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En Égypte, Bennett a évoqué la visite d’Assad aux ÉAU, la défense et le commerce

Al-Nahyan a informé les dirigeants israélien et égyptien de sa rencontre avec le dictateur syrien ; le Premier ministre a présenté sa vision du réseau régional de défense aérienne

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

(De gauche à droite) Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le prince héritier d’Abou Dhabi Cheikh Mohammed bin Zayed al-Nahyan et le premier ministre israélien Naftali Bennett photographiés à Sharm El Sheikh, en Égypte, le 22 mars 2022. (Crédit : Ministère des Affaires présidentielles des Émirats arabes unis/AFP)
(De gauche à droite) Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le prince héritier d’Abou Dhabi Cheikh Mohammed bin Zayed al-Nahyan et le premier ministre israélien Naftali Bennett photographiés à Sharm El Sheikh, en Égypte, le 22 mars 2022. (Crédit : Ministère des Affaires présidentielles des Émirats arabes unis/AFP)

La visite du président syrien Bachar el-Assad aux Émirats arabes unis vendredi dernier, où il a été accueilli par le prince héritier Mohammed bin Zayed al-Nahyan, a été évoquée mardi lors du sommet trilatéral entre al-Nahyan, le Premier ministre israélien Naftali Bennett et le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi, a appris le Times of Israël.

Bennett, dont le bureau observe avec inquiétude le retour d’Assad dans le monde arabe, a exprimé la position d’Israël lors de la réunion tenue dans la station balnéaire du Sinaï de Charm el-Cheikh.

Al-Nahyan, considéré comme dirigeant de facto des Émirats arabes unis, a donné à ses homologues plus d’informations sur la visite de vendredi, dont le bureau de Bennett a dit qu’elle « donnait à réfléchir ».

Néanmoins, le Premier ministre est ouvert à la possibilité qu’il puisse y avoir des conséquences positives à cette visite, pour Israël et la région, si cela indiquait une volonté des Émirats arabes unis et d’autres alliés régionaux d’écarter l’Iran du jeu des puissances régionales.

La visite d’Assad vendredi a été sévèrement condamnée par l’administration Biden, qui a jusqu’à présent résisté aux efforts d’un nombre croissant de dirigeants du Moyen-Orient de normaliser les relations avec le dictateur.

Le sujet de la défense aérienne a également été central lors de la réunion de mardi. Bennett a présenté sa vision d’un réseau régional de défense aérienne, comprenant un système de défense aérienne laser mis en avant par le Premier ministre.

Sur cette photo publiée sur la page Facebook officielle de la présidence syrienne, le président syrien Bachar Assad, à gauche, s’entretient avec le prince héritier d’Abou Dhabi, Cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, le vendredi 18 mars 2022. Assad était aux Émirats arabes unis vendredi, a déclaré son bureau, marquant sa première visite dans un pays arabe depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011. (Crédit : Page Facebook de la présidence syrienne par l’entremise de l’ AP)

La discussion sur la défense aérienne a eu lieu quelques semaines après que les rebelles houthis au Yémen ont intensifié leurs attaques de drones et de missiles contre les Émirats arabes unis, et quelques jours après que le Corps des Gardiens de la Révolution iranienne (CGRI) a tiré 12 missiles de croisière qui ont explosé près d’un complexe du consulat américain dans la ville d’Erbil, dans le nord de l’Irak.

Les trois dirigeants ont évoqué le CGRI et l’éventualité de son retrait de la liste des organisations terroristes par l’administration Biden, afin de parvenir à un accord nucléaire à Vienne.

Vendredi, Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avaient publié une déclaration commune exprimant leur inquiétude face à cette éventualité, déclarant: « En ce moment-même, l’organisation terroriste du CGRI tente d’assassiner des Israéliens et des Américains à travers le monde. Malheureusement, il y a toujours cet empressement à conclure un accord nucléaire avec l’Iran à tout prix, fût-ce en disant que la plus grande organisation terroriste au monde n’en est pas une. C’est trop cher payé. »

De gauche à droite, le prince héritier d’Abou Dhabi Mohammed bin Zayed al-Nahyan, le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi et le premier ministre Naftali Bennett se rencontrent à Charm el-Cheikh, le 22 mars 2022 (Crédit : Porte-parole de la présidence égyptienne)

En réponse, un responsable américain a déclaré au Times of Israël que les États-Unis étaient « prêts à prendre des décisions difficiles pour ramener le programme nucléaire iranien aux limites du JCPOA », ne niant pas que le retrait du CGRI était potentiellement sur la table.

Malgré la récente suspension des pourparlers, le gouvernement Bennett-Lapid croit toujours qu’un accord nucléaire pourrait être conclu d’ici deux à trois semaines.

La possibilité d’inclure les Saoudiens dans les accords d’Abraham n’a pas été évoquée au cours de la réunion.

(De gauche à droite) Le Premier ministre Naftali Bennett, le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, et le prince héritier des Émirats arabes unis Mohammed bin Zayed. (Crédit : Collage/AP)

Plusieurs détails de la visite révèlent la cordialité que Sissi a cherché à témoigner à Bennett : le drapeau d’Israël était bien en vue, Bennett a été invité à passer une nuit en Égypte et Sissi a accompagné le Premier ministre jusqu’à son avion.

Le bureau de Sissi a publié une photo des trois dirigeants, avec le drapeau israélien clairement visible aux côtés des drapeaux égyptien et émirati.

Le sommet avait été tenu secret et la délégation israélienne avait fait le déplacement sans le photographe officiel, habituellement de tous les voyages. Une fois la réunion rendue publique et les photos publiées par les Égyptiens, le bureau de Bennett s’est félicité du résultat, a appris le Times of Israël.

Cette réunion constitue le tout premier sommet trilatéral des dirigeants israélien, égyptien et émirati.

Outre les questions régionales, l’accent a été mis sur la coopération bilatérale et trilatérale, en particulier dans les domaines du commerce et du tourisme.

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