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‘Funny Girl’ boudée par les Tony Awards, mais d’autres spectacles juifs primés

La reprise par Beanie Feldstein du rôle popularisé par Barbra Streisand n’obtient qu’une seule mention, tandis que 'Lehman' en obtient huit et 'Girl from the North Country', sept

Beanie Feldstein dans le rôle de « Fanny Brice » lors de la Première de la comédie musicale « Funny Girl » sur Broadway au August Wilson Theatre à New York, le 24 avril 2022. (Crédit : Bruce Glikas/WireImage via la JTA)
Beanie Feldstein dans le rôle de « Fanny Brice » lors de la Première de la comédie musicale « Funny Girl » sur Broadway au August Wilson Theatre à New York, le 24 avril 2022. (Crédit : Bruce Glikas/WireImage via la JTA)

JTA – Dans l’ensemble, les grands noms juifs de Broadway n’ont pas brillé avec autant d’éclat que prévu lors des nominations aux Tony Awards cette année.

La reprise très attendue de « Funny Girl », avec Beanie Feldstein dans le rôle popularisé par Barbra Streisand racontant l’histoire de la comédienne juive pionnière Fanny Brice, est presque repartie les mains vides, en dépit de la réputation de Feldstein et de la réécriture du livret par la légende de la scène et de l’écran, Harvey Fierstein.

Le spectacle n’a, au final, reçu qu’une seule nomination, pour l’acteur Jared Grimes, au grand dam de Feldstein et Fierstein (et d’autres grandes têtes d’affiche comme le second rôle Jane Lynch).

« Funny Girl » a fait ses débuts le mois dernier avec des critiques médiocres, suggérant que Feldstein était une pâle copie de Streisand et que le spectacle semblait daté.

Également boudée, « Plaza Suite », reprise de la pièce de Neil Simon avec en vedette le couple juif à la ville formé par Sarah Jessica Parker, fille d’un père juif qui s’identifie comme culturellement juive, et Matthew Broderick (mère d’origine juive), n’a recueilli qu’une seule nomination, pour la conception des costumes.

D’autres artistes juifs et spectacles d’inspiration juive ont eu plus de succès. « The Lehman Trilogy », saga épique, sur plusieurs générations, de la tristement célèbre famille de financiers juifs, a reçu huit nominations, dont celle de la meilleure pièce et les trois principaux acteurs ont également été nominés, parmi lesquels Adam Godley, qui est juif.

Adam Godley, Simon Russell Beale et Adrian Lester dans « The Lehman Trilogy », le spectacle de Broadway sur la célèbre dynastie bancaire juive. (Crédit : Julieta Cervantes via JTA)

« Girl from the North Country », un spectacle inspiré du juke-box construit autour d’un recueil de chansons de Bob Dylan, a reçu sept nominations, dont celles de la meilleure comédie musicale et du meilleur livret. Les orchestrations des airs de Dylan à l’époque de la Grande Dépression ont également été distinguées.

« North Country » est la deuxième comédie musicale basée sur des titres de Dylan, mais elle a beaucoup plus de succès – critique et commercial – que la première, très décriée, « The Times They Are a-Changin ».

« Mr. Saturday Night », la comédie musicale de Billy Crystal inspirée de son film de 1992 à propos d’un comédien sur le déclin, a reçu cinq nominations, dont celle de la meilleure comédie musicale et du meilleur acteur pour Crystal. Il a également co-écrit le livret, nominé, avec le duo d’écrivains juifs Lowell Ganz et Babaloo Mandel. L’actrice Shoshana Bean, qui est juive, a également été nominée, tout comme le compositeur Jason Robert Brown et la parolière Amanda Green, tous deux juifs.

Là où « Funny Girl » a échoué à moderniser un classique, plusieurs autres spectacles juifs ont eu plus de succès. « Company », reprise du classique de Stephen Sondheim, a ainsi obtenu neuf nominations, dont celle de la meilleure reprise d’une comédie musicale. Le spectacle devait initialement être programmé pour le 90e anniversaire de Sondheim, mais les retards liés à la pandémie de COVID-19 ont privé Sondheim, décédé en novembre dernier à 91 ans, de ce plaisir.

« Caroline, or Change », la comédie musicale de Tony Kushner sur une femme de chambre noire employée par une famille juive du Sud en 1963, a reçu trois nominations, dont celle de la meilleure reprise d’une comédie musicale.

Et « American Buffalo », reprise de la pièce de théâtre de 1975 du caustique dramaturge juif David Mamet sur un magasin de bric-à-brac, a été nominé pour quatre Tonys, dont la meilleure reprise, tout comme « Take Me Out », histoire d’un joueur de baseball professionnel gay, par le dramaturge juif Richard Greenberg.

Sharon D. Clarke, dans la reprise à Broadway de Jeanine Tesori et de Tony Kushner, « Caroline, or Change ». (Crédit : Helen Maybanks via la JTA)

« How I Learned to Drive », reprise de la pièce de théâtre lauréate du prix Pulitzer en 1997 traitant de sujets tabous tels que la pédophilie et l’inceste, a été nominée pour trois Tony, dont celui de la meilleure reprise. Son auteure, Paula Vogel, avait un père juif et a également écrit d’autres pièces inspirées du monde juif.

Dans l’ensemble, l’année a été difficile pour Broadway, qui a repris de l’activité après deux années blanches liées à la pandémie et connu de nombreux problèmes logistiques lorsque, par exemple, des artistes contractaient le coronavirus. De nombreux spectacles ont fait en sorte de sortir au plus vite pour être présentés à temps pour les Tony Awards. La 75e cérémonie des Tony Awards sera diffusée le 12 juin sur CBS et Paramount Plus.

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