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Gay Pride de Netivot : 2 hommes arrêtés pour menaces

Les hommes nient être à l'origine des menaces de mort proférées il y a deux semaines contre la mère de l'organisateur, qui s'est dit « soulagée »

Illustration : Personne menottée. (Crédit : YakobchukOlena/iStock, par Getty Images)
Illustration : Personne menottée. (Crédit : YakobchukOlena/iStock, par Getty Images)

Deux hommes ont été interpellés jeudi, soupçonnés d’avoir adressé des menaces de mort à la mère de l’un des organisateurs de la Gay Pride à Netivot, dans le sud du pays.

La marche avait été annulée, il y a deux semaines, suite à des manifestations organisées devant le domicile de cette femme et à la découverte d’une balle de revolver devant son lieu de travail.

Les deux suspects, âgés de 32 et 35 ans, tous deux résidents de Netivot, nient les faits. Le tribunal de première instance de Beer Sheva a ordonné leur maintien en détention pendant cinq jours.

Ils sont soupçonnés d’avoir déposé la balle et vandalisé la voiture de la victime lors d’une manifestation à son domicile, à Maagalim, communauté située au sud de Netivot.

La victime a confié à la Douzième chaîne se sentir « grandement soulagée, heureuse que la police ait pris les menaces au sérieux ».

Elle a confié « ne pas avoir dormi ces deux dernières semaines et avoir craint pour sa vie ».

Le mois dernier, l’organisation Aguda, qui fédère les groupes LGBTQ en Israël, avait déclaré dans un communiqué annuler la marche prévue à Netivot « pour des questions de sécurité et de bien-être des membres de la communauté ».

Les députés ont condamné les événements à l’origine de cette annulation et appelé à ce que le défilé, prévu début juin, ait lieu comme prévu.

Les interpellations ont eu lieu au moment où la police était sur le qui vive dans la capitale avant le défilé prévu jeudi, suite à des menaces proférées contre un des organisateurs et des députés qui avaient prévu d’y assister. Les menaces évoquaient le meurtre d’un adolescent lors du défilé de 2015.

Le défilé de la Gay Pride à Jérusalem est toujours un moment de fortes tensions, avec des contre-manifestations systématiques de la part de religieux ainsi que de la droite et le souvenir de ce meurtre.

Ces tensions se sont renforcées, mercredi, après la découverte d’un message envoyé à la directrice de la communauté des portes ouvertes de Jérusalem, Emuna Klein Barnoy, l’avertissant: « Nous ne laisserons pas la Gay pride avoir lieu à Jérusalem. Jérusalem est la ville sainte. Il va vous arriver la même chose qu’à Shira Banki. »

Le même message a été adressé aux députés Gilad Kariv (Travailliste), Naama Lazimi (Travail) et Eitan Ginzburg (Kakhol Lavan). Le président de la Knesset, Mickey Levy, avait également prévu de prendre part au défilé.

Mercredi soir, la police a annoncé avoir appréhendé un homme d’une vingtaine d’années, qu’elle soupçonne d’être à l’origine des menaces. L’identité de cet homme, qui vit à Jérusalem, n’a pas été révélée. Il devait être traduit devant un tribunal, jeudi, pour une prolongation de sa détention provisoire.

Selon la Douzième chaîne, les menaces ont été envoyés sur Facebook et Twitter à partir d’un compte portant le nom de « Frères de Yishai Schlissel ».

Schlissel, juif ultra-orthodoxe, avait poignardé à mort Shira Banki, âgé de 16 ans, lors du défilé de 2015, trois semaines seulement après sa libération de prison où il avait purgé une peine de huit ans pour une attaque au couteau perpétrée lors de ce même défilé, 10 ans plus tôt.

Ces défilés ont lieu chaque année, dans plusieurs villes du pays. Tel Aviv accueille le défilé le plus important, avec des dizaines de milliers de participants. Il doit avoir lieu cette année le 10 juin.

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