Israël appelle le Pakistan à traduire les terroristes de Bombay en justice
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Israël appelle le Pakistan à traduire les terroristes de Bombay en justice

Lors des commémorations du 10e anniversaire des attentats de Bombay, à l'ambassade indienne de Tel Aviv, le grand-père Moshe Holtzberg a parlé d'une attaque "contre nous tous"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le maison du Habad de Bombay, où le rabbin Gavriel Holtzberg, 29 ans, et son épouse Rivkah, 28 ans , ont été assassinés par des terroristes islamistes pakistanais, le 25 décembre 2008. (Crédit : Serge Attal/Flash90)
Le maison du Habad de Bombay, où le rabbin Gavriel Holtzberg, 29 ans, et son épouse Rivkah, 28 ans , ont été assassinés par des terroristes islamistes pakistanais, le 25 décembre 2008. (Crédit : Serge Attal/Flash90)

Un diplomate israélien a appelé lundi à traduire en justice les terroristes responsables des attentats meurtriers de Bombay, qui ont eu lieu il y a précisément 10 ans.

Lors d’une cérémonie commémorative organisée à l’ambassade indienne à Tel Aviv, Michael Ronen, qui dirige la division de l’Asie du sud et du sud-est au ministère des Affaires étrangères, a appelé tous les gouvernements, y compris le Pakistan, à garantir que les auteurs et les complices de cet attentat soient traduits en justice.

Ronen a déclaré qu’il était « important de rendre justice aux victimes et à leurs familles », selon un communiqué de presse diffusé par l’ambassade indienne.

Les attentats remontent au 26 novembre 2008, quand 10 terroristes islamistes, armés du fusils d’assaut AK-47 et de grenades, ont tué 166 personnes et blessé des centaines d’autres. Le massacre durera trois jours.

Diffusées sur les chaînes télévisées du monde entier, les évènements meurtriers du 26 novembre avaient été comparés à ceux du 11 septembre à New York. Ils ont été commémorés lundi en Inde.

Les attaques coordonnées dans la ville de plus de 20 millions d’habitants ont ciblé les hôtels de luxe, la gare centrale, un restaurant plein de touristes et le centre Habad de la ville, où 6 Israéliens ont trouvé la mort.

Ces attaques peuvent être perçus comme une intention visant à « attaquer la société indienne, l’économie et la culture, et les relations bilatérales grandissantes entre l’Inde et Israël », a déclaré Ronen.

De gauche à droite: Michael Ronen, Shimon Rosenberg, et Pavan Kapoor, lors de la cérémonie commémorative marquant le dixième anniversaire des attentats de Bombay, le 25 novembre 2018. (Autorisation)

Dans cette optique, « l’attaque terroriste a échoué misérablement, parce que l’économie indienne a continué à prospérer, sa culture reste invincible et les relations bilatérales continuent d’atteindre des sommets », a-t-il dit.

Le terrorisme ne peut être vaincu que grâce à la coopération internationale, a-t-il souligné, appelant encore une fois « le gouvernement pakistanais à s’assurer que justice soit rendue, pour les victimes et leurs familles ».

Ronen s’est fait l’écho d’un communiqué diffusé la veille par le secrétaire d’Etat à la Défense Mike Pompeo, qui a appelé Islamabad à prendre des mesures plus sévères envers l’organisation terroriste responsable de ce massacre.

Zaki-ur-Rehman Lakhvi, un Pakistainais, cerveau présumé des attentats de Bombay, après une audience à Islamabad, le 1 janvier 2015. (Crédit : AFP/Aamir QURESHI)

« C’est un affront aux familles des victimes qu’après 10 ans, ceux qui ont planifié les attentats de Bombay ne soient toujours pas inculpés pour leur implication », a-t-il dit.

« Nous appelons tous les pays, y compris le Pakistan, à remplir leurs obligations du Conseil de Sécurité de l’ONU et à mettre en oeuvre des sanctions contre les terroristes responsables de ce massacre, y compris Lashkar y-Tayyiba et ses associés. »

Les Etats-Unis ont offert 5 millions de dollars pour la capture des attaquants, a-t-il annoncé.

Les évenements de lundi à l’ambassade indienne de Tel Aviv ont débuté par une minute de silence. Shimon Rosenberg, qui a perdu sa fille et son gendre dans l’attentat, était président.

Rosenberg, le grand-père de Moshe Holtzberg, le garçon qui a accompagné le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Bombay l’an dernier et a dévoilé une plaque à la mémoire de ses parents au centre Habad local, a déclaré que l’attaque n’était pas juste contre sa famille, mais menée « contre nous tous, nous sommes tous une famille ».

Bien que 10 ans se soient écoulés depuis le massacre au centre Habad, Moshe Holtzberg est un « garçon fort et bon », qui, en dépit « des souvenirs douloureux », a l’intention de retourner à Bombay pour y célébrer sa bar-mitsva, a déclaré son grand-père.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Moshe Holtzberg, le fils de Rabbi Gavriel et Rivky Holtzberg, qui ont été tués lors de l’attaque terroriste du 26 novembre 2008 à Mumbay, au cours d’un hommage pour les victimes de l’attentat à la maison Nariman Habad à Mumbai. 18 janvier 2018. (GPO)

L’ambassadeur indien en Israël Pavan Kapoor a souligné que les attentats de Bombay étaient les pires attentats terroristes qui ont frappé son pays et « devraient motiver le monde à s’unir contre le terrorisme et à vaincre l’idéologie de la haine ».

Il a également déploré le fait que les Pakistanais qui ont planifié l’attentat n’aient pas encore été traduits en justice, et a demandé aux pays d’exhorter Islamabad à mettre en oeuvre des sanctions contre Lashkar-e-Tayyiba et ses complices.

Le rabbin Israel Kozlovsky, directeur du centre Habad de Nariman, montre l’impact de l’attaque terroriste de 2008, lors d’une visite à la veille du dixième anniversaire des attentats de Bombay, le 25 novembre 2018. (Crédit : PUNIT PARANJPE / AFP)

Kapoor et Ronen, le diplomate israélien, ont conclu la commémoration en allumant 25 bougies à la mémoire des 25 ressortissants étrangers tués durant ces attentats.

Plus tôt dans la journée de lundi, le directeur-général des Affaires étrangères Yuval Rotem a tweeté : « Israël est solidaire de l’Inde contre le terrorisme et en mémoire de ses victimes. Que leur souvenir soit béni. »

L’AFP a contribué à cet article.

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