Israël refuse d’extraire les dépouilles des terroristes palestiniens coincées dans le tunnel
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Israël refuse d’extraire les dépouilles des terroristes palestiniens coincées dans le tunnel

Le ministère de la Défense demande des progrès sur la question des Israéliens détenus à Gaza avant que les cinq corps qui se trouveraient sous les décombres du tunnel démoli en soient extraits

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Les membres du groupe terroriste du Hamas transportent le corps de Maslih Shabir, 30 ans, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 octobre 2017 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Les membres du groupe terroriste du Hamas transportent le corps de Maslih Shabir, 30 ans, à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 octobre 2017 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’Etat juif a déclaré jeudi que le pays ne permettra pas au groupe terroriste d’extraire les corps des morts qui auraient été enfouis sous les décombres lors de la démolition par les militaires, lundi, d’un tunnel d’attaque transfrontalier avant que des progrès ne soient réalisés en faveur de la libération de ses ressortissants et du rapatriement des dépouilles des soldats israéliens conservés à Gaza par le Hamas.

Le Hamas a indiqué penser que cinq corps se trouvent encore à l’intérieur du tunnel, construit par le groupe du Jihad islamique, à proximité de la frontière israélienne. Ce tunnel partait de la ville de Khan Younis, à Gaza, et s’étendait jusque dans le territoire israélien, à proximité du Kibbutz Kissufim. L’armée israélienne a fait exploser le tunnel du côté israélien.

Le Hamas aurait demandé au comité international de la Croix Rouge de se coordonner avec Israël pour permettre à ses agents d’entrer dans la zone de sécurité tampon de la barrière de sécurité qui sépare Gaza et Israël pour rechercher les corps portés-disparus dans le tunnel.

Le général de division Yoav Mordechai, chef de la division du Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), la branche du ministère israélien de la Défense qui assure la liaison avec les Palestiniens en termes d’affaires civiles et sécuritaires, a indiqué qu’il avait refusé une requête déposée par le Comité de la croix rouge (CICR) dans ce sens.

Selon un communiqué, Mordechai a indiqué au chef de la délégation du CICR à Gaza, Jacques de Maio, que Israël « n’autorisera pas d’opérations de recherche dans la zone de la barrière de sécurité dans la bande de Gaza sans progrès préalables sur la question des Israéliens kidnappés et des soldats morts au combat ».

L'envoyé pour la paix du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt (à gauche), dans un tunnel terroriste du Hamas près de la bande de Gaza avec le coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) Yoav 'Poly' Mordechai le 30 août 2017 (Crédit : bureau du porte-parole du COGAT)
L’envoyé pour la paix du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt (à gauche), dans un tunnel terroriste du Hamas près de la bande de Gaza avec le coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) Yoav ‘Poly’ Mordechai le 30 août 2017 (Crédit : bureau du porte-parole du COGAT)

Le Hamas détient toujours les dépouilles des deux soldats israéliens tués durant la guerre de 2014 dans la bande, et a refusé les demandes émanant de l’Etat juif et du CICR de les rendre à leurs familles. Il aurait également placé en captivité trois ressortissants israéliens atteints de troubles psychiatriques — Avraham Mengistu, Hisham al-Sayed et Juma Ibrahim Abu Anima — qui, tous, seraient entrés dans la bande de leur propre gré.

Les familles des soldats, ainsi que plusieurs politiciens israéliens, ont indiqué qu’Israël n’accéderait pas aux réclamations du Hamas sans un accord réciproque portant sur le rapatriement des corps des deux militaires.

« Nous espérons que le gouvernement israélien n’osera pas se conformer à la requête du Hamas tant que ce dernier ne permettra pas le rapatriement d’Oron », a indiqué la famille du militaire Shaul Oron. « Oron a été kidnappé grâce à un tunnel que le Hamas avait creusé et, pendant plus de trois ans, le groupe terroriste l’a conservé à Gaza, sans même autoriser la Croix rouge à évaluer son état ».

La famille du soldat Hadar Goldin a estimé qu’il serait immoral de la part du gouvernement de permettre au groupe terroriste de retrouver les dépouilles de ses morts alors qu’il a conservé celles des soldats israéliens.

« Tout geste humanitaire de la part d’Israël doit être lié au rapatriement de nos garçons. Si Israël répond [positivement] au Hamas, ce serait une injustice morale doublée d’un signal de faiblesse politique », a fait savoir la famille.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)
Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Les législateurs Amir Peretz (Union sioniste) et Shuli Muallem-Refaeli (HaBayit HaYehudi), qui dirigent un groupe parlementaire à la Knesset oeuvrant sur le rapatriement des corps des deux soldats, ont fait savoir dans un communiqué qu’un geste humanitaire devait être équilibré du côté israélien et du côté palestinien.

« L’équilibre en termes humanitaire doit être clairement établi pour le Hamas », ont-ils déclaré. « Cela fait plus de trois ans que nous attendons qu’il autorise le rapatriement de nos ressortissants portés disparus ».

« Si le Hamas veut que les corps des terroristes enfouis sous les décombres du tunnel lui soient rendus, il doit également rendre nos soldats portés-disparus. L’équilibre humanitaire s’applique des deux côtés. Nous appelons le Premier ministre à se saisir de toute opportunité de rendre les citoyens israéliens détenus par le Hamas ainsi que les corps d’Oron Shaul et de Hadar Goldin. C’est un moment opportun et que nous ne devons pas le laisser passer ».

Sept terroristes palestiniens – dont deux commandants du Jihad islamique et deux membres de l’unité navale du Hamas – ont été tués en résultat de l’explosion du tunnel lundi. Douze autres personnes ont été blessées, a fait savoir le ministère de la Santé de Gaza.

L’armée israélienne soupçonne que les hommes travaillaient dans la partie du tunnel qui se trouve à l’intérieur du territoire israélien.

Selon des évaluations israélienne et palestinienne, la majorité des Palestiniens morts dans le tunnel d’attaque n’ont pas été tués lors de l’explosion initiale mais à sa suite, en raison de l’inhalation des fumées, d’explosions secondaires et d’effondrements.

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