Jérusalem : Heurts entre la police et des ultra-orthodoxes pour une soucca
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Jérusalem : Heurts entre la police et des ultra-orthodoxes pour une soucca

Les policiers ont quitté les lieux après avoir rencontré de la résistance ; les membres de la communauté se sont engagés à enlever eux-mêmes cette soucca dangereusement située

La police aux abords d'une souccah apparemment dangereuse et promise à la démolition à Jérusalem, le 12 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La police aux abords d'une souccah apparemment dangereuse et promise à la démolition à Jérusalem, le 12 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les résidents de Mea Sharim, un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, se sont heurtés aux policiers et aux responsables de la ville qui tentaient d’enlever une soucca qui avait été installée sur un échafaudage, trois étages au-dessus de la rue.

Des centaines de personnes se sont rassemblées, mardi dans la soirée et dans la nuit, à proximité de cette soucca située sur la rue Rabbi Zonenfeld dans la capitale, faisant part de leur mécontentement suite à l’émission d’un ordre de démolition de la structure. Ils ont affronté les policiers, qu’ils ont qualifié de « nazis ».

Les protestataires ont été accusés d’avoir jeté des pierres et des œufs sur les employés municipaux et sur les forces de l’ordre, a rapporté Walla. Au moins une personne a été arrêtée.

Toutefois, des vidéos qui ont été partagées sur internet ont montré la police semblant bousculer les passants.

La soucca – une hutte temporaire dans laquelle les Juifs pratiquants s’installent lors de la fête de souccot – appartient au rabbin Moshe Bransdorfer, membre du conseil de direction ultra-orthodoxe Eida Charedit de la ligne dure.

Des photos de la hutte, au toit de bois, installée au sommet d’un échafaudage qui paraît être d’un équilibre précaire, directement au-dessus d’une rue très passante, ont choqué après qu’elles ont été postées en ligne.

La ville a déclaré que la structure représentait un danger pour la sécurité du public et a envoyé des policiers pour la détruire, même si les membres de la communauté ont présenté des documents qui prétendent montrer que la structure a été inspectée et approuvée par un ingénieur.

Les employés municipaux sont d’abord venus dans l’après-midi pour démonter l’échafaudage mais les membres de la communauté se sont enfermés dans la soucca. Les employés municipaux n’ont donc rien pu faire, pour des raisons de sécurité, avant que la police ne vienne déloger les occupants.

La police a finalement quitté le quartier sans enlever la structure. Les membres de la communauté ont convenu de la détruire eux-mêmes, a fait savoir le site internet Kikar Hashabbat.

La police aux abords d’une soucca apparemment dangereuse et promise à la démolition à Jérusalem, le 12 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les forces de l’ordre rencontrent souvent une résistance lourde quand ils interviennent pour faire respecter la loi à Mea Sharim, bastion insulaire du judaïsme haredi de la ligne dure qui est placé de-facto sous la mainmise des autorités rabbiniques, méfiantes du gouvernement laïc.

Des affrontements ont éclaté par le passé face à des tentatives d’arrestation de déserteurs de l’armée ou de tentatives visant à faire respecter les mesures prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, entre autres. Mais les autorités sont aussi accusées de détourner le regard pour éviter de froisser la communauté.

La communauté ultra-orthodoxe a récemment été victime de deux drames à cause de ses structures, attirant l’attention sur les problèmes de promiscuité et les règlementations sécuritaires qui entourent les constructions artisanales.

Le site où un gradin de synagogue s’est effondré dans une synagogue du quartier de Givat Zeev à Jérusalem, faisant 3 morts et environ 160 blessés, dont certains dans un état grave, à la veille de la fête juive de Shavouot, le 16 mai 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/FLASH90)

Le 30 avril, 45 personnes ont été tuées dans la pire catastrophe civile de toute l’histoire du pays quand une rampe située sur le site de pèlerinage du mont Meron s’est effondrée à Lag BaOmer, entraînant une bousculade meurtrière.

Quelques semaines plus tard, les gradins d’une toute nouvelle synagogue ultra-orthodoxe, dans l’implantation de Givat Zeev, se sont effondrés, faisant deux morts et des centaines de blessés.

Des ultra-orthodoxes construisent une soucca dans le quartier de Mea Sharim de Jérusalem, le 1er octobre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Parce qu’une soucca, traditionnellement, doit laisser voir le ciel, le dédale exigu de petites rues et de vieux bâtiments, à Mea Shearim, est connu pour être encore davantage surpeuplé pendant Souccot. Presque tous les endroits disponibles sont occupés par une structure temporaire, obligeant certains habitants à faire preuve d’imagination.

La fête de Souccot commence la semaine prochaine.

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