Hausse de 54 % des incidents homophobes en Israël en 2018
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Hausse de 54 % des incidents homophobes en Israël en 2018

L'association pour l'Egalité LGBTQ en Israël affirme qu'un incident anti-gay se produit toutes les dix heures en moyenne dans le pays

Les participants à la Gay Pride de Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)
Les participants à la Gay Pride de Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)

Dans un rapport remis dimanche au président d’Israël, le plus important groupe de défense de droits des gays a déclaré qu’on a assisté, en 2018, à un bond de 54 % du nombre d’incidents homophobes recensés par rapport à l’année précédente.

L’Association pour l’Egalité LGBTQ en Israël, ou Aguda, a déclaré au président Reuven Rivlin qu’un incident anti-gay avait lieu toutes les dix heures en moyenne en Israël. Sur les réseaux sociaux, un commentaire homophobe est détecté toutes les quatre minutes, a-t-elle ajouté.

« 2018 a battu des records d’homophobie dans la société israélienne », a déclaré dimanche Hen Arieli, le président d’Aguda.

Elle a fustigé le gouvernement pour avoir « couvert » des homophobes « en refusant systématiquement de nous accorder nos droits, en autorisant des ministres et des religieux à nous discriminer nous et nos familles, sans faire avancer l’égalité et la sécurité personnelle ».

« L’homophobie est une maladie qui doit être soignée par des efforts communs et non pas encouragée ».

D’après le rapport, 25 % des plaintes, qui incluent des actes de violence, des discours haineux, de la discrimination ou du harcèlement, concernaient des incidents constatés dans l’espace public. Pour le reste des plaintes enregistrées, 22 % des incidents se produisent sur Internet ou dans les médias, 15 % à la maison ou dans le cercle familial et 13 % sur le lieu de travail.

Les participants se rassemblent pour le défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : AFP / Gali TIBBON)

Le plus grand nombre d’incidents rapportés l’ont été dans les plus grandes villes — Tel Aviv (33 % de tous les incidents), Jérusalem (15 %), Haïfa (9,5 %), Beer Sheva (7,5 %), Ashkelon (5 %), Holon (5 %) et Rishon Lezion (4 %).

Des hausses significatives ont été constatées à Rishon Lezion, Holon et à Ashkelon en 2018.

La majorité des plaintes concernaient des incidents haineux visant des hommes (45 %) ou des membres de la communauté transgenre (38 %). En général, les Israéliens transgenres sont la plus grande cible de harcèlement. Même s’ils ne constituent qu’une part infime de la communauté LGBT, ils représentent 24 % des publications haineuses repérées par Aguda sur Internet. Les gays et les bisexuels sont visés par 50 % de ces publications, 23 % ciblent la communauté de manière générale et 3 % visent les femmes homosexuelles et bisexuelles.

Plus de deux-tiers (ou 69 %) des auteurs de publications en ligne contre les gays sont des hommes.

Environ 8 % des plaintes ont concerné des déclarations publiques faites par des personnalités connues – des personnalités des médias (46 %), des rabbins (31 %), des membres de conseils municipaux (15 %) et des membres de la Knesset (8 %).

Des manifestants pour les droits des LGBT défilent sur l’autoroute Ayalon de Tel-Aviv, le 22 juillet 2018 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Le rapport indique également que 7 % des incidents ont eu lieu dans des établissements d’enseignement, particulièrement chez les jeunes adultes – 78 % d’entre eux dans des lycées, 20 % dans des écoles d’enseignement supérieur ou à l’université et 2 % dans les écoles élémentaires.

Par ailleurs, 5 % des incidents sont survenus dans les services israéliens de sécurité – 75 % dans l’armée israélienne, 25 % dans les services de police et les prisons. Aucun chiffre n’a été transmis pour les agences plus secrètes – le Mossad et le Shin Bet.

Les auteurs du rapport ont pris soin de noter que les chiffres ne reflètent pas le nombre d’agressions ou de harcèlements, mais seulement le nombre de fois où des victimes ou autres ont rapporté leur existence. Quand une ville présente un grand nombre de tels incidents – comme Tel Aviv – cela ne reflète pas nécessairement une plus grande homophobie, mais une plus grande détermination à dénoncer les actes et harcèlement homophobes ou transphobes.

Selon Arieli, « nous avons vu comment, de manière systématique, les villes qui organisent une marche de la Gay pride et des événements constatent une baisse des discours haineux contre la communauté. »

C’est la sixième année qu’Aguda publie ce rapport.

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