Efficacité du vaccin/Delta : Des données israéliennes et britanniques divergent
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Efficacité du vaccin/Delta : Des données israéliennes et britanniques divergent

Selon une étude locale, le vaccin Pfizer ne serait plus efficace qu'à 41 % contre le COVID symptomatique, alors que les statistiques britanniques l'évaluent à 88 %

Une Israélienne reçoit un vaccin contre le coronavirus à PetahTikva, le 6 juin 2021. (Crédit : Flash90)
Une Israélienne reçoit un vaccin contre le coronavirus à PetahTikva, le 6 juin 2021. (Crédit : Flash90)

De nouvelles données provenant d’Israël et du Royaume-Uni ont dressé jeudi un tableau confus et contradictoire de l’efficacité du vaccin COVID-19 de Pfizer dans la lutte contre la variante Delta du coronavirus. 

De nouvelles statistiques du ministère de la Santé indiquent qu’en moyenne, l’efficacité de l’injection Pfizer – le vaccin administré à la quasi-totalité des Israéliens – n’est plus que de 39 % contre l’infection, tout en n’étant efficace qu’à 41 % dans la prévention du COVID symptomatique.
Auparavant, le vaccin Pfizer-BioNTech était efficace à plus de 90 % contre l’infection. 

Dans le même temps, une nouvelle étude britannique publiée cette semaine dans le New England Journal of Medicine a révélé que le même vaccin était efficace à 88 % pour prévenir le COVID symptomatique, soit plus du double du taux constaté dans les données israéliennes.

La recherche israélienne a reconnu, au moins, que le vaccin était très efficace pour éviter la maladie grave, avec une efficacité de 91,4 %. 

Certains analystes ont prévenu que les chiffres sur l’efficacité des vaccins sont sujets à d’importantes inexactitudes en raison d’une série de facteurs, notamment la question de savoir s’il existe des données précises sur les niveaux d’infection parmi les personnes non vaccinées, ce qui est vital pour de telles statistiques.

Les statistiques israéliennes semblent également décrire une protection qui s’affaiblit au fil des mois après la vaccination, en raison de l’affaiblissement de l’immunité. Les personnes vaccinées en janvier n’auraient plus qu’une protection de 16 % contre l’infection, alors que chez celles vaccinées en avril, l’efficacité serait de 75 %.

Les médecins notent que ces chiffres peuvent non seulement refléter le temps qui s’est écoulé depuis la vaccination, mais aussi un biais selon lequel ceux qui ont été vaccinés tôt étaient souvent des personnes souffrant de problèmes de santé et plus sujettes aux infections, comme les personnes âgées. 

Réagissant aux chiffres israéliens jeudi, l’épidémiologiste Nadav Davidovitch, professeur à l’université Ben Gurion et dirigeant du syndicat des médecins israéliens, a déclaré au Times of Israel : « Ce que nous constatons, c’est que le vaccin est moins efficace pour prévenir la transmission, mais il est facile d’oublier qu’il reste très efficace pour prévenir les hospitalisations et les cas graves. »

Illustration : un membre du personnel du centre médical Soroka travaille dans le service des coronavirus, le 15 septembre 2020. (Crédit : YossiZeliger/Flash90)

« C’est encore excellent, très bon pour prévenir les cas graves et les décès, mais moins pour prévenir la transmission. Et c’est pourquoi nous ne pouvons pas compter uniquement sur les vaccinations, mais avons également besoin de laissez-passer verts, de tests, de masques, etc, » ajoute Davidovitch.  

Davidovitch a souligné que tous les chiffres doivent être considérés comme préliminaires et d’une pertinence limitée étant donné le nombre relativement faible de patients positifs pour le moment. « Il est encore tôt pour faire des commentaires, car le nombre de personnes positives est encore assez faible », a-t-il déclaré. 

Il s’est exprimé après que les ministres ont approuvé le rétablissement du laissez-passer vert, qui limite la participation à de grands événements aux personnes vaccinées, ayant récupéré de la COVID-19 ou présentant un résultat négatif valide. 

Les nouvelles restrictions s’appliqueront aux événements en intérieur et en extérieur comptant plus de 100 participants, à compter du 29 juillet. L’obligation de présenter une preuve de vaccination, de guérison ou un test négatif des 72 dernières heures ne s’appliquera qu’aux personnes de plus de 12 ans. En dessous de cet âge, il n’y aura aucune restriction. 

Cette décision a été approuvée par le « cabinet coronavirus », un forum ministériel de haut niveau chargé de diriger la réponse du gouvernement à la pandémie. Elle doit encore être ratifiée par le gouvernement, et devrait être votée dimanche lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.

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