Gaza: Des lanceurs de cerfs-volants menacent d’aller plus loin après les frappes
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Gaza: Des lanceurs de cerfs-volants menacent d’aller plus loin après les frappes

Les sources palestiniennes ont fait état de 2 blessés à Beit Hanoun ; le cabinet ordonne à l'armée d'adopter une position plus agressive contre les attaques incendiaires

Des manifestants palestiniens brandissent des ballons avant de les équiper de matériel inflammable pour les faire voler vers Israël, à la frontière entre Israël et Gaza, dans la bande centrale de Gaza, le 14 juin 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Des manifestants palestiniens brandissent des ballons avant de les équiper de matériel inflammable pour les faire voler vers Israël, à la frontière entre Israël et Gaza, dans la bande centrale de Gaza, le 14 juin 2018. (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Un groupe de jeunes palestiniens, qui ont lancé des cerfs-volants et des ballons incendiaires sur le sud d’Israël, a menacé d’intensifier ses activités dimanche, après que plusieurs de ses membres ont été blessés par des frappes israéliennes plus tôt dans la journée.

Autoproclamés « Les Fils de Zouari », ils ont déclaré qu’ils mèneront « une riposte qualitative » contre Israël au regard des représailles militaires contre les activités incendiaires du groupe palestinien, selon des informations partagées sur les réseaux sociaux palestiniens et selon une source qui s’est exprimée sous le couvert de l’anonymat.

Dimanche, l’armée israélienne a mené trois frappes de drones contre des Palestiniens qui lançaient des cerfs-volants et des ballons incendiaires sur le sud d’Israël et a fait trois blessés, selon les médias palestiniens.

La première de ces frappes a eu lieu autour de minuit, à l’est de la ville palestinienne de Beit Hanoun, dans la bande de Gaza. Selon les médias palestiniens, une personne a été blessée par cette frappe.

Un ballon transportant des combustibles envoyé vers Israël par des Palestiniens, à l’est de Gaza City, le 29 juin 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

L’armée israélienne a confirmé avoir mené cette frappe, affirmant que les Palestiniens ciblés étaient membres du groupe terroriste du Hamas, qui dirige l’enclave.

La seconde frappe est survenue une heure après, au sud de la bande de Gaza. Aucun blessé n’a été signalé.

La troisième frappe s’est produite après 17 heures, à l’est de Beit Hanoun également. Le porte-parole du ministère de la Santé à Gaza, contrôlé par le Hamas, Ashraf al-Qidra, a fait état de deux blessés.

Ce type d’attaques incendiaires ont déclenché de nombreux feux en Israël depuis le mois d’avril. Selon les autorités israéliennes, cette pratique a commencé à petite échelle, avant d’être cooptée et encouragée par le Hamas.

Les cerfs-volants et la ballons, dont certains sont explosifs, ont ravagé les communautés du sud d’Israël aux abords de la bande de Gaza. Les incendies engendrés ont calciné près de 2 832 d’hectares de terres et causé des dégâts estimés à plusieurs millions de shekels.

Les pompiers éteignent un incendie dans un champ allumé par des des combustibles attachés à des cerfs-volants envoyés depuis la bande de Gaza par des Palestiniens, le 27 juin 2018 (Crédit : Flash90)

Dimanche, le cabinet de sécurité a ordonné à l’armée d’adopter une position plus agressive contre les attaques incendiaires.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réaffirmé dimanche qu’Israël ne tolérerait pas ces attaques incendiaires, qui ont carbonisé des dizaines de milliers de dounams de forêts et de pâturages, et déclenché six nouveaux incendies dimanche.

Jusqu’à maintenant, l’armée israélienne s’était abstenue de tirer directement sur les lanceurs de cerfs-volants et tirait des coups de semonce ou frappait les infrastructures qu’ils utilisaient pour mener leurs attaques.

Dans certains cas, l’armée menait des frappes ultérieurs contre des positions du Hamas, en riposte aux attaques incendiaires.

Les menaces des « Fils de Zouari » sont survenues quelques heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas, après l’une des confrontations les plus sévères entre Israël et le Hamas depuis la guerre de 2014.

Des gens regardent la cour d’une habitation qui a été frappée par une roquette de Gaza dans la ville de Sdérot, dans le sud d’Israël, le 14 juillet 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Pendant le week-end, les terroristes palestiniens ont tiré plus de 200 roquettes et missiles sur les communautés israéliens aux abords de Gaza. En représailles, l’armée a ciblé des dizaines de positions du Hamas dans l’enclave palestinienne.

Netanyahu a déclaré que l’armée israélienne a infligé au Hamas son « coup le plus dur » avec ces frappes nocturnes.

« Notre politique est claire : quiconque nous attaques se verra attaqué avec force. C’est ce que nous avons fait hier », a-t-il dit. « J’espère qu’ils ont compris le message. Sinon, ils finiront par le comprendre. »

Des jeunes palestiniens devant un immeuble touché par des frappes israéliennes dans le camp de réfugiés Shati, au nord de la bande de Gaza, le 14 juillet 2018. (Crédit : AFP / MAHMUD HAMS)

Le Premier ministre a démenti que le cessez-le-feu négocié par l’Egypte ne portait pas sur la fin des attaques incendiaires.

« C’est faux. Nous ne sommes pas prêts à accepter des attaques et nous riposterons comme il se doit », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense Avidgor Liberman a également averti que le Hamas « paierait le prix fort » s’il ne mettait pas fin aux hostilités.

« C’est important de souligner que nous n’avons aucunement l’intention de tolérer cela – ni les roquettes, ni les cerfs-volants, ni les drones – rien », a-t-il dit au début de la réunion du cabinet dimanche. « J’espère que le Hamas en a tiré ses conclusion, et s’il ne l’a pas fait, il devra en payer le prix fort. »

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