Gantz: Des centaines d’Israéliens, et lui-même, pourraient être visés par la CPI
Rechercher

Gantz: Des centaines d’Israéliens, et lui-même, pourraient être visés par la CPI

Le ministre de la Défense protègera tous ceux visés par la Cour pénale internationale, qui dit vouloir enquêter sur les crimes de guerre commis par Israël et les Palestiniens

Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une visite dans le village druze de Julis, dans le nord d'Israël, le 23 février 2021. (David Cohen/Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz lors d'une visite dans le village druze de Julis, dans le nord d'Israël, le 23 février 2021. (David Cohen/Flash90)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré mardi que des centaines d’Israéliens, dont lui-même, pourraient faire l’objet d’une enquête pour crimes de guerre, suite à une décision importante de la Cour pénale internationale rendue le mois dernier.

Une chambre préliminaire de la CPI a ainsi déterminé qu’elle était compétente pour ouvrir une enquête criminelle sur Israël et les Palestiniens pour des crimes de guerre qui auraient eu lieu en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est. Israël rejette la compétence de la Cour sur cette question.

Gantz, qui dirige également le parti Kakhol lavan et détient le ministère de la Justice, a déclaré à l’agence de presse Reuters que Jérusalem s’employait à protéger les Israéliens dans la ligne de mire de la CPI.

Gantz a qualifié la décision de la CPI de « développement négatif », et a déclaré qu’Israël s’efforçait d’influencer la cour, qui n’a pas encore décidé de lancer une enquête.

Le tribunal a déclaré qu’il pourrait enquêter sur le conflit de 2014 entre Israël et les groupes terroristes palestiniens de Gaza. Gantz était le chef d’état-major de l’armée israélienne pendant la guerre.

« Je n’ai jamais eu peur de franchir les lignes ennemies. Je continuerai à me tenir là où je dois être », a-t-il déclaré.

Le ministre de la Défense a déclaré à Reuters que plusieurs centaines d’Israéliens pourraient être arrêtés si les enquêtes criminelles venaient à se poursuivre, disant qu’il s’agissait d’une « estimation ».

« Mais nous prendrons soin de tout le monde », a-t-il ajouté.

Suite à la décision du mois dernier, il appartient maintenant au procureur général de la CPI de décider s’il y a lieu d’ouvrir une enquête. La procureure principale Fatou Bensouda a indiqué en 2019 qu’elle avait l’intention de le faire, mais elle quitte son poste en juin et sera remplacée par l’avocat britannique Karim Khan.

Le nouveau procureur de la CPI, Karim Khan, à Bagdad, le 27 juillet 2019. (Sabah Arar/AFP)

Israël n’est pas membre de la CPI. Les Palestiniens ont rejoint la Cour en 2015.

La CPI est censée servir de tribunal de dernier recours lorsque les propres systèmes judiciaires des pays ne peuvent ou ne veulent pas enquêter et poursuivre les crimes de guerre.

L’armée israélienne dispose de mécanismes pour enquêter sur les méfaits présumés de ses troupes, et malgré les critiques selon lesquelles le système est insuffisant, les experts disent qu’elle a de bonnes chances de repousser une enquête de la CPI sur ses pratiques en temps de guerre.

La CPI ne juge pas les pays, mais plutôt les individus. Les responsables israéliens ont déclaré vendredi qu’ils ne prévoyaient actuellement aucune menace immédiate contre des personnalités politiques ou militaires israéliennes de haut rang.

Cependant, en ce qui concerne les implantations, certains experts affirment qu’Israël pourrait avoir du mal à contester le droit international interdisant le transfert d’une population civile dans un territoire contesté.

Si Israël et/ou le groupe terroriste palestinien du Hamas sont finalement reconnus coupables de crimes de guerre, et si des hauts fonctionnaires sont mentionnés dans un tel verdict, ils pourraient faire l’objet de mandats d’arrêt internationaux lors de leurs déplacements à l’étranger.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...