Joe Biden annonce qu’il « renversera » les politiques de Trump concernant Israël
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Joe Biden annonce qu’il « renversera » les politiques de Trump concernant Israël

S'adressant aux donateurs juifs, l'ex vice-président jure de restaurer les liens avec les Palestiniens, de s'opposer à l'annexion et ne conditionnera pas les aides à Israël

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le vice-président Joe Biden pendant un service de commémoration pour l'ancien Premier ministre israélien Shimon Peres à la congrégation Adas Israelà Washington, le jeudi 6 octobre 2016 (Crédit :  AP Photo/Zach Gibson)
Le vice-président Joe Biden pendant un service de commémoration pour l'ancien Premier ministre israélien Shimon Peres à la congrégation Adas Israelà Washington, le jeudi 6 octobre 2016 (Crédit : AP Photo/Zach Gibson)

WASHINGTON — Le futur candidat démocrate à la présidentielle, Joe Biden, a déclaré aux donateurs juifs, mardi, qu’il « renverserait » les politiques mises en œuvre par l’actuel occupant du Bureau ovale, Donald Trump, qui, a-t-il clamé, ont nui aux perspectives d’un accord de paix avec les Palestiniens.

Dans une visioconférence organisée via Zoom, l’ex-vice président a promis de reprendre des liens diplomatiques avec l’Autorité palestinienne et de pousser les deux parties vers une solution à deux États, répétant son opposition à l’annexion de la Cisjordanie prônée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu tout en jurant de maintenir les mêmes niveaux d’assistance américaine à l’État juif.

« Je ne soutiens pas l’annexion », a dit Joe Biden aux donateurs, selon un enregistrement de la visioconférence qui a été partagé avec le Times of Israël. « Je vais renverser les initiatives prises par l’administration Trump qui, à mon sens, ont significativement écorné les perspectives de paix. »

Ce qui comprend réparer les liens avec les leaders palestiniens et remettre en place les financements versés à l’Autorité palestinienne et aux programmes humanitaires, a-t-il précisé. Trump avait mis un terme à ces aides après le refus des Palestiniens de s’engager auprès de la Maison Blanche suite à la décision prise par le président américain de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël et de transférer l’ambassade des États-Unis dans la ville sainte.

Joe Biden n’a pas évoqué la possibilité de relocaliser la mission américaine à Tel Aviv, où elle était précédemment installée. Mais, le mois dernier, il avait déclaré qu’il ne chercherait pas à redonner à l’ambassade de Jérusalem son statut de consulat.

Il n’a également pas précisé s’il chercherait à renverser l’annexion si cette dernière devait être mise en œuvre avant les élections du mois de novembre.

L’ambassadeur israélien aux États-Unis, Ron Dermer, aurait vivement recommandé à Trump de donner rapidement à Jérusalem le feu vert pour faire avancer le plan d’élargissement de la souveraineté sur les implantations avant le scrutin au cas où Joe Biden était élu président.

Tandis que ce dernier a indiqué aux donateurs démocrates juifs qu’il s’opposait à l’annexion, il n’a pas spécifié ce que pourrait être la réponse américaine à une telle initiative.

Il a par ailleurs déclaré qu’il ne toucherait pas à l’aide américaine versée à l’État juif et qu’il préserverait les dispositions du protocole d’accord qui avait été signé avec l’administration Obama, qui avait alloué la somme de 38 milliards de dollars sur dix ans à Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) lors d’une conférence de presse conjointe avec le vice-président des États-Unis Joe Biden au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2016, pendant la visite officielle de M. Biden en Israël et à l’Autorité palestinienne. (Crédit : Amit Shabi/POOL)

« Je ne placerai aucune condition préalable à l’assistance sécuritaire au vu des menaces graves que le pays doit affronter », a assuré Joe Biden. « Cela serait, je pense, irresponsable. »

Au cours des Primaires démocrates de 2020, plusieurs ex-concurrents de Joe Biden avaient évoqué l’idée de conditionner les aides à Israël – un moyen de dissuader le gouvernement israélien de mettre en œuvre des politiques nuisant à un règlement à deux États au conflit.

Le candidat a promis qu’il honorerait le Taylor Force Act, une législation adoptée en 2018 et ratifiée par Trump qui retenait certains versements destinés aux Palestiniens s’ils ne cessaient pas l’attribution d’allocations aux familles de terroristes ayant assassiné des Israéliens.

« Je vais soutenir clairement le Taylor Force Act », a affirmé Joe Biden.

Il s’est souvenu qu’il était lui-même à Tel Aviv quand Taylor Force, un Américain diplômé de West Point, avait été mortellement poignardé par un assaillant palestinien sur le port de Jaffa.

Il rencontrait à ce moment-là le regretté Shimon Peres, quelques rues plus loin, au centre Peres pour la paix.

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