Jérusalem: Un homme attaqué par des Palestiniens évoque une « troisième intifada »
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Jérusalem: Un homme attaqué par des Palestiniens évoque une « troisième intifada »

Eli Rozen promenait son chien, vendredi, quand il a été attaqué par des dizaines de personnes ; il dit être chanceux d'être en vie ; plusieurs civils israéliens auraient été visés

Eli Rozen évoque son agression par une bande palestinienne à Jérusalem depuis son lit d'hôpital, à l'hôpital Hadassah mont-Scopus, le 24 avril 2021. (Capture d'écran)
Eli Rozen évoque son agression par une bande palestinienne à Jérusalem depuis son lit d'hôpital, à l'hôpital Hadassah mont-Scopus, le 24 avril 2021. (Capture d'écran)

Un Israélien qui a été hospitalisé après avoir été violemment agressé par une bande de Palestiniens, vendredi soir, au cours d’émeutes qui ont eu lieu à Jérusalem, a eu la certitude d’avoir « côtoyé la mort ». Il a qualifié les événements qui agitent actuellement la ville de « troisième intifada ».

Eli Rozen, 27 ans, a été la seconde personne agressée en deux jours par des émeutiers dont l’attaque a été filmée, des images qui ont suscité l’indignation dans le pays.

Rozen était sorti promener son chien aux environs d’une heure du matin dans le quartier Shmuel Hanavi lorsqu’il a été abordé par des dizaines de Palestiniens, dans un contexte de heurts avec la police dans la ville. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent Rozen recevoir des coups de pieds, être frappé à l’aide d’un bâton et faire l’objet de jets de pierres. Alors qu’il tente de fuir, un homme lance un caddie en sa direction.

Selon Haaretz, plusieurs Israéliens ont été attaqués vendredi alors que les tensions se sont accrues à Jérusalem. Un homme a été agressé dans l’Est de la ville, plusieurs autres ont été agressés alors qu’ils partaient prier au mur Occidental et deux ont été victimes de violences au carrefour de la Colline française.

S’exprimant devant les caméras de la Douzième chaîne depuis l’hôpital Hadassah, Rozen a déclaré que lorsque ses agresseurs l’avaient remarqué, ils avaient crié « Yahud, Yahud », « juif » en arabe avant de le prendre en chasse.

Il a ensuite reçu plusieurs coups de poing au visage et il a été violemment frappé. « C’était un lynchage, tout simplement », a-t-il déclaré. « J’ai vu la mort. Heureusement, j’ai survécu. C’est un miracle. Quelqu’un de plus faible ou dans un état de santé moins stable aurait pu mourir là-bas en un seul instant ».

Rozen a expliqué qu’il avait trois vertèbres fracturées, une cheville foulée et un œdème à la tête qui était en train de se résorber.

« C’est sans aucun doute une troisième intifada », a-t-il continué. « Au vu du nombre de mes agresseurs et de ce qui m’est arrivé, je vais bien. J’ai côtoyé la mort ».

Cette attaque a eu lieu au lendemain de l’agression d’un automobiliste juif qui a été frappé par plusieurs assaillants au cours d’affrontements violents aux abords de la Vieille Ville, qui ont opposé manifestants juifs et arabes.

Quand sa voiture avait été entourée par des gens très en colère, Yahya Jardi, 46 ans et originaire de Beit Shemesh, avait d’abord tenté de s’enfuir à pied avant d’être rattrapé et agressé physiquement. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre l’homme frappé à coups de pied alors qu’il se trouve au sol.

Son véhicule avait été ultérieurement incendié.

« Je leur ai dit : ‘Pourquoi faites-vous cela, qu’est-ce que je vous ai fait ?’, » avait raconté la victime.

« J’ai pensé que j’allais mourir », a-t-il expliqué à Kan news. « J’ai pensé que je ne rentrerais jamais chez moi, que j’étais mort… J’ai été projeté au sol et battu. Je ne pouvais même plus respirer. Tout mon corps a été frappé ».

Il avait été évacué à l’hôpital Hadassah, sur le mont Scopus. Il était toujours à l’hôpital ce week-end.

La police a fait savoir, vendredi, qu’elle était en quête des auteurs de l’agression de l’automobiliste.

Des troubles ont eu lieu, la nuit, depuis le début du mois sacré du ramadan. Les musulmans palestiniens s’insurgent contre la police qui bloquerait l’accès à la promenade qui borde les murs de la Vieille Ville et qui aurait interdit les rassemblements.

Or, le chef de la police Kobi Shabtai, a indiqué samedi soir à la Douzième chaîne, qu’il n’y avait eu aucun changement de statut.

Une série de vidéos postées sur internet a également montré de jeunes Arabes agressant des Juifs ultra-orthodoxes, et des extrémistes juifs descendant dans les rues dans le but de harceler les Arabes.

Un défilé organisé jeudi au cœur de Jérusalem, qui a compté des centaines de partisans du groupe nationaliste juif d’extrême-droite, Lehava, a renforcé les tensions.

Les forces de sécurité israéliennes repoussent les manifestants palestiniens porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 24 avril 2021. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

De nouveaux heurts ont eu lieu, samedi, entre les Palestiniens et la police après un appel au « retour au calme » lancé « aux deux parties » par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Nous voulons avant tout faire respecter la loi et l’ordre public (…) Nous exigeons maintenant que la loi soit respectée et j’appelle toutes les parties au calme », avait lancé M. Netanyahu quelques heures plus tôt dans un communiqué après une réunion d’urgence des responsables de la sécurité.

Mais le chef du gouvernement a aussi averti qu’Israël se préparait « à tous les scénarios » après que des dizaines de roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza vers l’État juif. Ce dernier a mené des frappes aériennes en représailles.

Ce sont 36 roquettes qui ont été lancées dans la nuit de vendredi, a indiqué l’armée – un triste record en une seule nuit pour cette année 2021 – après le soutien apporté par les dirigeants du Hamas au mouvement de protestation de Jérusalem-Est.

Netanyahu a tenu ces propos à l’issue d’une réunion de sécurité qui a été organisée en urgence et en présence de plusieurs hauts-responsables militaires, dont le chef d’État-major de Tsahal, Aviv Kohavi, qui a par ailleurs annulé un déplacement aux États-Unis.

L’envoyé spécial de l’ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland avait dénoncé jeudi des affrontements depuis quelques jours impliquant la police israélienne, des civils israéliens et des Palestiniens, et appelé à une « désescalade ».

La Jordanie voisine, qui administre les lieux saints musulmans de la Vieille Ville, a condamné les « provocations menées par les groupes juifs extrémistes », appelant Israël à faire « cesser (…) le harcèlement » des Palestiniens de Jérusalem.

Le maire de Jérusalem Moshe Lion a dit sur la chaîne israélienne Kan discuter avec des dirigeants palestiniens de Jérusalem-Est dans l’espoir de mettre un terme « à ces violences inutiles » qui surviennent un mois avant les premières élections législatives palestiniennes en quinze ans.

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