Israël se félicite de l’interdiction des activités du Hezbollah en Allemagne
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Israël se félicite de l’interdiction des activités du Hezbollah en Allemagne

Berlin évalue à près d'un millier le nombre de membres du groupe terroriste accusés d'organiser des collectes de soutien et des manifestations appelant à la destruction d'Israël

Des combattants du Hezbollah sont au garde-à-vous lors d'une manifestation pour célébrer le Jour de Jérusalem ou le Jour d'Al-Qods, dans la banlieue sud de Beyrouth au Liban, le 31 air 2019. (AP Photo/Hassan Ammar)
Des combattants du Hezbollah sont au garde-à-vous lors d'une manifestation pour célébrer le Jour de Jérusalem ou le Jour d'Al-Qods, dans la banlieue sud de Beyrouth au Liban, le 31 air 2019. (AP Photo/Hassan Ammar)

Le gouvernement allemand a annoncé jeudi l’interdiction complète des activités du puissant groupe terroriste chiite libanais Hezbollah (« parti de Dieu ») en Allemagne, que réclamaient notamment les Etats-Unis et Israël, et ordonné des perquisitions dans plusieurs mosquées.

Jusqu’à présent seules les activités de la branche armée du Hezbollah, considérée comme un mouvement terroriste par les pays de l’Union européenne, étaient bannies, mais pas celles de sa branche politique, qui organise notamment des manifestations ou actions anti-israéliennes régulières.

Le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer « a interdit aujourd’hui l’activité de l’organisation terroriste chiite Hezbollah en Allemagne », a indiqué un de ses porte-parole, Steve Alter, sur Twitter.

« Depuis l’aube plusieurs actions de police sont menées dans diverses régions », contre des établissements liés au mouvement, a ajouté le porte-parole.

Il s’agit notamment de la mosquée Al-Irschad à Berlin, a constaté un journaliste de l’AFP, où une quinzaine de véhicules de police étaient stationnés à proximité et où l’on pouvait voir des policiers la tête couverte de cagoules noires entrer et sortir de l’édifice.

Des actions ont aussi été menées à Brême dans le Nord du pays et à Münster ainsi que dans un « centre pour émigrés libanais » à Dortmund dans l’Ouest de l’Allemagne, selon les médias allemands Bild et Spiegel.

Plusieurs centaines de policiers au total ont été mobilisés.

Le ministère de l’Intérieur allemand Horst Seehofer à Berlin, le 14 février 2020. (Crédit : Michael Sohn / POOL / AFP)

Le groupe terroriste libanais « nie le droit d’Israël à exister, menace par la violence et le terrorisme et se constitue un arsenal de missiles », a indiqué le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas.

Le ministre des Affaires étrangères israélien Israel Katz a salué cette « décision très importante, d’une étape importante et significative dans la lutte globale conte le terrorisme », a-t-il déclaré, en exprimant sa « profonde gratitude » au gouvernement allemand.

Katz a ajouté qu’il était confiant que de nombreux autres gouvernements du Moyen-Orient étaient ravis de cette décision et a exhorté d’autres gouvernements européens et l’Union européenne à emboîter le pas à l’Allemagne.

Le ministre des Affaires étrangères Israël Katz à un meeting du Likud, à Safed, le 24 février 2020. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz, pressenti pour le poste de ministre de la Défense dans le prochain gouvernement, a salué la décision de l’Allemagne.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué cette décision affirmant que « tous les pays épris de paix devraient rejeter les organisations terroristes et ne leur fournir aucune assistance directe ou indirecte », selon un communiqué de son bureau.

Né en 1982 lors de la guerre civile libanaise, à l’initiative des Gardiens de la Révolution iraniens, dans la foulée de l’invasion israélienne du Liban. En plus d’être l’ennemi juré déclaré de l’Etat juif et un allié clé de l’Iran et du régime de Damas, il est aussi un acteur politique majeur au Liban.

Son combat contre Israël, couplé à un solide réseau d’aides sociales, a rendu le parti très populaire au Liban, notamment au sein de la communauté chiite du pays (30 % de la population) – mais moins depuis les mouvements de contestations dans le pays.

En Allemagne, les autorités évaluent à un millier environ le nombre de ses membres, que le Renseignement intérieur accuse d’organiser des collectes de soutien, de recruter des sympathisants et d’organiser des manifestations appelant à la destruction d’Israël.

En septembre dernier, l’ancien ambassadeur américain en Allemagne et aujourd’hui conseiller du président Donald Trump, Richard Grenell, avait exhorté l’Allemagne à bannir l’activisme politique du mouvement chiite sur son territoire, à l’image de la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas.

« Cela empêcherait le Hezbollah de rassembler sympathisants et collectes d’argent et permettrait à l’Allemagne d’envoyer un signal fort montrant qu’elle ne tolère par la violence, la haine antisémite et la terreur en Europe », écrivait-il à l’époque dans une tribune publiée par le quotidien Die Welt.

Il a aujourd’hui « applaudi » l’interdiction et jugé que le « Hezbollah ne peut être autorisé à utiliser l’Europe comme refuge pour soutenir le terrorisme en Syrie et dans tout le Moyen-orient ». Dans une déclaration transmise à l’AFP, M. Grenell a aussi « appelé les autres Etats de l’Union européenne à prendre des mesures similaires » et à « interdire le Hezbollah dans son intégralité ».

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