Gantz attaque Turquie et Iran lors d’un appel avec des journalistes arabes
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Gantz attaque Turquie et Iran lors d’un appel avec des journalistes arabes

Le ministre de la Défense a dit aux journalistes du Golfe qu'empêcher Ankara, membre de l'OTAN, de déstabiliser la région était compliqué, réclamant des pressions internationales

Le ministre de la Défense Benny Gantz  (rang du milieu, à droite) lors de la toute première discussion ouverte avec des journalistes saoudiens et du Golfe, le 4 octobre 2020. (Autorisation)
Le ministre de la Défense Benny Gantz (rang du milieu, à droite) lors de la toute première discussion ouverte avec des journalistes saoudiens et du Golfe, le 4 octobre 2020. (Autorisation)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a pris part, dimanche, à sa toute première séance de discussion ouverte en son genre avec des journalistes arabes. Il a mis l’accent sur les efforts livrés par la Turquie et par l’Iran pour déstabiliser la région et saper les efforts de paix.

Parmi ceux qui ont pris part à cette discussion, Mohamed Al Hammadi, rédacteur-en-chef du journal Alroeya (Emirats arabes unis) et Ahdeya Ahmed Al-Sayed (Bahreïn) qui, lors d’un webinaire qui a eu lieu la semaine dernière, avait décrit le harcèlement qui avait suivi sa participation à un forum en ligne qui avait réuni plus d’une dizaine de personnalités arabes du milieu des médias ainsi que des journalistes et des responsables du gouvernement israélien.

Deux journalistes saoudiens et d’autres collègues ont également participé au nouveau webinaire, organisé et parrainé par le Conseil arabe pour l’intégration régionale, selon Joseph Braude, l’homme qui a lancé l’évènement.

Durant l’appel en visioconférence, Gantz s’est concentré sur les efforts livrés par la Turquie et l’Iran pour saper les accords de normalisation qui ont récemment été conclus entre Israël et les Emirats arabes unis et entre l’Etat juif et Bahreïn, ainsi que le soutien continu apporté par les deux pays à des conflits dans la région.

Il a accusé les deux nations de « renier la promotion de la paix » et de « soutenir les agressions régionales ».

Tandis qu’Israël fustige souvent l’Iran, son ennemi juré, les critiques publiques de la Turquie – qui entretient encore des relations avec l’Etat juif – sont rares.

Gantz a souligné l’implication d’Ankara dans la guerre civile en Libye, les tensions navales avec la Grèce et Chypre concernant la recherche de gaz naturel dans l’est de la Méditerranée, la présence turque dans la guerre civile syrienne et les liens étroits entretenus par le pays avec le groupe terroriste palestinien du Hamas, disant que « tout cela nuit très gravement à la stabilité ».

Gantz a noté que gérer la question de la Turquie était compliqué, le pays étant membre de l’OTAN.

« Nous devons donc nous saisir de toutes les options que nous avons à notre disposition et nous devons tenter d’influencer le pays en utilisant les pressions internationales, pour nous assurer que les Turcs vont se retirer de tout ce qui est directement lié au terrorisme », a-t-il déclaré pendant cette appel sur Zoom qui a duré une heure.

Sur l’Iran, Gantz a déclaré que les nouveaux liens entre l’Etat juif et les Etats arabes sunnites offraient de nouveaux moyens de combattre Téhéran.

« Nous avons les outils stratégiques pour affronter l’Iran. Nous sommes plus forts qu’eux. Nos collaborations nous apportent aujourd’hui de nouvelles stratégies et de nouvelles options, ce que comprennent très bien les Iraniens. La meilleure stratégie pour la stabilité régionale est la paix », a-t-il continué.

Gantz a indiqué qu’il espérait que la normalisation apporterait aussi les outils permettant de combattre les islamistes radicaux.

« Nous devons être en mesure d’offrir une meilleure alternative, de montrer les résultats positifs de la modération », a-t-il déclaré. « Nous avons tant de choses à nous offrir, les uns les autres. Israël a pendant longtemps été une île – mais nous avons tellement à offrir et tellement à recevoir aussi. Il n’y a aucune stratégie préférable aux liens humains. »

De gauche à droite : le président américain Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères des EAU, Abdullah bin Zayed Al-Nahyan, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu discutent à la Maison Blanche à l’occasion de la signature des accords Abraham, le 15 septembre 2020. (Avi Ohayon / Cabinet du Premier ministre)

Gantz a affirmé aux participants que, même s’il avait été général, il était profondément attaché à la paix. Il a fait part d’une anecdote portant sur sa première mission opérationnelle en tant que soldat, où il avait été chargé d’assurer la sécurité du convoi du président égyptien, Anouar el-Sadate, lorsqu’il était venu faire la paix en Israël.

Gantz a aussi appelé les Etats arabes à affronter les groupes terroristes opérant depuis leurs territoires, désignant explicitement le Liban et le Hezbollah.

« Je demande à ce que les Etats rendent des comptes. Le Liban ne peut pas permettre au Hezbollah de s’en prendre à Israël depuis les terres libanaises, disant ensuite que ‘désolés, ce n’est pas nous' », a déclaré Gantz.

« Tout pays devant faire face à ce type de menace doit pouvoir agir contre les menaces directes posées par les milices, mais également contre le gouvernement qui abrite ces dernières », a-t-il poursuivi.

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