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Kahana de Yamina appelle Shaked à exclure un gouvernement « limité » de Netanyahu

Le vice-ministre des Affaires religieuses prône une large coalition, disant que ce serait une erreur que la cheffe de son parti accorde le poste de Premier ministre à Netanyahu

Le député Yamina Matan Kahana assiste à un débat à la Knesset, le 15 juin 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)
Le député Yamina Matan Kahana assiste à un débat à la Knesset, le 15 juin 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Le vice-ministre des Affaires religieuses, Matan Kahana, a vivement recommandé à la nouvelle dirigeante du parti Yamina, Ayelet Shaked, mercredi, de s’opposer à l’établissement d’un gouvernement de droite limité qui serait placé sous l’autorité de Benjamin Netanyahu après les prochaines élections.

Dans un entretien accordé à la radio militaire, Kahana a interpellé Shaked sur son ouverture présumée à un partenariat avec le chef du Likud dans un gouvernement de droite dure à l’issue du scrutin du mois de novembre prochain.

Il a appelé Shaked à promettre de ne pas se joindre à l’ex-Premier ministre dans une telle coalition et il a insisté sur le fait que l’électorat qu’il représente voulait, pour sa part, « un gouvernement large » idéologiquement.

« Ce serait une grave erreur si Ayelet Shaked lui donnait le 61e siège dans la prochaine Knesset », a dit Kahana, en référence à la majorité nécessaire pour former un gouvernement au Parlement, fort de 120 sièges.

Il a estimé que Netanyahu avait apporté « des mauvaises choses » au pays.

Shaked a pris la direction de Yamina, qui était jusque-là entre les mains de l’ex-Premier ministre Naftali Bennett, avant les élections du mois de novembre 2022. Bennett occupe actuellement le poste de Premier ministre d’alternance dans le gouvernement par intérim.

Netanyahu est actuellement traduit en justice pour des faits de corruption – un procès qui a entraîné l’union de factions aux idéologies très diverses et qui s’opposent fermement à la perspective de son retour au pouvoir.

Les députés d’extrême droite Itamar Ben Gvir, à gauche, et Bezalel Smotrich à la porte de Damas, à l’extérieur de la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 octobre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Au cours de son entretien avec la radio militaire, Kahana s’en est pris avec vigueur au député Bezalel Smotrich, du parti Sionisme religieux, disant qu’il était une personnalité « clivante » de la politique israélienne et affirmant que le parlementaire d’extrême-droite, qui est un soutien ardent de Netanyahu, « ne représente en rien les personnes que je connais et que je représente ».

Kahana a aussi déclaré franchement que s’il avait voulu un gouvernement de droite, « il aurait été mis en place il y a trois semaines ».

Des propos qui ont attiré les critiques immédiates des alliés de Smotrich.

Le député Simcha Rothman a fait part de sa déception « qu’un gouvernement de droite ait été à portée de main il y a un an et aussi il y a trois semaines ».

« Ceux qui ont entraîné l’État d’Israël vers un gouvernement composé de partisans du terrorisme, consciemment et intentionnellement, ce sont Shaked, Bennett, et Kahana. Le public sera le seul juge », a accusé Rothman en faisant référence à la faction arabe Raam, qui a été accusée par la droite de soutenir le terrorisme malgré ses multiples condamnations des attentats.

La députée Orit Strock a blâmé Kahana qui, selon elle, « cède le pays à Yair Lapid », se référant aux dispositions de l’accord conclu par l’ancienne coalition qui prévoyaient le transfert du poste de Premier ministre à Lapid en cas de dissolution de la Knesset.

De son côté, le député du Likud Yuli Edelstein, qui a récemment renoncé à défier Netanyahu à la tête de la formation, a rejeté l’idée d’un ex-Premier ministre qui resterait à la barre du Likud « à n’importe quel prix ».

Yuli Edelstein prend la parole lors d’une conférence à Herzliya, le 23 novembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Nous devons agir en fonction de la situation telle qu’elle est et des intérêts du mouvement et du camp national », a confié l’ancien président de la Knesset au site d’information Ynet, laissant entendre que Netanyahu pourrait être placé dans l’obligation de démissionner s’il ne parvient pas à réunir 61 sièges lors du prochain cycle électoral.

De plus, Edelstein n’a pas confirmé si le député controversé du parti Sionisme religieux, Itamar Ben Gvir, pourrait devenir ministre dans un gouvernement placé sous la direction du Likud, se contentant de dire que « si nous avions une idéologie similaire, alors nous serions probablement dans le même parti ».

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