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En quête d’une reconnaissance mondiale, l’Autorité palestinienne passe par l’ONU

Ramallah dit que les formulaires signés seront soumis à l'Union postale universelle de l'ONU la semaine prochaine ; cette mesure pourrait inciter les USA à retirer leur financement

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, prononce un discours après avoir déposé une couronne de fleurs sur la tombe de l'ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat à Ramallah, en Cisjordanie, le 11 novembre 2018. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, prononce un discours après avoir déposé une couronne de fleurs sur la tombe de l'ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat à Ramallah, en Cisjordanie, le 11 novembre 2018. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a intensifié ses efforts en faveur d’une reconnaissance internationale des Palestiniens en signant jeudi des formulaires d’adhésion à l’Union postale universelle, une agence des Nations Unies qui coordonne le courrier international. Il a aussi signé dix protocoles et conventions internationaux, a indiqué Wafa, le site officiel d’information de l’AP.

Abbas a signé les documents lors d’une réunion de l’Organisation de libération de la Palestine au siège de la présidence de l’AP à Ramallah.

Omar Awadallah, un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères de l’AP, a déclaré lors d’un appel téléphonique que les documents signés seront officiellement soumis à l’agence des Nations Unies compétente, et aux protocoles et conventions la semaine prochaine.

« Le Président de l’Etat de Palestine Mahmoud Abbas a signé… 11 formulaires d’adhésion aux organisations et conventions internationales », selon le rapport Wafa.

Le gouvernement américain a depuis longtemps demandé aux Palestiniens de ne pas devenir membres des agences de l’ONU parce que la loi américaine l’oblige à couper le financement de toute organisation des Nations Unies qui accorde aux Palestiniens la pleine adhésion.

Le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’adresse à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 27 septembre 2018. (Crédit : TIMOTHY A. CLARY/AFP)

Le formulaire qu’Abbas a signé pour adhérer à l’Union postale universelle lui permettrait de devenir membre à part entière de cette organisation, selon Awadallah.

« Aucune somme dont l’affectation est autorisée par la présente loi ou par toute autre loi ne sera mise à la disposition de l’Organisation des Nations Unies ou d’une institution spécialisée de celle-ci qui accorde à l’Organisation de libération de la Palestine le même statut que les États membres », stipule une loi américaine adoptée en 1990.

Le gouvernement américain doit cesser de financer tout organisme de l’ONU qui accorde la qualité de membre à part entière à tout groupe qui ne possède pas les « attributs d’État reconnus à l’échelle internationale », selon une autre loi adoptée en 1994.

Les États-Unis ne reconnaissent pas « l’État de Palestine ».

Même si l’Union postale universelle accepte les Palestiniens comme membres à part entière, les États-Unis pourraient de toute façon cesser de financer ces organisations avant cela. Le gouvernement du président américain Donald Trump a annoncé en octobre son intention de se retirer de l’Union postale universelle.

L’ancien Premier ministre palestinien Salam Fayyad participe au dévoilement du premier timbre-poste portant le nom de l’État de Palestine, le 28 janvier 2013. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Trump a fait valoir que cette organisation vieille de 144 ans profite à la Chine et à d’autres pays au détriment des entreprises américaines, ce qui fait qu’il est moins coûteux d’expédier des colis de Beijing à New York que de San Francisco à la côte Est des États-Unis, et ce qui profite particulièrement aux fabricants chinois.

Une porte-parole du consulat américain n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Outre l’Union postale universelle, Abbas a signé des formulaires d’adhésion à la Convention sur la nationalité de la femme mariée, au Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, au Protocole facultatif à la Convention relative aux droits des personnes handicapées et au Protocole facultatif à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ; au Protocole de Bâle sur la responsabilité et l’indemnisation en cas de dommages résultant de mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination ; à la Convention de Vienne sur la circulation routière ; au Protocole concernant les pays ou territoires actuellement occupés ; à la Convention sur le consentement au mariage, l’âge minimum du mariage et la reconnaissance des mariages ; à l’Accord instituant le Fonds commun pour les marchandises et à la Convention internationale sur la saisie des navires.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a refusé de commenter ces signatures.

Toutefois, Israël considère que les efforts déployés par les Palestiniens pour devenir membres d’organisations internationales constituent des mesures unilatérales visant à parvenir au statut d’État tout en contournant les négociations de paix et en sapant la position de l’État juif au sein de la communauté internationale.

Dans de récents discours, Abbas a fait référence à un accord avec les Etats-Unis, qui, selon lui, implique que les Palestiniens s’engagent à ne pas rejoindre les agences des Nations Unies, à condition que l’administration américaine ne relocalise pas son ambassade en Israël à Jérusalem, ne modifie pas le statut du bureau de représentation de l’OLP à Washington, et continue ses versements d’aide en faveur des Palestiniens.

Au cours de l’année écoulée, l’administration Trump a déplacé son ambassade en Israël à Jérusalem, fermé le bureau de représentation de l’OLP dans la capitale américaine et cessé presque tous ses financements en faveur de l’aide aux Palestiniens.

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