sécurité tenter de bloquer des retraités de la police et des services de sécurité qui veulent fait irruption dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 5 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Selon certains médias, Roni Alsheich, le chef de la police, avait demandé la permission de participer à la rencontre afin de dialoguer avec les ministres sur cette question, mais le Premier ministre a refusé sa demande.

Dans un communiqué, le Bureau du Premier ministre a expliqué que « le Secrétariat du gouvernement n’invite pas les parties concernées aux rencontres du gouvernement, mais leurs positions sont prises en compte dans le cadre du travail de préparation du personnel avant la présentation de la question au gouvernement », selon un reportage de Hadashot TV. « La position des personnels de sécurité sera fidèlement représentée par les ministres et les officiels compétents des ministères ».

Plus tôt dans la journée, les manifestants avaient bloqué l’une des routes principales menant à Jérusalem.

Les retraités, qui affirment agir au nom du personnel en service de la police et des gardiens de prison, manifestent depuis plus d’un an pour faire appliquer un accord de 1979 stipulant que les salaires et les conditions de retraite des policiers et de gardiens de prison doivent être égaux à ceux des employés du ministère de la Défense, qui incluent les soldats de métier de Tsahal.

Il y a huit ans, des organisations de défense des retraités de la police et des services pénitentiaires ont poursuivi en justice le ministère des Finances et l’État afin de recevoir des primes de risques, qui sont payées au personnel de Tsahal depuis 2006, mais pas aux agents de police, des prisons, du Shin Bet ou du Mossad.

L’année dernière, le conseil des prud’hommes a donné raison aux officiers de police et des prisons, imposant le versement des bonus rétroactivement. Jusqu’à présent, aucune somme supplémentaire n’a été versée.

Des retraités de la police et des services de sécurité manifestent devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 5 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Gilad Erdan, le ministre de l’Intérieur, qui soutient les demandes des officiers de police et des gardiens de prison, s’est exprimé sur la question quand il est intervenu à une cérémonie de police organisée à Jérusalem plus tôt dans la journée.

Erdan a déclaré que la proposition du cabinet d’augmenter les salaires de Tsahal mais pas ceux de la police « constitue une discrimination entre frères de sang impactant directement les officiers de police et les gardiens de prison qui sont aujourd’hui en première ligne dans la lutte contre le terrorisme et le crime, et qui paient un lourd tribut dans ce combat ».

Erdan a accusé cette proposition de vouloir « contourner artificiellement la décision du conseil des prud’hommes ».

« Cela sera un jour bien triste si la proposition est adoptée », a-t-il déclaré.

Le commissaire de police Roni Alsheich prend la parole lors d’une conférence de presse au siège de la police à Jérusalem, le 17 avril 2018. (Yonatan Sindel / Flash90

Alsheich, le chef de la police, a remercié Erdan pour son soutien en soulignant que « l’injustice faite à la police est incroyable. A un moment où la police se trouve en première ligne, à un moment où les policiers paient le prix fort avec leurs corps et leurs vies afin de se dresser comme une barrière contre les attaques terroristes, votre soutien est très apprécié ».

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