Des touristes israéliens à Entebbe – une première depuis la prise d’otages
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Des touristes israéliens à Entebbe – une première depuis la prise d’otages

Le capitaine du vol a indiqué se souvenir d'avoir appris la nouvelle du raid de 1976 quand il avait dix ans. Il n'aurait jamais pensé se rendre un jour dans cet aéroport

Des touristes israéliens visitent l'aéroport d'Entebbe où des otages avaient été gardés captifs en 1976, le 14 février 2019 (Capture d'écran :  via NTV)
Des touristes israéliens visitent l'aéroport d'Entebbe où des otages avaient été gardés captifs en 1976, le 14 février 2019 (Capture d'écran : via NTV)

Pour la première fois depuis la crise des otages de 1976 et le raid du commando israélien qui avait suivi, un avion israélien transportant des touristes a atterri jeudi à l’aéroport d’Entebbe en Ouganda.

Environ 250 ressortissants israéliens se sont rendus dans ce pays africain pour une visite de trois jours, a fait savoir le site East Africa Business Week.

Ils ont emprunté un Boeing 777 d’une filiale d’El Al, Sun D’Or.

L’aéroport n’est pas connu comme l’ancien aéroport d’Entebbe – contrairement à l’aéroport national d’Entebbe, le plus important d’Ouganda.

Le premier avion israélien se pose à l’aéroport d’Entebbe depuis le raid de 1976, le 14 février 2019 (Capture d’écran via NTV)

« Le 5 juillet 1976, j’avais dix ans et comme tous les Israéliens, je me suis réveillé et j’ai entendu parler de l’opération courageuse qui avait été menée à Entebbe pour libérer les otages », a déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne le capitaine du vol, Itzik Gerber.

« Si on m’avait dit que 13 ans plus tard, je piloterais un avion ayant participé à l’opération et que 42 ans après, j’atterrirais à Entebbe comme capitaine, j’aurais éclaté de rire », a-t-il ajouté, faisant référence à son service dans l’aviation militaire avant son passage à l’aviation civile, où il travaille pour le transporteur national israélien.

Le 27 juin 1976, des terroristes palestiniens avaient détourné un avion Air France qui reliait Tel Aviv à Paris. L’avion s’était posé en Ouganda où les pirates de l’air avaient été accueillis par le dictateur Idi Amin.

Les terroristes avaient libéré les passagers non juifs immédiatement à l’arrivée, mais l’équipage d’Air France avait refusé l’invitation des preneurs d’otage à quitter l’avion pour rester aux côtés des passagers juifs retenus en otage.

Retour des otages après l’opération Entebbe, le 4 juillet 1976. (Crédit : archives de l’armée israélienne)

Le 4 juillet 1976, 98 otages avaient été secourus lors d’un raid mené par des commandos d’élite israéliens. Quatre otages avaient trouvé la mort pendant l’opération ainsi que Yonatan Netanyahu, frère aîné du Premier ministre Benjamin Netanyahu, seul soldat israélien à avoir été tué au cours du raid.

La plus grande partie du terminal où le drame s’est déroulé a depuis été démoli, la tour de contrôle et le hall de l’aéroport sont encore là.

Le directeur-général du bureau du tourisme d’Ouganda, Stephen Asiimwe, a déclaré jeudi qu’il espérait que ce voyage serait une réussite et qu’il donnerait envie à davantage d’Israéliens de venir visiter le pays.

« Nous sommes optimistes et pensons que cette visite attirera plus de touristes en provenance d’Israël et du reste du monde. Les deux pays partagent une histoire commune et nous espérons pouvoir renforcer nos secteurs touristiques respectifs et augmenter le nombre de visiteurs israéliens qui viennent en Ouganda », a fait savoir Asiimwe.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’était rendu à l’aéroport il y a trois ans, à l’occasion du 40e anniversaire du drame. Une cérémonie, ce jour-là, avait réuni des membres de la Knesset, des représentants des forces aériennes et terrestres de l’armée, certains soldats intervenus à Entebbe et des membres de leurs familles, ainsi que certains survivants de la prise d’otages et leurs proches.

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