GB : Diplomates et conseillers de J. Major en conflit sur l’Orient House en 1995
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GB : Diplomates et conseillers de J. Major en conflit sur l’Orient House en 1995

Selon des documents, l'ex-Premier ministre John Major craignait qu'un voyage d'un ministre britannique au quartier général de l'OLP à Jérusalem ne vienne gâcher sa visite en Israël

Le Premier ministre Yitzhak Rabin (à droite) salue son homologue britannique John Major au bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Bureau de presse du gouvernement)
Le Premier ministre Yitzhak Rabin (à droite) salue son homologue britannique John Major au bureau du Premier ministre à Jérusalem. (Bureau de presse du gouvernement)

Le ministère britannique des Affaires étrangères et les principaux collaborateurs du Premier ministre de l’époque, John Major, se sont disputés pour savoir si un ministre du gouvernement devait visiter le siège de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Jérusalem lors d’un voyage du Premier ministre en Israël en 1995, comme le montrent des documents récemment publiés.

Le ministère des Affaires étrangères a soutenu que la politique de l’UE était que les hauts fonctionnaires en tournée en Israël visitent la Orient House à Jérusalem-Est et que ce serait un « écart important » par rapport à la pratique acceptée si Douglass Hogg, alors ministre d’État aux Affaires étrangères, l’ignorait, selon un article du Guardian.

Le bureau du Premier ministre britannique craignait toutefois qu’une visite de Hogg à la Orient House n’assombrisse le voyage en Israël, après des pressions exercées contre une telle visite par les Juifs britanniques.

« Ces chameaux du ministère des Affaires étrangères n’abandonnent jamais. Je suis étonné qu’ils nous aient permis d’aller en Israël », a écrit Roderic Lyne, secrétaire particulier de Major, dans une note du Foreign Office, en référence apparente au « Camel Corps » des diplomates britanniques au Moyen Orient.

L’Orient House à Jérusalem-Est, le 14 octobre 2007. (Nati Shohat/Flash90)

Edward Oakden, un autre des secrétaires privés de Major, a déclaré que le Premier ministre britannique avait une « forte inclination » contre la visite de la Orient House, car il devait déjà rencontrer le chef de l’OLP Yasser Arafat dans la bande de Gaza.

« Je suis d’accord. Notre plus grande priorité est le succès de la visite en Israël. Nous ne devrions pas risquer de la ternir », a écrit Lyne en réponse.

Le chef de l’OLP Yasser Arafat reçoit le Premier ministre britannique John Major dans la ville de Gaza, le 14 mars 1995. (AP Photo/Jerome Delay)

« Les sensibilités israéliennes à ce sujet sont clairement assez fortes. Et nous ne voulons pas que la querelle sur le statut de Jérusalem se répète ici. Il est temps de s’opposer au lobby arabisant du FCO ! » [Foreign and Commonwealth Office], a-t-il ajouté.

Lyne a également contacté l’ambassadeur britannique en Israël pour savoir s’il avait été consulté au sujet de la visite de Hogg à l’Orient House.

« C’est un peu vexant, mais je me méfie des chameaux. Ils peuvent paraître inoffensifs, mais ils peuvent vous attirer des ennuis », a-t-il écrit. « Ça sent un peu le poisson pour moi (les chameaux peuvent sentir le poisson ?) »

Hogg n’a finalement pas fait le voyage pour éviter un accrochage avec Israël, selon The Guardian, le gouvernement britannique citant officiellement des engagements antérieurs à Londres.

Andrew Green, un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères sur le Moyen Orient, a effectué la visite de l’Orient House à la place de Hogg.

Les activités de l’Orient House, qui est un symbole de la présence palestinienne dans la ville, ont été interrompues par Israël en août 2001 en réponse à l’attentat terroriste mené contre la pizzeria Sbarro à Jérusalem cette année-là, où un kamikaze palestinien a tué 15 personnes et en a blessé plus d’une centaine d’autres.

Major, qui a été Premier ministre de 1990 à 1997, a été accueilli à Jérusalem lors de sa visite en mars 1995 à l’invitation de son homologue Yitzhak Rabin. Il est revenu plus tard cette année-là pour les funérailles de Rabin après que le Premier ministre israélien eut été assassiné par un extrémiste juif qui s’opposait aux accords de paix d’Oslo avec les Palestiniens.

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