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Israël arrête un élu jordanien qui voulait introduire des centaines d’armes en Cisjordanie

Imad al-Adwan a été appréhendé au pont d'Allenby avec une dizaine de fusils d'assaut et 200 armes de poing dans sa voiture, selon le ministère des Affaires étrangères

Le député jordanien Imad al-Adwan,  à gauche, qui aurait été arrêté au poste-frontière d'Allenby pour trafic d'armes. À droite : les armes de poing qui auraient été saisies dans son véhicule, le 23 avril 2023. (Crédit : Médias jordaniens)
Le député jordanien Imad al-Adwan, à gauche, qui aurait été arrêté au poste-frontière d'Allenby pour trafic d'armes. À droite : les armes de poing qui auraient été saisies dans son véhicule, le 23 avril 2023. (Crédit : Médias jordaniens)

Israël a arrêté un député jordanien qui est soupçonné d’avoir tenté d’introduire 200 armes et de l’or en Cisjordanie, a indiqué le ministère jordanien des Affaires étrangères dans un communiqué qui a été émis dimanche.

Selon Ammon, un média du royaume, cette arrestation a eu lieu samedi soir au poste-frontière d’Allenby alors qu’Imad Al-Adwan, le parlementaire, se dirigeait vers Israël en voiture.

Le ministère israélien des Affaires étrangères n’a, pour sa part, fait aucun commentaire.

Sur une vidéo à laquelle le Times of Israel a eu accès, une dizaine de fusils d’assaut de type AR-15 et environ 200 armes de poing sont posées sur le sol alors que les responsables israéliens sont en train de les répertorier.

Toutefois, les autorités israéliennes ont refusé d’établir clairement s’il s’agissait des armes confisquées dans le véhicule d’Adwan. La police a placé le dossier sous embargo, ce qui interdit toute publication des détails de l’affaire dans les médias israéliens.

L’ex-député jordanien Tarek Khoury a accusé Israël d’avoir inventé la présence d’or dans la voiture dans le but de « réduire cet acte héroïque en sombre affaire de trafic ». La Douzième chaîne, qui n’a pas cité ses sources, a affirmé qu’il n’y avait pas d’or dans le véhicule du parlementaire.

Des armes de poing qui auraient été saisies par Israël au poste-frontière du pont d’Allenby dans la voiture d’un député jordanien, le 23 avril 2023. (Autorisation)

Une recrudescence des violences et des attentats terroristes a eu lieu en Cisjordanie ces derniers mois – une recrudescence soutenue par l’afflux d’armes illégales, et notamment de nombreuses armes de poing provenant clandestinement de Cisjordanie.

« Je ne pense pas que cet épisode soit lié à la Jordanie en général, mais à un acte criminel irresponsable », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, dans une interview accordée au média Ynet.

« Je ne veux pas attribuer la culpabilité à l’ensemble du gouvernement ou du Parlement », a ajouté Cohen.

Dans le même temps, Cohen a souligné que, parce qu’il s’agissait d’armes, il s’agissait d’un « incident très grave, qui sera examiné, et nous l’étudions en profondeur ».

L’incident qui a eu lieu ce week-end devrait encore tendre les relations déjà crispées entre Amman et Jérusalem.

Selon la chaîne publique Kan, le ministre des Affaires étrangères jordanien, Ayman Safadi, aurait ainsi refusé de prendre les appels téléphoniques de son homologue israélien, Eli Cohen, après la révélation de l’arrestation.

Au début du mois, un officiel israélien qui n’avait pas été identifié avait déclaré au site d’information Walla que le comportement et les propos tenus récemment par Ayman Safadi avaient exacerbé la crise entre les deux pays, ajoutant : « Il se conduit comme l’Itamar Ben Gvir jordanien » – en référence au ministre de la Sécurité nationale israélienne d’extrême-droite, dont les politiques et les provocations auraient, selon de nombreux observateurs, contribué à aggraver les frictions avec les États-Unis et avec d’autres pays.

La Jordanie a critiqué Jérusalem de manière répétée, faisant plus d’une dizaine de déclarations lors d’un incident survenu pendant le ramadan – les policiers israéliens étaient entrés au sein de la mosquée Al-Aqsa pour y affronter des émeutiers palestiniens et des images devenues virales sur les réseaux sociaux avaient montré les forces de l’ordre se livrer à des violences à l’intérieur du lieu de culte. La Jordanie avait même refusé de recevoir des messages d’Israël par le biais des États-Unis ou des Émirats arabes unis, disant qu’elle n’accepterait des messages directs que si l’État juif s’engageait à ne plus pénétrer dans la mosquée.

Le ministre des Affaires étrangères de Jordanie Ayman Safadi donne une conférence de presse avec son homologue allemand, après une rencontre au ministère des Affaires étrangères de Berlinle 10 mars 2021. (Photo: Kay Nietfeld / POOL / AFP)

Les officiels israéliens, cités dans le reportage de la Douzième chaîne, ont précisé qu’ils avaient eu des entretiens positifs avec Safadi avant le ramadan, période où les tensions entre Israël et les Palestiniens se renforcent régulièrement sur la question du mont du Temple, mais que le ministre avait adopté un positionnement de la ligne dure quand la situation avait dégénéré.

Avant les tensions récentes entraînées par les troubles sur le mont du Temple – un sujet toujours épineux dans les relations bilatérales – Amman avait convoqué l’ambassadeur israélien en Jordanie dans le sillage d’un discours très controversé tenu, le mois dernier, par le ministre des Finances Bezalel Smotrich lors d’un hommage à Paris à l’activiste Jacques Kupfer. Le chef du parti d’extrême droite, HaTzionout Hadatit, avait affirmé que le peuple palestinien était « une invention » alors qu’il se tenait devant une carte du « Grand Israël » qui incluait la Jordanie contemporaine. Quelques jours auparavant, Smotrich avait ensuite suscité l’indignation à l’international en appelant à « anéantir » une ville palestinienne de Cisjordanie où un attentat s’était produit et qui avait fait deux morts, deux jeunes frères israéliens.

Dans un entretien diffusé début avril, le premier envoyé jordanien en Israël avait appelé Amman à changer d’approche dans ses relations avec l’État juif au vu du gouvernement de la ligne dure qui a pris le pouvoir à Jérusalem, et il avait précisé qu’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien était dorénavant impossible.

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