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Itamar Ben Gvir en visite au mont du Temple alors que les tensions s’intensifient

"Nous ne devons pas céder à la terreur", a déclaré le député d'extrême droite lors de sa visite pour Tisha BeAv, alors que la police cherche à éviter une escalade de la violence

Le député d'extrême droite Itamar Ben Gvir se rend sur le Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem lors des célébrations de Yom Yeroushalayim, le 29 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député d'extrême droite Itamar Ben Gvir se rend sur le Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem lors des célébrations de Yom Yeroushalayim, le 29 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir a annoncé samedi soir qu’il se rendrait sur le mont du Temple dimanche matin pour marquer le jour de deuil juif de Tisha BeAv, ce qui pourrait exacerber les tensions déjà importantes sur le lieu saint contesté de Jérusalem, dans un contexte de combats meurtriers entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique dans la bande de Gaza.

Escorté par la police, Itamar Ben Gvir, député d’extrême droite et leader d’Otzma Yehudit, s’est rendu dimanche sur le mont du Temple pour marquer le jeûne de Tisha BeAv qui commémore un certain nombre de catastrophes dans la tradition juive, notamment la destruction du Second Temple.

Certains Palestiniens présents sur le site ont bousculé Ben Gvir en criant « Allah akbar » et « massacre du Juif » en arabe, selon des images de la scène.

Ben Gvir, connu pour ses visites provocantes sur le site, a été vu dans une vidéo partagée par son porte-parole répondant « Am Yisrael chai » ( « longue vie au peuple juif »).

Selon la radio de l’armée, plus d’un millier de Juifs ont pénétré sur le mont du Temple dimanche matin.

La visite de Ben Gvir a eu lieu au troisième jour tendu de l’opération Aube, peu après que le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique a tiré des roquettes en direction de Jérusalem, déclenchant des sirènes dans les communautés voisines.

Ben Gvir, qui a prié samedi soir au mur Occidental, a déclaré que sa visite avait été coordonnée une semaine auparavant avec la police israélienne et la Garde de la Knesset, insistant sur le fait que la montée en flèche des tensions suite au lancement de l’opération Aube ne changerait rien à ses plans.

« Nous ne devons pas céder au Jihad ou à la terreur, nous sommes les propriétaires de l’État d’Israël et plus nous agirons en tant que tel, plus nos ennemis comprendront le message », a déclaré Ben Gvir dans un communiqué.

Ben Gvir, député d’extrême-droite de la Knesset appartenant au parti du Sionisme religieux, a effectué sa dernière visite controversée sur le mont du Temple fin mai, lors de Yom Yeroushalayim.

La visite de Ben Gvir aurait été discutée lors d’une réunion tenue samedi soir par le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev, ainsi que lors de la réunion du cabinet de sécurité de haut niveau présidée par le Premier ministre Yair Lapid.

Samedi soir, selon les médias israéliens, un haut fonctionnaire du bureau de Lapid a déclaré que « les événements de Tisha BeAv devraient se dérouler normalement. »

La députée Gaby Lasky du Meretz, parti de gauche de la coalition, a déclaré sur Twitter que la visite de Ben Gvir devait être empêchée « pour éviter une escalade et une provocation qui pourraient conduire à une explosion dangereuse [des tensions] ».

Le mont du Temple est le lieu le plus sacré pour les Juifs, car il abrite les temples bibliques, et la mosquée Al-Aqsa du complexe est le troisième lieu saint de l’islam, ce qui a fait de cette zone un point de tension majeur dans le conflit israélo-palestinien. Le site est administré par le Waqf, un organisme religieux géré et financé par la Jordanie.

En vertu d’un accord de plus en plus fragile, connu sous le nom de statu quo, les Juifs sont généralement autorisés à se rendre sur le mont du Temple pendant des heures limitées et sur un itinéraire restreint et prédéterminé, mais ils ne peuvent pas y prier, ni y accomplir d’autres actes de culte ou transporter des objets liés à ce culte.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a averti samedi l’envoyé des Nations unies pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, qu’il fallait à tout prix empêcher les « provocations » israéliennes sur le mont du Temple dimanche.

La police a été déployée en force à Jérusalem samedi, et notamment dans la zone de la Vieille Ville et du mont du Temple, pour sécuriser les offices de la journée de jeûne de Tisha BeAv sur fond d’embrasement dans la bande de Gaza.

Le jeûne qui a commencé samedi soir, s’achève dimanche soirUne forte affluence juive au mur Occidental et au mont du Temple a été prévue.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a rencontré samedi de hauts gradés de la police pour discuter des préparatifs, déclarant que « la mission principale de la police est de maintenir le calme dans le pays et de veiller à ce que toutes les instructions d’urgence dans le sud soient respectées », alors que les combats entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique se poursuivent.

« La police sera également déployée en certains points de Jérusalem pour Tisha BeAv afin d’assurer la sécurité intérieure », a-t-il ajouté.

La police israélienne accompagne un groupe de juifs en visite sur le Mont du Temple, alors que le lieu saint de Jérusalem a été rouvert aux visiteurs non-musulmans, le 5 mai 2022. (Crédit: Ahmad Gharabli/AFP)

En début de semaine, avant même que ne débute l’actuelle escalade de la violence à Gaza, la Douzième chaîne a rapporté que les décideurs politiques et sécuritaires étaient déjà préoccupés par une potentielle vague de violence sur le mont du Temple lors du jour de jeûne. En moyenne plus de 1 000 pèlerins juifs se rendent, chaque année pour Tisha BeAv, sur ce site sensible et connu pour avoir été de nombreuses fois la scène d’épisodes répétés de violence israélo-palestinienne.

Israël ne considère pas ces visites comme une violation d’un arrangement connu sous le nom de statu quo, qui garantit une bonne conduite sur le site. Cette politique permet aux musulmans de se rendre sur le mont du Temple et d’y prier, tandis que les non-musulmans ne sont autorisés qu’à le visiter. Mais les Palestiniens considèrent qu’un nombre aussi important de visiteurs juifs constitue en soi une violation du statu quo.

L’augmentation du nombre de visiteurs juifs ne se produit pas uniquement le jour de Tisha BeAv, mais tout au long de l’année, car l’opinion publique a évolué – en particulier dans le camp nationaliste religieux – en faveur de cette pratique.

Les visites des fidèles juifs sont aussi de plus en plus marquées par des prières, parfois de groupe, mais le plus souvent individuelles. Ces dernières années, certains extrémistes juifs ont fait pression pour autoriser la prière juive sur le site, dans un mouvement qui a gagné du terrain. Par le passé, la police excluait toute personne soupçonnée de prier, mais ces derniers temps, elle a discrètement autorisé la pratique de certains cultes juifs sur le site de la Vieille Ville de Jérusalem. Des agents autorisant la poursuite de ces prières ont été vus sur plusieurs vidéos ; ceci, selon les Palestiniens, constitue en soi une nouvelle détérioration du statu quo.

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