Egypte, France, Grèce et Chypre : les accords turco-libyens « nuls et non avenus »
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Egypte, France, Grèce et Chypre : les accords turco-libyens « nuls et non avenus »

L'accord de délimitation maritime a suscité une levée de boucliers, car il permet à la Turquie de faire valoir des droits sur des zones en Méditerranée convoitées par ces 3 pays

Illustration : les drapeaux turc et libyen. (Crédit : iStock)
Illustration : les drapeaux turc et libyen. (Crédit : iStock)

Chypre, l’Egypte, la France et la Grèce ont jugé mercredi « nuls et non avenus » les accords controversés signés en novembre entre Ankara et Tripoli, dont un permettant à la Turquie de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale.

Dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion au Caire, les ministres des Affaires étrangères des quatre pays ont estimé que ces accords avaient « sapé davantage la stabilité régionale et sont tout deux considérés comme nuls et non avenus ».

Leur homologue italien qui a pris part à la réunion, ne figure pas parmi les signataires du communiqué.

Les deux accords dénoncés par les quatre pays méditerranéens, dont un porte sur la coopération militaire, ont été signés le 27 novembre par le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj et le président turc Recep Tayyip Erdogan, son principal soutien face à l’homme fort de l’Est libyen Khalifa Haftar.

(FILES) L’homme fort de Libye Khalifa Haftar salue pendant une parade militaire à Benghazi, à l’est de la Libye, le 7 mai 2018 (Crédit : Abdullah DOMA / AFP)

Ankara soutient militairement le gouvernement de M. Sarraj reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, et M. Erdogan a même annoncé l’envoi de troupes en Libye pour aider le GNA à repousser les assauts des forces du maréchal Haftar, qui bénéficie de l’appui des Emirats arabes unis et de l’Egypte, deux adversaires de la Turquie.

Mais c’est surtout l’accord de délimitation maritime qui a suscité une levée de boucliers, notamment en Grèce, en Egypte et à Chypre, car il permet à la Turquie de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale convoitées par ces trois pays.

Cet accord, « qui porte atteinte aux droits souverains des Etats tiers, n’est pas conforme au droit de la mer et ne peut en découler aucune conséquence juridique », ont souligné les quatre ministres dans leur communiqué.

Les ministres « ont souligné la nécessité du plein respect de la souveraineté (…) de tous les Etats dans leurs zones maritimes en Méditerranée ».

Ils ont condamné à cet effet les forages réalisés par la Turquie au large de Chypre et pressé Ankara de « cesser immédiatement toutes les activités d’exploration illégales ».

Les quatre pays ont exprimé par ailleurs leu soutien aux efforts de l’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé pour parvenir à une solution pacifique au conflit libyen.

« Nous soutenons unanimement la conférence de Berlin (…) qui sera peut-être la dernière occasion » de parvenir à un accord politique entre les différentes parties libyennes, a déclaré le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukry.

Cette conférence prévue en janvier vise selon M. Salamé à mettre fin aux interférences étrangères en Libye.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, donne une conférence de presse avec son homologue marocain à Rabat le 8 juin 2019. (Crédit : FADEL SENNA / AFP)

La solution à la crise libyenne ne « peut être atteinte que si l’on respecte les résolutions des Nations unies à la lettre » et « ne peut être que politique », a déclaré de son côté le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian lors d’une conférence de presse.

A Bruxelles, l’Union européenne a promis mercredi à Fayez al-Sarraj d' »intensifier ses efforts » pour une solution pacifique en Libye, le chef de la diplomatie allemande s’inquiétant que ce pays en proie au chaos puisse devenir « une seconde Syrie ».

« L’Union européenne soutient pleinement le processus de Berlin et toutes les initiatives des Nations unies visant à trouver une solution politique globale à la crise en Libye », affirme un communiqué du Conseil européen (représentant les Etats membres) publié à l’issue de plusieurs réunions avec M. Sarraj.

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