Israël atteint un triste nouveau record avec 3 392 infections par jour
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Israël atteint un triste nouveau record avec 3 392 infections par jour

Le gouvernement n'a pas encore finalisé la liste des zones fortement infectées qui seront fermées la nuit ; un ministre indique que la mise en œuvre du plan pourrait être retardée

Des personnels soignants recueillent des échantillons pour effectuer des tests de dépistage au coronavirus dans un centre de santé Clalilt,à Lod, le 25 juillet 2020 (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)
Des personnels soignants recueillent des échantillons pour effectuer des tests de dépistage au coronavirus dans un centre de santé Clalilt,à Lod, le 25 juillet 2020 (Crédit : Yossi Aloni/FLASH90)

Près de 3 400 nouvelles infections à coronavirus ont été confirmées lundi, établissant un nouveau record en une seule journée, alors que les taux de dépistage ont augmenté, sur fond de désarroi du gouvernement quant à l’imposition d’un couvre-feu nocturne qui doit entrer en vigueur mardi soir.

Le ministère de la Santé a déclaré mardi que 3 392 nouveaux cas de coronavirus ont été confirmés par rapport à la veille – le chiffre quotidien le plus élevé depuis le début de la pandémie, pulvérisant un précédent record établi la semaine dernière.

Selon les données du ministère, le nombre total de cas a atteint 135 043 mardi matin, dont 106 294 se sont rétablis.

Sur les 27 723 cas actifs, 463 sont dans un état grave, dont 127 sous respirateur. 154 autres sont dans un état modéré, les autres ne présentant pas ou peu de symptômes. Au total, 920 personnes sont hospitalisées en raison de la maladie.

Le nombre de décès s’élève toujours à 1 026.

Les données du ministère indiquent également que les tests de dépistage des coronavirus ont été intensifiés, avec plus de 40 382 tests administrés lundi, et 8,7 % sont revenus positifs.

Des personnels de santé effectuent des tests dans un centre de santé Clalit à Modiin, le 7 juillet 2020. (Yossi Aloni/FLASH90)

Cette annonce est intervenue alors que les plans du gouvernement visant à mettre en place de nouvelles restrictions dans les zones de forte infection continuaient à faire l’objet de débats, les ministres n’ayant pas réussi à finaliser la liste des quelque 40 villes et quartiers qui seront soumis à un couvre-feu nocturne.

Les couvre-feux, qui comprennent la fermeture des écoles pendant la journée et des commerces non essentiels la nuit, devaient entrer en vigueur lundi soir, mais ont été retardés le lundi après-midi après que les dirigeants politiques et les responsables sanitaires se sont querellés sur les villes qui devraient être concernées.

Le ministère de la Santé a assuré lundi que la liste finale serait publiée dans les heures qui suivent et que les règles seraient appliquées mardi à 19 heures.

Personnel du Centre médical de Shamir dans le service de coronavirus de l’hôpital de Shamir à Beer Yaakov, près de Tel Aviv, le 20 août 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

S’adressant à la radio de l’armée, le ministre des Sciences Izhar Shay a indiqué qu’un autre report était possible.

« Si notre décision est reportée à l’après-midi, nous ne viendrons pas déranger les gens et leur dire dans l’heure qui suit qu’ils doivent rester chez eux », a tenu à rassurer M. Shay. « Ils auront les 24 heures dont ils ont besoin pour se préparer. »

Les maires des 40 villes dites « rouges » qui devraient faire l’objet de restrictions ont fait pression contre les règles du gouvernement. Selon la politique du gouvernement en matière de virus, ils doivent avoir la possibilité de faire appel de la décision, ce qui, selon le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a contribué à ce retard.

Une autre question en suspens serait celle de savoir s’il faut imposer les règles dans la ville balnéaire d’Eilat, les responsables locaux avertissant que cela nuirait gravement au tourisme.

Dimanche soir, le gouvernement est revenu sur son intention d’imposer des fermetures dans certaines villes où le taux d’infection est particulièrement élevé, annonçant plutôt des couvre-feux nocturnes et la fermeture d’écoles.

Des hommes prient devant une synagogue de la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 6 septembre 2020. (Crédit : MENAHEM KAHANA/AFP)

La décision de rétropédaler sur les projets de fermeture locale est intervenue après que la communauté ultra-orthodoxe a exercé une forte pression sur le Premier ministre, en raison de la présence de plusieurs villes ultra-orthodoxes sur la liste des épicentres de l’épidémie qui devaient faire l’objet d’un confinement.

Quatre maires haredim ont publié dimanche une lettre ouverte sans précédent accusant Benjamin Netanyahu de « piétiner » leurs communautés et de « nous transformer en vecteurs de maladies et en ennemis du peuple ».

La plupart des municipalités qui devraient figurer sur la liste « rouge » sont des municipalités arabes et, à quelques exceptions près, de nombreux maires arabes israéliens ont accueilli favorablement les nouvelles restrictions visant à lutter contre la propagation du coronavirus dans leurs villes et communes.

Les responsables insistent sur le fait qu’un confinement national est toujours possible, en particulier pendant les prochaines fêtes. Une discussion en cabinet sur la question est prévue jeudi.

Selon le site d’information Ynet, les ministres du « cabinet coronavirus » discuteront d’une proposition de Ronni Gamzu, chargé de la lutte contre le virus, visant à fermer toutes les écoles du pays pendant la période des vacances, à savoir du 18 septembre au 10 octobre.

Un père avec ses enfants à la maison après le vote par le cabinet de ne pas ouvrir d’écoles dans les zones à risque, dans la ville de Tibériade, au nord d’Israël, le 1er septembre 2020. (David Cohen/Flash90)

Le gouvernement de transition a imposé de sévères mesures de confinement pendant la première vague du virus, parvenant à ramener le nombre de cas quotidiens à quelques dizaines en mai. Le pays a rapidement repris ses activités et depuis, la pandémie s’est propagée à un rythme sans précédent.

Les responsables ont mis en cause la réouverture rapide des écoles et d’autres services, la faiblesse du système de recherche des contacts et la diminution de la volonté du public de respecter les directives sanitaires pour faire face au pic au cours des derniers mois.

Le système scolaire israélien a rouvert la semaine dernière. Le nouveau système de recherche des contacts, qui sera géré par l’armée, pourrait ne pas être pleinement opérationnel avant novembre, a annoncé M. Gamzu en début de semaine, après de nombreux retards.

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