Jérusalem fournit de l’aide aux Kurdes depuis le retrait américain de Syrie
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Jérusalem fournit de l’aide aux Kurdes depuis le retrait américain de Syrie

"Nous sommes fiers de nous tenir aux côtés du peuple kurde", a déclaré la vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely

Une membre des Forces de sécurité interne kurde d'Asayesh fait le signe du V de la victoire lors d'une manifestation contre les menaces turques dans la ville du nord-est de Qamishli, la capitale de-facto de la minorité kurde en Syrie, le 2 novembre 2019.  (Photo par Delil SOULEIMAN / AFP)
Une membre des Forces de sécurité interne kurde d'Asayesh fait le signe du V de la victoire lors d'une manifestation contre les menaces turques dans la ville du nord-est de Qamishli, la capitale de-facto de la minorité kurde en Syrie, le 2 novembre 2019. (Photo par Delil SOULEIMAN / AFP)

Israël a fourni de l’aide aux Kurdes dans le nord de la Syrie depuis le retrait américain de la zone, a déclaré mercredi une haute responsable politique israélienne. Elle a prévenu que leur défaite permettrait à l’Iran de s’implanter plus encore dans la zone.

« Israël a reçu de nombreuses demandes d’aide, principalement dans le domaine diplomatique et humanitaire », a déclaré mercredi Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères, à la Knesset dans des remarques qui ont été rapportées par l’agence de presse Reuters.

Hotovely n’a donné aucun détail sur l’aide israélienne, se contentant de déclarer que, lors du « dialogue avec les Américains… nous disons notre vérité concernant les Kurdes… et nous sommes fiers de nous placer aux côtés du peuple kurde ».

Ses commentaires ont été la première confirmation qu’Israël a tenu la promesse faite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu le 10 octobre d’aider les Kurdes.

« Israël condamne fortement l’invasion turque des zones kurdes en Syrie et prévient du nettoyage ethnique des Kurdes mené par la Turquie et ses alliés », a déclaré Netanyahu dans un communiqué publié par son bureau. Israël est prêt à élargir son assistance humanitaire au vaillant peuple kurde ».

Le mois dernier, les Etats-Unis ont annoncé leur retrait des zones tenues par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, permettant à Damas, Ankara et Moscou de se partager la région détenue par les Kurdes.

Un véhicule blindé armé passe à côté d’un panneau d’affichage pour les Unités de protections des femmes kurdes syriennes, lors d’une patrouille dans la ville du nord-est de la Syrie de Qahtaniyah à la frontière avec la Turquie, le 31 octobre 2019. (Photo par Delil SOULEIMAN / AFP)

La décision surprise du président américain Donald Trump a décontenancé Israël dans un rare cas de désaccord entre Jérusalem et Washington, même si le gouvernement de Netanyahu a cherché à éviter de critiquer directement Trump.

Le 9 octobre, la Turquie et ses alliés syriens ont lancé une offensive transfrontalière contre les zones tenues par le Kurdes, prenant le contrôle de 120 kilomètres du territoire syrien le long de la frontière.

L’incursion a tué des milliers de personnes et entraîné la fuite de 300 000 civils qui ont fui leurs maisons dans la dernière catastrophe humanitaire en date de la guerre civile syrienne qui dure depuis huit ans.

La Turquie et la Russie avaient trouvé un accord à Sotchi pour voir de plus de forces kurdes se retirer de la frontière de deux côtés de la zone contrôlée par la Turquie, sous la supervision des forces russes et syriennes.

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely assiste à une cérémonie à la Knesset, le 21 novembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Hotovely a fait savoir qu’Israël était préoccupé que des forces soutenues par l’Iran puissent étendre leur influence dans la zone. Israël lutte depuis longtemps pour empêcher toute implantation iranienne en Syrie.

« Israël a un intérêt fondamental à préserver la force des Kurdes et d’autres minorités dans le nord de la Syrie comme des éléments modérés et pro-Occident », a déclaré Hotovely.

« L’effondrement possible du bastion kurde dans le nord de la Syrie est un scénario négatif et dangereux en ce qui concerne Israël. Il est totalement clair qu’un tel événement conduirait au renforcement d’éléments négatifs dans la zone, sous la direction de l’Iran », a-t-elle dit.

Reuters a dit que les Kurdes syriens n’ont pas pu être immédiatement contactés pour réagir à ses propos.

Le mois dernier, un officiel des Forces démocratiques syriennes avait appelé Israël à prendre des mesures contre l’incursion militaire turque dans le nord de la Syrie.

L’officiel, qui s’était exprimé sous condition d’anonymat, avait également exprimé sa confiance dans l’idée que le peuple juif n’oublierait pas la souffrance des Kurdes dans le nord de la Syrie, évoquant son histoire de persécution.

Dans cette photo du 17 octobre 2019, des Syriens qui ont été déplacés par l’opération militaire turque dans le nord-est de la Syrie portent leurs affaires alors qu’ils vont recevoir une tente dans le camp de réfugiés de Bardarash, au nord de Mosul, en Irak. (AP Photo/Hussein Malla)

« L’Etat d’Israël doit travailler pour mettre un terme à cette guerre qui tue des femmes et des enfants et expulse des civils de leurs maisons », a déclaré l’officiel au Times of Israel dans un SMS.

« Je suis certain que le peuple juif comprend la situation du peuple kurde parce qu’il a vécu ce type de dangers à de nombreuses reprises dans son histoire. Je suis sûr qu’il ne restera pas sans rien faire alors que notre région est confrontée au terrorisme turc », a déclaré l’officiel du FDS.

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