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Guterres: Gaza est un « cimetière pour enfants » ; Erdan lui demande de démissionner

Le Secrétaire général de l'ONU qualifie la situation dans la bande de Gaza de "punition collective" et demande un cessez-le-feu ; l'ambassadeur israélien rétorque que ses remarques témoignent d'une "morale pourrie"

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s'adressant aux médias à son arrivée à un sommet de l'UE dans le bâtiment du Conseil européen, à Bruxelles, le 23 mars 2023. (Crédit : Geert Vanden Wijngaert/AP)
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s'adressant aux médias à son arrivée à un sommet de l'UE dans le bâtiment du Conseil européen, à Bruxelles, le 23 mars 2023. (Crédit : Geert Vanden Wijngaert/AP)

Le chef de l’ONU Antonio Guterres a appelé un cessez-le-feu urgent dans la guerre entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, une possibilité rejetée par le Premier ministre israélien. Dans le même temps, il a déclaré que la bande de Gaza est devenue « un cimetière pour les enfants ».

La « catastrophe » provoquée par la guerre entre Israël et le Hamas « rend la nécessité d’un cessez-le-feu humanitaire plus urgente à chaque heure qui passe », a plaidé lundi le secrétaire général de l’ONU, décrivant Gaza comme « un cimetière pour les enfants ».

L’envoyé d’Israël à l’ONU a déclaré que M. Guterres devait démissionner pour ne pas avoir appelé le Hamas à se rendre, et le ministre des Affaires étrangères de Jérusalem a critiqué le chef de l’ONU pour ne pas avoir dénoncé le groupe terroriste comme étant à l’origine du problème dans l’enclave côtière palestinienne.

Israël mène une offensive militaire à Gaza pour détruire le Hamas, après que le groupe terroriste a mené un assaut massif dans le sud d’Israël le mois dernier, tuant plus de 1 400 personnes, en grande majorité des civils, dont beaucoup ont été massacrés avec une violence inouïe. En outre, plus de 240 personnes ont été enlevées en Israël et sont retenues en captivité à Gaza.

« Les parties au conflit, et la communauté internationale, font face à une responsabilité immédiate et fondamentale: mettre un terme à cette souffrance collective inhumaine et augmenter radicalement l’aide humanitaire à Gaza », a déclaré Antonio Guterres à la presse.

« Le cauchemar à Gaza est plus qu’une crise humanitaire, c’est une crise de l’humanité », a-t-il commenté, répétant dans le même temps sa condamnation des « actes terroristes odieux » du Hamas du 7 octobre, et a fustigé le mouvement groupe terroriste qui utilise « les civils comme boucliers humains et continue à tirer des roquettes vers Israël sans distinction ».

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, portant une étoile de David jaune sur laquelle on peut lire  » Plus jamais ça  » en l’honneur des personnes tuées lors de l’attaque sans précédent du Hamas alors qu’il s’adresse aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU au siège de l’ONU, à New York, le 30 octobre 2023. (Crédit : Eduardo Munoz Alvarez/AP Photo)

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Gilad Erdan, a déclaré en réponse que M. Guterres avait une « morale pourrie » pour ne pas avoir appelé avec insistance le Hamas à se rendre ni exigé la libération des 240 otages au moins détenus dans la bande de Gaza. En ne le faisant pas, M. Guterres « a perdu son sens moral et ne doit pas rester une minute de plus à son poste », a posté M. Erdan sur X, anciennement Twitter.

« Tout représentant de l’ONU qui fait une fausse comparaison morale entre une organisation terroriste brutale qui commet des crimes de guerre et une démocratie respectueuse des lois prouve qu’il a une morale pourrie et devrait immédiatement démissionner de son poste », a ajouté M. Erdan.

Le ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, a réagi en publiant un message sur le sort des otages, parmi lesquels se trouvent des dizaines d’enfants, dont certains sont en bas âge.

« Honte à vous », a-t-il écrit en s’adressant à M. Guterres. « Plus de 30 mineurs, dont un bébé de 9 mois, des enfants en bas âge et des enfants qui ont assisté à l’assassinat de leurs parents de sang-froid, sont retenus contre leur gré dans la bande de Gaza.

« Le Hamas est le problème à Gaza, et non les mesures prises par Israël pour éliminer cette organisation terroriste », a écrit M. Cohen.

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le conflit Israël-Hamas, au siège de l’ONU à New York, le 24 octobre 2023. (Crédit : Timothy A. Clary/AFP)

Le 7 octobre, quelque 3 000 terroristes du Hamas ont fait irruption à la frontière avec la bande de Gaza et se sont déchaînés de manière meurtrière dans les régions du sud d’Israël, envahissant les communautés et massacrant ceux qu’ils trouvaient. Hommes, femmes et enfants ont été massacrés, des familles entières assassinées, parfois brûlées vives dans leurs maisons. Des dizaines de bébés ont été mutilés, des femmes violées et des victimes torturées. Quelque 260 personnes ont été fauchées par des hommes armés lors d’un festival de musique en plein air. L’attaque s’est déroulée sous un barrage de milliers de roquettes tirées sur Israël. Le Hamas et d’autres groupes terroristes ont continué à faire pleuvoir des roquettes sur Israël, déplaçant plus de 200 000 personnes.

Selon le ministère de la santé de Gaza, dirigé par le Hamas, 10 222 personnes sont mortes, dont plus de 4 000 enfants, dans la bande de Gaza depuis qu’Israël a lancé ses frappes en représailles. Ces chiffres non vérifiés ne font pas de distinction entre les terroristes et les civils, ni entre les personnes tuées par les frappes israéliennes et celles tuées par les centaines de roquettes des groupes terroristes qui sont tombées à l’intérieur de la bande de Gaza. Ils classent toute personne de moins de 18 ans dans la catégorie des enfants, même les agents terroristes mineurs.

Israël affirme qu’il frappe l’infrastructure terroriste et s’efforce d’éviter les victimes civiles. Il accuse le Hamas d’utiliser la population civile comme bouclier humain.

M. Guterres a également déploré les morts de professionnels des médias. Selon le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York, au moins 36 journalistes et professionnels des médias ont été tués.

« Plus de journalistes auraient été tués en une période de quatre semaines que dans aucun autre conflit ces trois dernières décennies », a ajouté Antonio Guterres, alors que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a dénombré lundi au moins 36 journalistes et employés de médias (31 Palestiniens, 4 Israéliens, 1 Libanais) tués depuis le 7 octobre.

Et « plus de travailleurs humanitaires de l’ONU ont été tués que lors de période comparable dans l’histoire de notre organisation », a déploré le secrétaire général, rendant hommage aux 89 membres de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) tués.

L’ONU vient de lancer un appel aux dons de 1,2 milliard de dollars pour aider 2,7 millions de personnes (la totalité des habitants de la bande de Gaza et 500.000 habitants de Cisjordanie et de Jérusalem-Est).

Guterres a par ailleurs insisté sur l’aide humanitaire insuffisante passant par Rafah, point de passage avec l’Egypte. Avec 400 camions en deux semaines, « le goutte à goutte d’aide n’est rien face à l’océan de besoins », a-t-il souligné, déplorant l’absence de carburant parmi cette aide.

Des camions transportant de l’aide humanitaire entrant dans le sud de la bande de Gaza depuis l’Égypte via le poste-frontière de Rafah, le 2 novembre 2023. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Des camions d’aide sont arrivés à Gaza depuis l’Égypte par le point de passage de Rafah, mais ils restent bien moins nombreux qu’avant le 7 octobre, Israël expliquant qu’il a besoin de temps pour effectuer les contrôles de sécurité des véhicules et qu’il n’apporte pas de carburant.

« Sans carburant, les nouveau-nés en couveuse et les patients sous assistance respiratoire mourront », a déclaré António Guterres.

Israël a imposé un blocus sur les importations de carburant dans la bande de Gaza, arguant que le Hamas l’utilise pour faire fonctionner son système d’armement et entretenir ses tunnels souterrains, et a limité l’entrée d’autres fournitures. Il affirme que le Hamas accumule du carburant qui pourrait être utilisé par la population civile.

« La voie à suivre est claire. Un cessez-le-feu humanitaire – maintenant. Toutes les parties doivent respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire », a déclaré M. Guterres.

Il s’est à nouveau alarmé des « violations manifestes du droit international humanitaire auxquelles nous assistons ».

« Permettez-moi d’être clair : aucune partie à un conflit armé n’est au-dessus du droit humanitaire international », a-t-il déclaré.

M. Guterres n’a pas désigné nommément Israël. Le 24 octobre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, il a scandalisé Israël en alléguant des violations du droit humanitaire et en déclarant que les attaques du Hamas « ne s’étaient pas produites hors de tout contexte », ce qui a conduit les responsables israéliens à accuser le chef de l’ONU de justifier la violence.

M. Guterres a nié que telle était son intention et a réitéré lundi sa condamnation des « actes de terreur odieux perpétrés par le Hamas », et a exhorté les terroristes islamistes à libérer les otages pris le 7 octobre.

Réunion du Conseil de sécurité peu concluante

Le Conseil de sécurité, qui depuis un mois a rejeté quatre projets de résolution, échouant à s’exprimer d’une seule voix, s’est à nouveau réuni lundi après-midi, sans résultat.

Selon des sources diplomatiques, les membres du Conseil sont notamment divisés sur la façon d’appeler à une interruption de la guerre, entre « cessez-le-feu humanitaire », « trêve » ou « pause ».

« Il y a des désaccords au sein du Conseil sur ce qui est acceptable », a commenté l’ambassadeur américain adjoint Robert Wood, rappelant que les Etats-Unis sont favorables à des « pauses ».

Si « tous les membres du Conseil » reconnaissent « l’urgence humanitaire », « il y a encore des écarts sur ce qui est faisable sur le terrain », a ajouté l’ambassadrice des Emirats arabes unis Lana Zaki Nusseibeh.

« De nombreux membres du Conseil reconnaissent que sans une cessation des hostilités ou une trêve humanitaire appliquée immédiatement (…), bien trop de civils continueront à perdre la vie », a-t-elle ajouté, assurant que le Conseil « ressent une pression immense pour parvenir à un accord ».

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