Etudiant italien assassiné : les Egyptiens croyaient avoir affaire à un espion
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Etudiant italien assassiné : les Egyptiens croyaient avoir affaire à un espion

Le Caire a toujours démenti l'implication de ses services de Sécurité dans la mort de Giulio Regeni qui enquêtait sur les syndicats égyptiens, un sujet sensible dans le pays

Image postée sur internet après la disparition de l'étudiant israélien Giulio Regeni au Caire, en Egypte. Il avait été retrouvé avec des traces de torture sur une autoroute, aux abords de la capitale égyptienne, le 4 février 2016 (Capture d'écran :  Twitter)
Image postée sur internet après la disparition de l'étudiant israélien Giulio Regeni au Caire, en Egypte. Il avait été retrouvé avec des traces de torture sur une autoroute, aux abords de la capitale égyptienne, le 4 février 2016 (Capture d'écran : Twitter)

La police égyptienne a arrêté, torturé et tué en 2016 un étudiant italien, Giulio Regeni, car elle pensait avoir affaire à un espion britannique, selon un nouveau témoignage sur cette affaire publié dimanche dans la presse italienne.

Le témoin en question, selon le quotidien La Repubblica, a expliqué avoir surpris un agent des services de Renseignement égyptien parler du « type italien » lors d’une convention de la police en 2017 dans un pays africain, dont le nom n’a pas été précisé.

La teneur de cette conversation, qui se tenait en arabe, a été transmise au Parquet italien qui a demandé de plus amples renseignements aux autorités égyptiennes. Mais le Parquet considère d’ores et déjà ce témoignage crédible.

Le ministère italien des Affaires étrangères a tweeté dimanche qu’il « appuyait la demande d’informations des procureurs romains, espérant vivement qu’elle contribue à faire justice » pour Giulio Regeni.

Selon La Repubblica, le témoin a pu apprendre l’identité de l’agent égyptien lorsque celui-ci a échangé des cartes de visite avec un collègue.

L’agent a alors raconté que Regeni était soupçonné d’être un agent britannique, qu’il avait été attrapé, mis dans une voiture et frappé, selon un autre quotidien italien, Corriere della Sera. L’agent a rapporté l’avoir lui-même frappé plusieurs fois au visage.

Guilio Regeni, âgé de 28 ans, doctorant de l’université de Cambridge, avait disparu au Caire le 25 janvier 2016 alors qu’il se dirigeait vers une station de métro. Son corps mutilé avait été retrouvé quelques jours plus tard.

L’agent des services de Renseignement cité par le témoin est l’un des cinq officiers égyptiens contre lesquels la justice italienne a officiellement lancé une enquête en décembre pour le meurtre de Giulio Regeni.

Le Caire a toujours démenti l’implication de ses services de Sécurité dans la mort de Giulio Regeni. L’étudiant enquêtait sur les syndicats égyptiens, un sujet très sensible en Egypte.

Les autorités égyptiennes avaient suggéré dans un premier temps que Giulio Regeni avait été tué dans un accident de la circulation, avant d’assurer qu’il avait été assassiné par des criminels, liquidés par la suite par la police.

Rome a reproché au Caire son manque de coopération dans cette affaire. Pour manifester son exaspération, l’Italie avait rappelé son ambassadeur dans la capitale égyptienne en avril 2016 avant qu’il ne regagne son poste l’année suivante.

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