Eviction du candidat Michael Ben Ari : la droite fulmine, la gauche applaudit
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Eviction du candidat Michael Ben Ari : la droite fulmine, la gauche applaudit

Pour Bennett et Shaked de HaYamin HaHadash, les juges "ne nous laissent d'autre choix que d'agir - avec force" pour limiter leurs pouvoirs ; "Bon débarras", se réjouit l'opposition

Le membre du parti Otzma Yehudi Michael Ben Ari pendant une conférence de presse en réponse à la décision de la Haute Cour de rejeter sa candidature aux prochaines élections à la Knesset à Jérusalem, le 17 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le membre du parti Otzma Yehudi Michael Ben Ari pendant une conférence de presse en réponse à la décision de la Haute Cour de rejeter sa candidature aux prochaines élections à la Knesset à Jérusalem, le 17 mars 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les responsables politiques de droite ont réagi dimanche avec colère à la décision prise par la Haute Cour d’interdire la candidature du leader du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit, Michael Ben Ari, aux prochaines élections. La gauche, pour sa part, a applaudi la mesure.

Un seul magistrat sur le panel de neuf juges a statué en faveur du maintien du candidat Ben Ari. La cour a estimé que la participation de ce dernier au scrutin devait être invalidée en raison de son idéologie anti-arabe et de ses incitations à la violence après que la commission centrale électorale, majoritairement constituée de responsables politiques et présidée par un magistrat, a approuvé de justesse sa candidature la semaine dernière.

La cour a par ailleurs donné son feu vert dimanche à la liste Raam-Balad, un parti arabe, ainsi qu’au candidat d’extrême-gauche Ofer Kassif et à Itamar Ben Gvir, d’Otzma Yehudit.

S’exprimant devant les médias à l’issue du jugement déterminant son interdiction de se présenter, Ben Ari a condamné la « junte judiciaire qui cherche à prendre le contrôle de nos vies ».

Ce jugement prônant l’interdiction d’un individu – et non d’un parti ou d’une formation politique – est sans précédent dans l’histoire de la Cour suprême.

Evoquant une « interférence crasse et malencontreuse » dans le processus démocratique israélien, la ministre de la Justice Ayelet Shaked a indiqué qu’elle dévoilerait lundi son plan de « révolution judiciaire » qu’elle mettra en œuvre si, comme elle l’espère, elle parvient à briguer un nouveau mandat au poste de ministre de la Justice.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett qui, aux côtés de Shaked, a formé le parti HaYamin HaHadash, a juré de restreindre les capacités du système judiciaire maintenant qu’une « ligne rouge » a été franchie.

« Les magistrats de la Haute Cour ont franchi une ligne rouge ce soir. Ils ont évincé un homme dont les deux fils servent au sein de Tsahal et approuvé un parti qui soutient les terroristes », a-t-il écrit sur Twitter en référence à Balad. « Les juges ne nous laissent pas d’autre choix que d’agir – et avec force ».

Les co-dirigeants de HaYamin HaHadash Ayelet Shaked et Naftali Bennett lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 17 mars 2019 (Crédit : Flash90)

Cela fait longtemps que Bennett et Shaked cherchent à entraver les pouvoirs de la Cour suprême par une loi à la Knesset.

Yuli Edelstein, président de la Knesset issu du Likud, a qualifié de « dure » la décision des magistrats de disqualifier Ben Ari, avertissant que « l’opinion publique dans sa globalité paiera le prix fort » du jugement émis sur Balad. « Un parti qui nie le droit à l’existence d’Israël et qui considère légitime de nuire aux soldats israéliens n’a pas sa place dans la législature », a-t-il affirmé.

La formation ultra-orthodoxe YaHadout HaTorah, qui a souvent critiqué la Cour suprême pour un grand nombre de décisions prises dans des dossiers concernant la religion et l’Etat, a estimé que « cette fois, les juges se sont discrédités en déterminant qu’ils sont l’électorat à la place du peuple ».

Tamar Zandberg, à la tête du Meretz de gauche, dont le parti avait fait appel devant le tribunal pour dénoncer la candidature de Ben Ari, a déclaré que cette décision de l’instance judiciaire était un « jugement important et bien fondé ». Elle a également mis en garde contre les menaces de sanction proférées par Shaked contre les magistrats.

La dirigeante du parti Meretz Tamar Zandberg s’exprime lors d’une conférence du Mouvement pour un gouvernement de qualité, à Modiin, le 4 février 2019. (Hadas Parush/Flash90)

« La ministre de la Justice place ses incitations contre la Haute cour au cœur de sa campagne électorale. Il est vital que toutes les formations politiques défendent fermement le soutien à l’indépendance de la Cour suprême et l’Etat de droit. Le Meretz s’y engage pour sa part », a-t-elle dit.

Le leader du Parti travailliste, Avi Gabbay, a réagi à l’éviction de Ben Ari par un « bon débarras ». Il a également remercié le tribunal pour ne pas lui avoir permis « d’être élu à la Knesset sous les auspices de Netanyahu ».

Ben Ari, leader du parti Otzma Yehudit — qui fait dorénavant partie de l’Union des partis de droite – a fait face à de multiples initiatives visant à déclarer hors-la-loi sa candidature conformément à l’article 7A de la loi fondamentale : la Knesset, qui inclut « l’incitation au racisme » comme l’un des trois faits susceptibles de disqualifier la participation d’un candidat à la Knesset.

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