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« Ils tirent depuis les airs et la mer » : un Israélien raconte sa fuite de Marioupol

Romaz, qui se trouve en Pologne, a l'intention d'aller en Israël ; il affirme que les forces ukrainiennes ont empêché l'armée russe de prendre le contrôle de la ville portuaire

Des évacués de Marioupol arrivent sur le parking d'un centre commercial à la périphérie de la ville de Zaporizhzhia, qui est maintenant un centre d'enregistrement pour les personnes déplacées, le 16 mars 2022. Des évacués épuisés et tremblants parlent de voyages d'évasion pénibles et de cadavres en décomposition qui jonchent les rues. (Crédit : Emre Caylak/AFP)
Des évacués de Marioupol arrivent sur le parking d'un centre commercial à la périphérie de la ville de Zaporizhzhia, qui est maintenant un centre d'enregistrement pour les personnes déplacées, le 16 mars 2022. Des évacués épuisés et tremblants parlent de voyages d'évasion pénibles et de cadavres en décomposition qui jonchent les rues. (Crédit : Emre Caylak/AFP)

Un Israélien a raconté mardi son évasion de la ville ukrainienne assiégée de Marioupol, soumise à d’incessants bombardements russes.

« L’armée russe continue de bombarder la ville, mais l’armée ukrainienne l’empêche d’entrer dans la ville », a déclaré l’homme, identifié uniquement par son prénom Romaz, à la radio israélienne 103FM, précisant que le bruit des explosions était constant, mais que « la situation n’a pas beaucoup changé ».

Romaz a raconté que « les Russes lancent des tirs d’artillerie, et conduisent [des frappes aériennes] depuis des avions, ainsi que des tirs de canons depuis des navires de guerre situé en mer ».

Il a ajotué que « peu de gens parviennent à s’échapper de la ville, même à pied », mais certains ont réussi à atteindre la ville de Manhush, à une vingtaine de kilomètres.

« Dès que vous quittez la ville, juste à la frontière, l’armée russe est déjà là. Juste à la limite de la ville… et ils laissent passer les réfugiés », a déclaré Romaz en sécurité depuis peu à Lublin en Pologne, à la radio israélienne.

Il a dit qu’il avait entendu parler de personnes emmenées contre leur gré en Russie, mais qu’il n’en pas connaissait personnellement, et qu’il pensait que cela se produisait sur le flanc est de la ville.


Des Ukrainiens fuyant la ville assiégée de Marioupol avec d’autres passagers de Zaporizhzhia arrivent à Lviv, en Ukraine occidentale, le 20 mars 2022. (Crédit : Bernat Armangue/AP Photo)

« Hier, nous avons traversé la frontière avec la Pologne – nous sommes arrivés dans une zone assez grande, où il y avait beaucoup de réfugiés, des milliers », a-t-il dit.

« On a mangé, on a fait le point sur les informations, on a rencontré des amis du Joint [Distribution Committee] et de l’Agence juive », s’est-il souvenu, précisant qu’il espère prendre l’avion pour rentrer en Israël dans les prochains jours ».

Des habitants ayant fui la ville ravagée ont décrit à l’ONG Human Rights Watch « un enfer glacial, avec des rues jonchées de cadavres et de décombres d’immeubles détruits », et « des milliers de personnes coupées du monde dans une ville assiégée », terrées dans des sous-sols sans eau, nourriture, électricité ni communications.

Majoritairement russophone, Marioupol, stratégiquement située entre la Crimée (sud) et le territoire séparatiste de Donetsk (est), est bombardée depuis des semaines par les Russes. Le gouvernement ukrainien a rejeté un ultimatum de Moscou exigeant la reddition de la ville, où des chars russes sont entrés et les combats se poursuivent.

L’AFP a contribué à cet article.

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