En plein confinement, la Cinémathèque de Jérusalem publie en ligne ses trésors
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En plein confinement, la Cinémathèque de Jérusalem publie en ligne ses trésors

Les archives du film israélien contiennent plus de 30 000 titres enregistrés sur deux millions de mètres de bobines - ils sont offerts gratuitement avec des sous-titres anglais

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Hila Avraham, à droite, et Meir Russo,  directeur des archives - aujourd'hui numérisées pour être mises à la disposition du public - à la cinémathèque de Jérusalem. (Autorisation : Cinémathèque de Jérusalem)
Hila Avraham, à droite, et Meir Russo, directeur des archives - aujourd'hui numérisées pour être mises à la disposition du public - à la cinémathèque de Jérusalem. (Autorisation : Cinémathèque de Jérusalem)

La Cinémathèque de Jérusalem, institution reconnue, a bien choisi son moment pour terminer son long travail de numérisation de ses archives – des archives qu’elle met dorénavant à la disposition du public.

Les Archives du film israélien, au sein de la Cinémathèque de Jérusalem, viennent de lancer leur site internet gratuit, au début du mois, présentant 120 années et des milliers d’heures de films israéliens, divisés en catégories « historique » et « artistique ».

Ils sont publiés à temps pour occuper délicieusement ses journées lors de ce deuxième confinement entraîné par le coronavirus.

« Nous avions fait en sorte de pouvoir terminer le site internet pour les fêtes », commente Hila Avraham, à la tête du département numérique des archives. « On voulait simplement qu’il soit prêt à être mis en ligne à ce moment-là. »

Et le site contient un trésor d’images, avec des personnes, des lieux et des histoires qui n’avaient plus été présentés depuis des décennies, poursuit Avraham.

Image du site des archives tout juste numérisées des archives du film israélien à la Cinémathèque de Jérusalem. (Autorisation : Cinémathèque de Jérusalem)

Cette plateforme comprend des options en format VOD, des outils qui enrichissent l’expérience du spectateur, des possibilités de recherche par année, par lieu, par sujet, par personnalité, et plus encore. Elle est complètement gratuite, en hébreu et en français, et tous ses contenus comprennent un sous-titrage en anglais.

La Cinémathèque avait réfléchi à numériser ses films depuis plusieurs années, réalisant ainsi un inventaire de ses longs-métrages, de ses documentaires, de ses films d’étudiants et de fiction. Depuis les années 1960, une version digitale de chaque film réalisé est confiée à la Cinémathèque à des fins de conservation.

Le projet était en chantier depuis 2015, note Avraham. Sa genèse est similaire à celle de toutes les archives, continue-t-elle, diplômée dans ce domaine à l’université de Rochester, qui note également que « des archives, ça a toujours commencé par quelqu’un d’obsédé par cette idée ».

Lia Van Leer, fondatrice de l’aile du cinéma d’art et d’essai à la cinémathèque de Jérusalem. (Crédit : Yossi Zamir/Flash 90)

Ce travail d’archivage avait commencé grâce à deux cinéphiles, Lia et Wim Van Leer, mari et femme dans la vie qui avaient fondé des salles de cinéma d’art et d’essai à Jérusalem, Haïfa et Tel Aviv.

Tous deux avaient arpenté le pays avec un projecteur 16 millimètres, créant des ciné-clubs dans différents kibbutzim et communautés, et important ultérieurement des films européens et américains pour des projections organisées à Haïfa. Van Leer avait rejoint la Fédération internationale des archives de film (FIAF) en 1970, aidant ainsi à l’établissement des Archives du film israélien.

Pour numériser les films, la Cinémathèque a voulu respecter toutes les normes internationales, avec des équipements, un personnel et un plan de travail adéquats. Le plus grand bonheur a été de pouvoir recevoir des films de toutes sortes d’organisations et d’individus, continue Avraham – des gens ayant placé leur confiance dans la Cinémathèque en tant qu’institution.

Des bobines non-marquées ont ainsi été apportées aux archives – souvent des films amateurs « si réels, si vivants », dit-elle.

« Et on réussit à assembler un nombre de plus en plus important de pièces de puzzle qui permettent de voir davantage ce qu’était la vie en Israël à des époques successives », ajoute-t-elle.

Une partie du travail de numérisation qui a été récemment terminé à la Cinémathèque de Jérusalem, au mois de septembre 2020. (Autorisation : Cinémathèque de Jérusalem)

Il y a plus de 30 000 titres dans les archives – ce qui représente deux millions de mètres de film et 4 500 heures de production made in Israël, avec un volume de stockage digital d’environ 6 petabytes (6 millions de gigabytes).

Dans le cadre de ce projet, qui a coûté 10 millions de dollars, la Cinémathèque a établi, au sein de l’Etat juif, le tout premier laboratoire professionnel avancé de transformation des bobines de films en formats numériques, conforme aux normes internationales.

Après trois ans de recherche et une cartographie détaillée des informations historiques, qui permet au spectateur de faire des recherches par sujet, les films sont dorénavant accessibles au public.

Et pour le moment, l’accès aux archives est gratuit – « cela le restera tant que cela dépendra de nous », commente Avraham.

« On s’efforce de rester une institution ouverte, culturelle, à but non-lucratif, même si cela dépend de nos soutiens et du budget national », continue-t-elle.

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