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Harris : « Les Israéliens méritent la sécurité, ne les confondez pas avec leur gouvernement »

La vice-présidente américaine s’est engagée à ce que Washington "soutienne la sécurité d'Israël et de son peuple", appellant à un cessez-le-feu de 6 semaines et à davantage d'aide humanitaire à Gaza

La vice-présidente américaine Kamala Harris avant que le président américain Joe Biden ne prononce le discours sur l'état de l'Union, lors d'une session conjointe du Congrès au Capitole, à Washington, le 7 mars 2024. (Crédit : Shawn Thew/Pool via AP)
La vice-présidente américaine Kamala Harris avant que le président américain Joe Biden ne prononce le discours sur l'état de l'Union, lors d'une session conjointe du Congrès au Capitole, à Washington, le 7 mars 2024. (Crédit : Shawn Thew/Pool via AP)

La vice-présidente américaine Kamala Harris a fait un distinguo entre les Israéliens et leur gouvernement dans une interview télévisée, vendredi, affirmant que les deux ne devraient pas être confondus.

Les Israéliens méritent la sécurité et les États-Unis continueront à « soutenir la sécurité d’Israël et de son peuple », a déclaré Harris à CBS, lorsqu’on lui a demandé si Jérusalem risquait de perdre le soutien de Washington en raison de sa gestion de la guerre à Gaza, déclenchée par le massacre du Hamas, le 7 octobre, en Israël.

Evoquant l’attaque du Hamas, Harris a parlé des victimes israéliennes « atrocement violentées et pour certaines, violées, le viol étant une arme de guerre », quelques jours après la présentation par un rapport d’experts de l’ONU des preuves des violences sexuelles systématiques commises par des terroristes lors de la tuerie brutale du 7 octobre dernier.

« Il est important pour nous de faire le distinguo ou, du moins, de ne pas confondre le gouvernement israélien avec le peuple israélien. Le peuple israélien a droit à la sécurité, tout comme les Palestiniens. Dans la même mesure », a-t-elle déclaré dans l’interview accordée à CBS News.

« Et notre devoir, ici aux États-Unis, consiste à faire ce qui doit être fait – et ce que nous avons toujours fait – pour défendre la sécurité d’Israël et de son peuple, et aussi, derrière des portes closes ou au grand jour, faire en sorte d’améliorer la situation à Gaza. »

Ses propos reflètent les frictions publiques toujours plus palpables entre la Maison Blanche et la coalition d’extrême-droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu au sujet de la guerre entre Israël et le Hamas. Dix jours plus tôt, le président Joe Biden laissait entendre que si Israël continuait avec ce « gouvernement incroyablement conservateur, et [le ministre de la Sécurité intérieure d’extrême droite Itamar] Ben Gvir et d’autres… Ils [allaient] perdre le soutien du monde entier. Ce qui n’est pas dans l’intérêt d’Israël ».

Jeudi, Biden avait été surpris en train de dire que Netanyahu et lui auraient bien besoin d’une réunion « Come to Jesus » – expression américaine pour parler d’une conversation franche – au sujet des questions humanitaires préoccupantes à Gaza.

La guerre à Gaza a éclaté dans le sillage de l’attaque brutale du Hamas, le 7 octobre, au cours de laquelle des milliers de terroristes se sont introduits en Israël par voie terrestre, aérienne et maritime, pour tuer près de 1 200 personnes et emmener 253 otages à Gaza, essentiellement des civils, dont 130 – pas tous en vie – sont toujours aux mains du Hamas.

Israël a riposté en déclarant la guerre au Hamas et s’est engagé à détruire le groupe terroriste palestinien et libérer les otages tout en faisant preuve de retenue afin de protéger les civils palestiniens qui, selon les autorités militaires, sont utilisés comme boucliers humains par les terroristes du Hamas qui se fondent dans la population civile de Gaza.

Le bilan humain est estimé par les autorités de la santé du Hamas à plus de 30 000, chiffre qui ne fait pas le distinguo entre civils et terroristes et ne peut être vérifié de manière indépendante. Selon Israël, ce bilan comprend près de 13 000 terroristes du Hamas morts au combat. Ce bilan met grandement à l’épreuve la tolérance des États-Unis envers l’offensive israélienne. Israël revendique par ailleurs la mort de près de 1 000 hommes armés sur le territoire israélien, le 7 octobre.

La « catastrophe humanitaire » à Gaza, telle que décrite par Harris, est un point de discorde entre Jérusalem et Washington.

Les Nations unies estiment que 2,2 millions de personnes – soit la majorité de la population de Gaza – sont menacées de famine, en particulier dans le nord où les destructions, les combats et les pillages rendent l’acheminement de l’aide humanitaire presque impossible.

Interrogée sur sa confiance en Netanyahu, Harris a répondu : « Ce conflit doit se terminer le plus tôt possible, et la manière dont il le fera est importante. Nous devons obtenir la libération des otages, nous avons besoin d’aide humanitaire et, au final, nous avons besoin d’une solution à deux États. »

Elle a réitéré les appels à un accord de cessez-le-feu temporaire, discuté au Caire la semaine dernière, et que de hauts responsables américains accusent le Hamas de retarder.

« Nous avons besoin de ce cessez-le-feu d’au moins six semaines pour acheminer l’aide aux civils innocents qui en ont désespérément besoin », a déclaré la vice-présidente américaine, reprenant ses propres propos de dimanche et d’une réunion avec le ministre de la Guerre, Benny Gantz lundi.

La vice-présidente américaine Kamala Harris (2e à droite) reçoit le ministre du cabinet de guerre Benny Gantz (2e à gauche) à la Maison Blanche, le 4 mars 2024. (Crédit : Cabinet de la vice-présidente Kamala Harris)

Harris est l’une des nombreuses autorités américaines à s’être entretenue avec Gantz lors d’une visite sans doute destinée à apaiser les tensions entre Israël et les États-Unis. Ses propos traduisent une profonde frustration au sein du gouvernement américain face à cette guerre, qui porte tort à Biden vis-à-vis de ses électeurs de gauche, au moment où il brigue un nouveau mandat cette année.

« Le peuple de Gaza meurt de faim. Leurs conditions de vie sont inhumaines. Notre humanité commune nous oblige à agir », a déclaré Harris, dimanche, lors d’un événement en hommage au 59e anniversaire du « Bloody Sunday » en Alabama. « Nous avons le cœur brisé en pensant à… tous ces innocents, à Gaza, qui connaissent ce qui est à l’évidence une catastrophe humanitaire. »

Ces propos sont quelque part les plus sévères jamais formulés par un haut dirigeant du gouvernement américain sur les conditions de vie dans l’enclave côtière.

« Le gouvernement israélien doit en faire plus pour favoriser l’acheminement de volumes plus importants d’aide humanitaire. Il n’y a pas à transiger là-dessus », a-t-elle déclaré. « Ils ne doivent pas imposer de restrictions inutiles à l’acheminement de cette aide. »

Dans son discours sur l’état de l’Union jeudi soir, Biden a défendu le droit d’Israël de s’attaquer au Hamas suite à l’attaque terroriste du groupe terroriste, le 7 octobre, tout en exprimant son mécontentement face au bilan humanitaire de la guerre.

« Aux dirigeants d’Israël, je dis ceci : l’aide humanitaire ne peut pas être une question secondaire ou une monnaie d’échange. Protéger et sauver des vies innocentes doit être la priorité », a déclaré Biden, alors que Washington continue de durcir le ton avec Israël tout en maintenant son soutien global à Israël.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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