Gantz : Je préfère la diplomatie contre l’Iran, mais tout reste envisageable
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Gantz : Je préfère la diplomatie contre l’Iran, mais tout reste envisageable

S'adressant aux dirigeants de l'Agence juive, le candidat Premier ministre promet de faire progresser l'accord gelé sur le mur Occidental et de favoriser le pluralisme religieux

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Benny Gantz s'adressant au Conseil d'administration de l'Agence juive à Jérusalem, le 29 octobre 2019. (Ofek Avshalom)
Benny Gantz s'adressant au Conseil d'administration de l'Agence juive à Jérusalem, le 29 octobre 2019. (Ofek Avshalom)

Le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, a déclaré mardi qu’il préférerait toujours des moyens diplomatiques pour empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires, tout en soulignant que, si tout le reste échoue, « toutes les options sont sur la table ».

S’adressant au Conseil d’administration de l’Agence juive, qui s’est réuni cette semaine à Jérusalem, le candidat au poste de Premier ministre s’est engagé à mettre en œuvre un plan visant à améliorer une zone de prière pluraliste au mur Occidental que le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu avait indéfiniment gelé. Il a également promis de promouvoir le pluralisme juif.

La situation sécuritaire d’Israël est fragile et la menace la plus grave demeure les ambitions nucléaires de Téhéran et son agression régionale, a dit M. Gantz.

« Toutes les options sont sur la table pour empêcher un Iran nucléaire, même si je favoriserai toujours, et nous devrions toujours favoriser la diplomatie », a-t-il déclaré en anglais. « Mais s’il le faut, toutes les options [sont] sur la table. Ce n’est pas un slogan. C’est une réalité. Je sais de quoi je parle. »

Gantz, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne et novice en politique, a été accusé par ses rivaux politiques de partis de droite d’avoir soutenu l’accord nucléaire conclu avec la République islamique en 2015 par six puissances mondiales.

Netanyahu a été l’un des principaux détracteurs de l’accord, affirmant qu’il permettait à l’Iran d’acquérir un large arsenal nucléaire dans un court laps de temps.

Ces questions exigent moins de discussions – plus d’action. Par les voies diplomatiques, les réseaux de soutien et, au besoin, les opérations

Dans son discours de 15 minutes, Gantz n’a pas mentionné nommément Netanyahu, mais a laissé entendre qu’il parle trop et fait trop peu pour la sécurité d’Israël.

« Kakhol lavan est la plus grande faction du Parlement israélien. Les 100 ans d’expertise combinée de notre direction en matière de sécurité sont inégalés par aucune autre faction de notre institution », a-t-il dit, faisant référence aux chefs de parti et aux anciens chefs de l’armée Moshe Yaalon et Gabi Ashkenazi.

« Je connais très bien les besoins, les risques et les réponses requises », a poursuivi M. Gantz. « Ces questions exigent moins de discussions – plus d’action. Par les voies diplomatiques, les réseaux de soutien et, si nécessaire, les opérations. »

Citant les nombreux défis d’Israël, il a appelé de ses vœux un « gouvernement d’unité libérale large » qui soit stable, responsable et pragmatique.

Dans une pointe lancée à Netanyahu, qui est suspecté dans trois affaires de corruption distinctes, Gantz a poursuivi en disant que les Israéliens doivent savoir que leur direction « est pragmatique et a la main ferme sur la barre pour le bien de l’État d’Israël – pas pour des questions juridiques personnelles ».

M. Gantz a consacré une partie importante de son discours aux relations entre Israël et la diaspora, jurant que Jérusalem soutiendra toujours les communautés juives à travers le monde.

« En tant qu’ancien chef d’état-major de Tsahal, en tant que leader politique chargé de former le prochain gouvernement de l’État juif – et surtout, en tant que Juif – je dis à nos frères et sœurs dans le monde : Israël se tient avec vous, derrière vous, et là où c’est nécessaire, devant vous », a-t-il dit.

Au cours de la dernière décennie, les liens entre les Juifs d’Israël et d’ailleurs – qu’il a qualifié d’“arme secrète” des Juifs – ont commencé à se détériorer, selon M. Gantz.

« Quand je serai Premier ministre d’Israël, je soutiendrai tous les courants du judaïsme », a-t-il déclaré sous les applaudissements enthousiastes des délégués de l’Agence juive. « Nous faisons partie d’une mosaïque colorée et inspirante de cultures et de traditions. Et je nourrirai ce pluralisme. »

Des jeunes filles juives dans la section de prière pluraliste du mur Occidental de la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 janvier 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Il a également promis de « promouvoir la mise en œuvre » d’un accord actuellement gelé pour rendre l’esplanade du mur Occidental plus accommodante pour les courants non orthodoxes. « Le mur Occidental est assez long pour nous tous, ensemble », a-t-il dit.

Le projet, approuvé par le cabinet en janvier 2016, aurait vu la mise en place d’un pavillon de prière pluraliste bien aménagé – par opposition aux arrangements temporaires actuels – sous un contrôle conjoint impliquant tous les courants majeurs du judaïsme.

De nombreuses organisations juives, dont l’Agence juive et les Fédérations juives d’Amérique du Nord, ont dénoncé avec amertume le revirement du gouvernement et ont menacé de protester jusqu’à son annulation.

Cependant, Netanyahu n’a cessé de réfuter les appels au déblocage de l’accord de 2016, citant la ferme opposition de ses partenaires de la coalition ultra-orthodoxe à toute initiative qui pourrait être considérée comme légitimant un judaïsme pluraliste.

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