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France: peine maximale demandée contre deux dentistes pour des mutilations dentaires

Lionel et Carnot Guedj sont accusés d’avoir mutilé des centaines de patients à Marseille ; ils étaient en tête des dentistes en France en 2010 en terme de revenus

Les dentistes français Lionel et son père Carnot Guedj, accusés d'escroquerie et de mutilation dentaire, arrivent au palais de justice au premier jour de leur procès à Marseille, dans le sud de la France, le 28 février 2022. (Crédit : Nicolas TUCAT / AFP)
Les dentistes français Lionel et son père Carnot Guedj, accusés d'escroquerie et de mutilation dentaire, arrivent au palais de justice au premier jour de leur procès à Marseille, dans le sud de la France, le 28 février 2022. (Crédit : Nicolas TUCAT / AFP)

« Une cupidité insatiable » : la peine maximale, 10 ans de prison, a été requise lundi contre Lionel Guedj et cinq ans, dont un avec sursis, contre son père Carnot, deux dentistes jugés pour avoir mutilé des centaines de patients à Marseille, dans le sud de la France.

Le ministère public a requis le mandat de dépôt contre les deux prévenus et demandé que leur soit également infligée une amende de 375 000 euros pour Lionel Guedj, 41 ans, ainsi que la saisie de son immeuble, et une amende de 150 000 euros pour son père, âgé de 70 ans.

Tous deux sont jugés à Marseille depuis six semaines pour s’être enrichis sur le dos de l’Assurance maladie et des mutuelles, en réalisant un maximum de prothèses dentaires sur des patients qui n’en avaient pas besoin, après leur avoir dévitalisé des dents saines, mutilant certains d’entre eux à vie.

322 personnes se sont constituées parties civiles.

Abcès, kystes, douleurs insupportables, bouche noire, mauvaise haleine, prothèses qui ne tiennent pas : les victimes ont raconté à la barre les conséquences des opérations à la chaîne dans ce cabinet établi en 2005 dans un quartier pauvre de la deuxième ville de France.

Le dentiste français Lionel Guedj, accusé d’escroquerie et de mutilation dentaire, arrive au palais de justice au premier jour de son procès à Marseille, dans le sud de la France, le 28 février 2022. (Crédit : Nicolas TUCAT / AFP)

Face à ces témoignages, le ministère public a dit avoir vu des prévenus « froids, inaccessibles, exempts de tout remord ». « Jusqu’aux dernières plaidoiries des parties civiles, ils n’auront de cesse de lever les yeux au ciel », a pointé le procureur Michel Sastre, à l’avant-dernier jour du procès.

Il a également dénoncé « l’insolence » de prévenus qui n’ont cessé, au fil des audiences, de « minimiser leur responsabilité et l’ampleur du désastre ». Et le magistrat de rappeler la « honte » de certaines victimes, « leur culpabilité » de s’être fait avoir, l’une d’elle expliquant même avoir eu le sentiment « d’être violée ».

« Ils veulent faire croire qu’ils ont fait des choix thérapeutiques », mais c’était bien une organisation « visant un faire un maximum d’argent dans un minimum de temps, avec une cupidité insatiable », a insisté M. Sastre à propos des Guedj fils et père, en tête des dentistes en France en 2010 en terme de revenus, avec un chiffre d’affaires de 2,6 millions d’euros.

« On ne mutile pas 3 900 dents par erreur : la répétition est la preuve de l’intention », a souligné sa consoeur Marion Chabot face aux deux dentistes, qui ont plaidé l’erreur médicale.

Le procès doit s’achever mardi avec les plaidoiries de la défense, avant la mise en délibéré du jugement.

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