Israël répond aux Etats-Unis : l’expansion des implantations n’est pas le problème
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Israël répond aux Etats-Unis : l’expansion des implantations n’est pas le problème

Hotovely affirme que le gouvernement a été "élu pour mettre en œuvre le droit du peuple juif à bâtir sur toutes les parties de notre territoire"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et la vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, assistant à une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 21 décembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et la vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, assistant à une réunion de la faction du Likud à la Knesset, le 21 décembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Réagissant à la réprimande des Etats-Unis au sujet de la récente vague d’approbation de la construction de résidence dans les implantations, la vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a réaffirmé vendredi que les Palestiniens – et non pas la politique israélienne – étaient responsables du blocage des négociations et a souligné que la position de la Maison Blanche était de dire que l’expansion de ces communautés « ne serait pas un obstacle à la paix ».

« L’actuel gouvernement israélien a été élu pour agir mettre en œuvre le droit du peuple juif de construire dans toutes les parties de notre territoire et nous devons respecter la volonté de ceux qui nous ont élus à cette fin », a déclaré Hotovely dans un communiqué.

« La Maison Blanche elle-même affirme que les implantations ne sont pas un obstacle à la paix et elles ne l’ont jamais été. Il faut donc conclure que l’expansion de la construction n’est pas le problème ».

Hotovely a également accusé les Palestiniens d’avoir été intransigeant dans les efforts de paix, qui, selon elle, étaient la véritable cause de l’impasse dans les négociations.

« Au cours des 25 dernières années, tous les chemins vers une solution quelconque ont été bloqués par les Palestiniens », a-t-elle déclaré.

« Les questions fondamentales sur les sources du conflit devraient donc être réexaminées et de nouvelles solutions proposées. Entre autres, une solution régionale devrait être envisagée qui nous libérera d’une dépendance envers les Palestiniens qui sont incapables de parvenir à un accord ».

Les employés en bâtiment défrichant des terrains pour de nouvelles caravanes dans l'implantation juive d'Ofra, en Cisjordanie, le 29 janvier 2017. (Crédit : Yaniv Nadav / Flash90)
Les employés en bâtiment défrichant des terrains pour de nouvelles caravanes dans l’implantation juive d’Ofra, en Cisjordanie, le 29 janvier 2017. (Crédit : Yaniv Nadav / Flash90)

Alors que cela fait moins de deux semaines que Trump a pris ses fonctions, Israël a annoncé la construction de quelque 6 000 nouvelles maisons dans les implantations existantes, s’attirant la condamnation de la communauté internationale, mais pas – jusqu’à jeudi soir – de l’administration Trump.

L’attaché de presse de la Maison Blanche, Sean Spicer, a déclaré jeudi soir : « même si nous ne croyons pas que l’existence des implantations constitue un obstacle à la paix, la construction de nouvelles implantations ou l’expansion des implantations existantes au-delà de leurs frontières actuelles pourrait ne pas être utile ».

Les commentaires de Hotovely sur la déclaration américaine ont été publiés peu de temps après que l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies Danny Danon a également cherché à minimiser les critiques des Etats-Unis, et a nié tout changement de politique de la Maison Blanche.

La déclaration, a déclaré Danon à la radio israélienne, montre que la nouvelle administration n’a pas encore déterminé la politique concernant les implantations et qu’elle le ferait après les négociations à venir entre les dirigeants israélien et américain qui auront lieu plus tard ce mois-ci.

« Je n’appellerais pas ça un virage, la déclaration est très claire. Le sens en est le suivant : attendre la rencontre avec le Premier ministre [Benjamin] Netanyahu, qui arrive à Washington dans moins de deux semaines pour une réunion avec le président [Donald] Trump et ensuite déterminer la politique », a déclaré Danon.

Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)
Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité, le 19 octobre 2016. (Crédit : Nations unies)

Danon a estimé que la déclaration était « un signal de l’administration que la question est à l’ordre du jour ».

« L’administration et le président ont dit qu’ils ont l’intention de faire avancer le processus dans la région, aussi bien en engageant des négociations avec les dirigeants régionaux et pendant la campagne électorale », a-t-il analysé.

Comme Hotovely, l’ambassadeur et l’ancien ministre a déclaré qu’Israël déterminerait ses propres politiques.

« Nous sommes un État souverain », a déclaré Danon. « Nous ne serons pas entièrement d’accord avec les États-Unis sur tout au cours des quatre prochaines années, mais il y a une communication et les messages sont passés ».

Il a également favorablement comparé la nouvelle administration à la politique de l’administration Obama, qui dans les derniers jours de son mandat a refusé d’imposer son veto une résolution anti-implantations à l’ONU, lui permettant ainsi d’être votée.

« Cette période semble être meilleure que les huit dernières années », s’est réjoui Danon.

Les implantations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est sont considérées par presque toute la communauté internationale comme étant illégales en vertu du droit international et comme des obstacles majeurs à la paix, car elles sont construites sur des terres que les Palestiniens envisagent d’inclure dans leur futur état.

Trump avait signalé avoir une approche plus tolérante envers les implantations israéliennes, en nommant un important partisan des implantations, David Friedman, pour être son ambassadeur en Israël. Il a également invité une délégation de dirigeants des implantations à son investiture le mois dernier.

Sean Spicer, attaché de presse de la Maison Blanche, pendant la conférence de presse quotidienne de la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Sean Spicer, attaché de presse de la Maison Blanche, pendant la conférence de presse quotidienne de la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Spicer a également déclaré jeudi que Trump était impatient de continuer à discuter de la question avec Netanyahu quand il se rendra à la Maison Blanche le 15 février.

Plus tard jeudi, le Département d’Etat a déclaré que le nouveau Secrétaire d’Etat Rex Tillerson avait téléphoné à Netanyahu. La déclaration n’a pas donné plus de précision sur le contenu de la conversation.

Netanyahu a annoncé mercredi son projet de construire une nouvelle implantation en Cisjordanie pour remplacer l’avant-poste illégal d’Amona, qui a été évacué mercredi et jeudi suite à une ordonnance de la Haute Cour de Justice. L’implantation sera la première à être construite en 25 ans.

Alors qu’Israël a cessé d’établir des implantations au début des années 1990, les avant-postes mis en place depuis lors ont été approuvés rétroactivement et les implantions existantes ont été élargies, parfois étant des quartiers jouxtant des implantations existantes que sur le papier.

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