Des Tunisiens vandalisent une exposition sur la Shoah, une « propagande sioniste »
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Des Tunisiens vandalisent une exposition sur la Shoah, une « propagande sioniste »

Les activistes ont déchiré des affiches pour une exposition de la Bibliothèque nationale, disant que le vrai génocide touche les Palestiniens

Des militants en Tunisie manifestent contre une exposition sur la Shoah à la Bibliothèque nationale du pays, le 15 décembre 2017 (Capture d'écran : MEMRI)
Des militants en Tunisie manifestent contre une exposition sur la Shoah à la Bibliothèque nationale du pays, le 15 décembre 2017 (Capture d'écran : MEMRI)

Une exposition sur la Shoah organisée à la Bibliothèque nationale de Tunis a suscité une opposition féroce. Des manifestants ont déchiré des affiches et condamné ce qu’ils ont qualifié de « propagande » pour un « mythe vieux de plusieurs décennies d’un génocide du peuple juif ».

Dans une vidéo publiée par le magazine Meem le 15 décembre, peu de temps après que le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, les activistes sont filmés en train de critiquer la tentative « d’éduquer leurs petits enfants à connaître l’histoire des Juifs », selon une traduction de la vidéo publiée lundi par l’institut MEMRI (Middle East Media Research Institute).

L’exposition, soutenue par le musée de l’Holocauste à Washington, l’UNESCO, les Nations unies et la Fondation allemande Rosa Luxemburg, a été organisée à l’initiative de l’historien tunisien Habib Kazdaghli.

« C’est une exposition documentaire historique qui expose et dénonce la propagande nazie », a-t-il dit. « L’objectif de cette exposition est de faire en sorte que nos enfants aiment [l’histoire]. Je suis historien mais mes enfants n’aiment pas l’histoire ».

La vidéo montre des douzaines de personnes en train de scander : « Libérez, libérez la Palestine. Dehors les Sionistes ! ». Puis elles enlèvent les affiches de l’exposition.

L’historien tunisien Habib Kazdaghli, le 28 janvier 2017 (Crédit : CC BY-SA M.Rais, Wikimedia Commons)

Hamida Bessaad, chercheuse à la bibliothèque nationale, a expliqué que les manifestants se sont opposés à l’exposition parce que Kazdaghli « veut que nos enfants apprennent à connaître l’histoire des Juifs et apprennent ce qu’est l’Holocauste ».

Elle a affirmé que l’Holocauste est une propagande sioniste et que ce sont les Palestiniens qui souffrent véritablement d’un tel génocide.

« Il est troublé par le fait que les enfants tunisiens ne connaissent pas l’Holocauste des Juifs mais cela ne le trouble pas que les enfants des Palestiniens aient traversé un Holocauste depuis 1948 et jusqu’à ce jour », a-t-elle dit.

« Les employés, intellectuels, lecteurs et chercheurs de la Bibliothèque nationale sont tous opposés à la normalisation (des relations avec Israël) et à la propagande en faveur des Juifs ».

Kawthar Chebbi, militante de la société civile, a qualifié la Shoah de « mensonges et mythes ».

« Nos jeunes se font laver le cerveau avec des mensonges vides et des mythes », a-t-elle dit. « Le mythe vieux de plusieurs décennies d’un génocide du peuple juif par le régime nazi… c’est un mensonge en faveur de la promotion de l’entité sioniste et de l’Etat israélien ».

Hamida Bessaad, chercheuse à la Bibliothèque nationale de Tunis, manifeste contre une exposition sur l’Holocauste, le 15 décembre 2017 (Capture d’écran : MEMRI)

Omar Al-Majri, un militant politique, a déclaré que « l’Holocauste a été perpétré par le mouvement sioniste en collaboration avec les nazis afin de transférer les Juifs en Palestine. C’est une vérité historique que Habib Kazdaghli aime ignorer ».

La Tunisie a été l’un des trois pays nord-africains qui ont fait partie du régime de Vichy, en France, où les nazis avaient imposé une législation anti-juive. Les Allemands ont occupé la Tunisie pendant six mois, depuis le mois de novembre 1942 jusqu’au mois de mai 1943. Des milliers parmi les 10 000 Juifs du pays avaient été envoyés dans des camps de travaux forcés, où 265 avaient trouvé la mort. Les forces alliées avaient capturé la Tunisie le 6 mai 1943, empêchant des déportations massives des Juifs de la nation dans les camps de concentration d’Europe.

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